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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-22NT00376

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-22NT00376

mercredi 2 août 2023

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-22NT00376
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLE VERGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. F K a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 5 avril 2018 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 21 décembre 2017 de l'autorité consulaire française à Kinshasa (République Démocratique du Congo) refusant de délivrer à ses quatre enfants allégués un visa d'entrée et de long séjour au titre de la réunification familiale.

Par un jugement n°1804373 du 12 mai 2021, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 7 février 2022, M. F K, Mme M F, Mme J C F, Mme D O F et Mme H N F, représentés par Me Le Verger, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes ;

2°) d'annuler la décision du 5 avril 2018 de la commission de recours ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer les demandes dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les liens de filiation sont établis par les actes d'état civil produits qui sont authentiques et par la possession d'état ;

- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Montes-Derouet a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. F K, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 13 novembre 1970, s'est vu reconnaître en France la qualité de réfugié le 29 octobre 2014. Il a sollicité l'introduction en France de son épouse, de ses trois enfants issus de son union avec celle-ci, ainsi que de trois autres enfants issus d'une précédente relation, au titre du droit à la réunification familiale. Le 20 décembre 2017, l'autorité diplomatique française en République démocratique du Congo a délivré des visas d'entrée et de long séjour à son épouse, Mme R F G, ainsi qu'à deux enfants du couple, les jeunes Q B F et P F. Le 21 décembre 2017, l'autorité consulaire a rejeté les demandes de visas présentées pour les quatre autres enfants, à savoir Mme M F, née le 28 août 1996, Mme J C F, née le 23 mars 1999, Mme D O F, née le 16 mars 2000, et Mme H N F, née le 17 janvier 2004. Par un jugement du 12 mai 2021, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la demande de M. F K tendant à l'annulation de la décision du 5 avril 2018 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision des autorités consulaires. M. F K et autres relèvent appel de ce jugement.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

2. Aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : I.- Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié () peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () 3° Par les enfants non mariés du couple, âgés au plus de dix-neuf ans. / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. / II .-Les articles L. 411-2 à L. 411-4 et le premier alinéa de l'article L. 411-7 sont applicables. () / Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. / Pour l'application du troisième alinéa du présent II, ils produisent les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 721-3 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

3. Aux termes de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Le regroupement familial peut également être sollicité pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint dont, au jour de la demande, la filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ou dont l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. " Aux termes de l'article L. 411-3 du même code, alors en vigueur : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. "

4. Aux termes de l'article R. 752-1 du même code, alors en vigueur : " La demande de réunification familiale est initiée par la demande de visa mentionnée au troisième alinéa du II de l'article L. 752-1 () ".

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles des articles L. 411-2 et L. 411-3 du même code, auxquelles le premier alinéa du II de l'article L. 752-1 renvoie expressément, que le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaitre la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale, par ses enfants non mariés, même issus d'une précédente union, à la condition qu'ils n'aient pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite et que, s'agissant de ses enfants mineurs de dix-huit ans, soient remplies les conditions fixées par les articles L. 411-2 ou L. 411-3 de ce code.

6. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 111-6 du même code, alors en vigueur : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. () ". Aux termes de l'article 47 du code civil, dans sa rédaction alors applicable : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

7. Enfin, il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.

8. Pour rejeter les demandes de visas de long séjour présentées par les quatre enfants allégués de M. F K, la commission de recours s'est fondée, s'agissant de Mme M F, sur la circonstance que celle-ci n'est pas éligible à la procédure de regroupement familial en ce qu'elle était âgée de plus de 19 ans le jour du dépôt de sa demande de visa et, s'agissant de Mme J C F, Mme D O F et Mme H N F, sur la circonstance que les actes de naissance produits ont été dressés à la suite d'un jugement supplétif tardif rendu sur requête de M. F K, qu'ils ne sont pas conformes à la loi locale et ne permettent pas d'établir l'identité des demandeuses et, partant, le lien familial unissant celles-ci au réunifiant.

En ce qui concerne Mme J C F, Mme D O F et Mme H N F :

9. Ont été produits à l'appui des demandes de Mme J C F, Mme D O F et Mme H N F, un jugement supplétif d'actes de naissance n° RC 2857/III rendu le 23 mai 2016 par le tribunal pour enfants de Kinshasa Matete, et des actes de naissance n°360 à 362 dressés le 6 juin 2016 par l'officier de l'état civil de la commune de Lemba en transcription de ce jugement, mentionnant que M. F K est le père des enfants J C F, D O F et H N F, nées de son union avec Mme A L. La double circonstance que ce jugement supplétif ait été rendu plusieurs années après les faits qu'il relate et à la demande de M. F K et non de celle de la mère des trois intéressées, Mme A L, n'est pas de nature à établir son caractère frauduleux, les jugements supplétifs d'actes de naissance n'ayant d'autre objet que de suppléer l'inexistence de ces actes et d'établir la filiation des enfants à l'égard des deux parents. De même, si les actes de naissance produits comportent des informations, relatives notamment aux lieux et dates de naissance des parents ainsi qu'à leur profession et nationalité, inexistantes dans le jugement supplétif, cette circonstance ne permet pas d'établir son caractère frauduleux. L'administration fait également valoir que M. F K n'a accompli aucune démarche en vue de la reconnaissance, à son égard, du lien de filiation de ses trois enfants allégués, nées hors mariage, alors que l'article 614 du code de la famille congolais prévoit que " tout enfant né hors mariage doit faire l'objet d'une affiliation dans les douze mois qui suivent sa naissance ". Toutefois, le jugement supplétif de naissance établit le lien de filiation entre les enfants J C F, D O F et H N F et leurs deux parents, sans qu'un acte de reconnaissance de paternité soit nécessaire. Dans ces conditions, l'identité des demandeuses de visas et leur lien de filiation à l'égard de M. F K doivent être regardés comme établis par le jugement supplétif du 23 mai 2016. Il en résulte que le ministre ne saurait utilement invoquer les circonstances que les actes de naissance, établis en transcription de ce jugement supplétif, ont été dressés sur la déclaration d'un avocat pour le compte de M. F K, avant l'expiration du délai d'appel de 30 jours, dans les services d'état civil d'une commune distincte de celle du lieu de naissance des intéressées ni qu'ils comportent des mentions supplémentaires à celles qui sont énoncées dans le jugement supplétif et pas davantage qu'ils ne font pas l'objet d'une numérotation Folio. Par suite, c'est par une inexacte application des dispositions de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a estimé que la filiation et l'identité des demandeuses de visas n'étaient pas établies par les actes d'état-civil produits.

