mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT00523 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHRISTOPHE LAUNAY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 12 février 2020 par lequel le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de a prononcé son admission à la retraite pour invalidité.
Par un jugement n° 2000790 du 28 janvier 2022, le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 21 février 2022, M. A B, représenté par Me Launay, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Caen du 28 janvier 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2020 ;
3°) d'enjoindre, sous astreinte de 75 euros par jour de retard, au président du CCAS de de le réintégrer, de le reclasser et de reconstituer sa carrière, ou, le cas échéant, de statuer à nouveau sur sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir.
4°) de mettre à la charge du CCASle versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d'une omission à répondre au moyen tiré de ce qu'il n'a pas été informé que la partie médicale de son dossier pouvait lui être communiquée, qu'il avait le droit d'être entendu et de présenter des observations écrites, de fournir des certificats médicaux et d'être assisté par un médecin ainsi que par un conseil de son choix ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée en droit et en fait, en ce qu'elle ne précise pas les raisons pour lesquelles il n'a pu bénéficier d'une préparation au reclassement ;
- cette décision a été prise sans que le comité médical ne soit consulté en méconnaissance des dispositions de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 ; il a ainsi été privé d'une garantie ;
- cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été invité à prendre connaissance de son dossier médical par l'intermédiaire de son représentant en méconnaissance tant de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 que de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 ; il n'a pas été informé de ses droits préalablement à la séance de la commission de réforme du 11 octobre 2017 ;
- l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2018 imposait à l'autorité administrative de réexaminer son dossier à la date à laquelle elle restatuait et devait notamment tenir compte des dispositions de l'article 9 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 instaurant un droit à une préparation au reclassement et de son décret d'application pris le 5 mars 2019 ; la décision contestée est ainsi entachée d'une erreur de droit ;
- il n'a pas été mis en mesure de solliciter son reclassement dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois ainsi que le prévoit l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 ; le CCAS n'a pas procédé à de réelles recherches de reclassement, y compris après le jugement du 13 décembre 2019 ;
- cette décision ne pouvait avoir un effet rétroactif compte tenu de l'injonction prononcée par le tribunal administratif de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois.
En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 31 août 2022, le CCAS de (ANO)(/ANO n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 (NOR : INTB0400637A)
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gélard,
- les conclusions de Mme Bougrine, rapporteure publique,
- et les observations de Me Launay, représentant M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, adjoint technique principal de 2ème classe né en 1961, exerçait les fonctions de gardien du foyer-logement pour personnes âgées (ANO) " La Royale " (/ANO dépendant du centre communal d'action sociale (CCAS) de (ANO)(/ANO. Il a été victime d'un accident de service le 28 mars 2013 alors qu'il aidait un résident à se relever. Par un arrêté du 9 janvier 2018, le président du CCAS a placé M. A B à la retraite d'office pour invalidité, avec effet au 1er février 2018. Cette décision a été annulée, pour insuffisance de motivation, par un jugement du tribunal administratif de Caen du 13 décembre 2019. Le 12 février 2020, un nouvel arrêté a été pris par le président du CCAS de (ANO)(/ANO. Cette décision place M. A B à la retraite d'office pour invalidité, avec effet au 1er février 2018. L'intéressé relève appel du jugement du 28 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Caen a rejeté sa requête tendant à l'annulation de ce second arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 février 2020 :
2. L'annulation par le juge de l'excès de pouvoir, pour insuffisance de motivation de l'arrêté du 9 janvier 2018 mettant M. A B d'office à la retraite pour invalidité à compter du 1er février 2018, a eu pour effet de replacer celui-ci dans la position administrative qui était la sienne à cette date et d'obliger l'autorité administrative à reconstituer rétroactivement sa carrière. Il ressort tant des différentes expertises, que des avis du médecin de prévention, que, si M. A B ne pouvait porter des charges lourdes, accomplir certains mouvements sollicitant le rachis et devait pouvoir changer de postures régulièrement, il n'était pas inapte à toute activité professionnelle. Dans son avis du 2 octobre 2017, le médecin de prévention confirmait ainsi qu'il pouvait reprendre une activité professionnelle sous réserves des restrictions mentionnées ci-dessus. Par ailleurs, si lors de ses séances des 16 novembre 2016 et 11 octobre 2017 la commission de réforme a émis un avis favorable à la mise à la retraite d'office pour invalidité de cet agent, elle a néanmoins estimé qu'il était inapte à toutes fonctions " en l'absence de possibilité de reclassement attestée par l'employeur ". Le CCAS de (ANO)(/ANO justifiait en effet à l'époque du caractère infructueux des recherches de reclassements accomplies, à la demande de l'intéressé, auprès de maires, de présidents d'intercommunalités, de services de l'Etat ou des centres de gestion de la fonction publique territoriale du Calvados et de la Manche. Toutefois, à la suite de l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2018, la collectivité n'a entrepris aucune nouvelle recherche de reclassement. En outre, en vertu de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 entré en vigueur à compter de la publication de son décret d'application paru le 5 mars 2019, M. A B pouvait prétendre désormais à une période de préparation au reclassement. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision contestée, qui du fait de son absence d'incapacité totale ne pouvait rétroagir au 1er février 2018 et impliquait un réexamen des possibilités de reclassement susceptibles de lui être offertes, est entachée d'illégalité.
3. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, et notamment celui relatif à la régularité du jugement attaqué, que M. A B est fondé à soutenir que c'est à tort que, par ce jugement, le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
4. L'annulation de la décision du 12 février 2020, eu égard au motif qui la fonde, implique qu'il soit enjoint au président du CCAS de (ANO)(/ANO de réintégrer M. A B et de procéder à de nouvelles recherches de reclassement Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CCAS de (ANO)(/ANO le versement à M. A B d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n° 2000790 du tribunal administratif de Caen du 28 janvier 2022 ainsi que la décision du 12 février 2020 du président du CCAS de (ANO)(/ANO plaçant M. A B à la retraite d'office pour invalidité au 1er février 2018 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président du CCAS de (ANO)(/ANO de réintégrer M. A B et de procéder à de nouvelles recherches de reclassement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 4 : Le CCAS