En ce qui concerne Mme M F :

10. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. En premier lieu, si le ministre a soutenu devant les premiers juges que l'identité et le lien de filiation de Mme M F à l'égard de M. F K n'étaient pas établis, les requérants ont produit un acte de naissance dressé le 6 janvier 2016 sur la base d'un jugement supplétif n° RCG 30.257 rendu le 6 janvier 2016 par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete, sur la requête de Mme R F G, mentionnant que l'intéressée est née le 28 août 1996 à Mbuji-Bayi et qu'elle est la fille de M. F K et de Mme R F G. Ainsi qu'il a été dit plus haut, ni la circonstance que ce jugement supplétif ait été rendu plusieurs années après les faits qu'il relate, ni l'absence de déclaration de paternité ou de démarche d'affiliation ne sont de nature à établir son caractère frauduleux. Si l'acte de naissance produit comporte des informations, relatives notamment aux lieux et dates de naissance des parents ainsi qu'à leur profession et nationalité, inexistantes dans le jugement supplétif, cette circonstance ne permet pas d'établir le caractère frauduleux de ce jugement. Enfin, l'erreur commise, par le seul officier d'état-civil à l'exclusion donc du greffier du tribunal, sur la date de notification du jugement supplétif, à savoir le 23 mai 2016 en lieu et place du 6 juin 2016, est sans incidence sur le caractère authentique de ce jugement, lequel, en tout état de cause, a été notifié à la date du 6 juin 2016, ainsi que cela ressort des mentions portées par le greffier sur cet acte. Dans ces conditions, l'identité de Mme M F et son lien de filiation à l'égard de M. F K doivent être regardés comme établis par le jugement supplétif du 6 juin 2016. Il en résulte que le ministre ne saurait utilement invoquer les circonstances que l'acte de naissance, établi en transcription de ce jugement supplétif, ont été dressés sur la déclaration d'un avocat pour le compte de Mme R F G, avant l'expiration du délai d'appel de 30 jours, dans les services d'état-civil d'une commune distincte de celle du lieu de naissance des intéressées ni qu'ils comportent des mentions supplémentaires à celles qui sont énoncées dans le jugement supplétif et pas davantage qu'ils ne font pas l'objet d'une numérotation Folio.

12. En second lieu, il ressort des pièces versées au dossier, notamment des photographies produites, que Mme M F vivait au domicile de sa mère, Mme R F G avec ses deux sœurs cadettes, Q B F, née le 23 février 2009 et P F, née le 19 mars 2011 et ses trois demi-sœurs, J C F, D O F et H N F. Il est constant que la mère et les deux sœurs cadettes de Mme M F se sont vu délivrer, en novembre 2017, les visas sollicités et ont quitté la République démocratique du Congo début 2018 pour rejoindre en France M. F K. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation produite par les requérants, que depuis le départ de ces dernières, Mme M F vit avec ses trois demi-sœurs au domicile d'un tiers à Kinshasa. Il en résulte, et alors qu'il a été dit au point 9 du présent arrêt que la commission de recours a procédé à une inexacte application des dispositions de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, en refusant de délivrer les visas sollicités à Mme J C F, à Mme D O F et à Mme H N F au motif que leur filiation et leur identité n'étaient pas établies par les actes d'état civil produits, que Mme M F va se retrouver isolée en République démocratique du Congo, séparée de ses parents et de l'ensemble de sa fratrie, dans les suites de la réunification, sans possibilité pour ces derniers de lui rendre visite. Dans les circonstances particulières de l'espèce, et alors même que l'intéressée était âgée de plus de 19 ans à la date de la demande de réunification familiale, le refus de délivrance d'un visa de long séjour à Mme M F est de nature à porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. F K et autres sont fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leurs demandes.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

14. L'exécution du présent arrêt implique nécessairement que des visas de long séjour soient délivrés à Mme M F, à Mme J C F, à Mme D O F et à Mme H N F. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement aux requérants de la somme globale de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Le jugement du 12 mai 2021 du tribunal administratif de Nantes est annulé.

Article 2 : La décision du 5 avril 2018 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les demandes de visas d'entrée et de long séjour en France présentées pour Mme M F, Mme J C F, Mme D O F et Mme H N F est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer à Mme M F, à Mme J C F, à Mme D O F et à Mme H N F des visas d'entrée et de long séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.

Article 4 : L'Etat versera à M. F K et autres une somme globale de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. S F K, à Mme M F, à Mme J C F, à Mme D O F, à Mme H N F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Buffet, présidente de chambre,

- Mme Montes-Derouet, présidente-assesseure,

- M. Bréchot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2023.

La rapporteure,

I. MONTES-DEROUETLa présidente,

C. BUFFET

La greffière,

Aline LEMEE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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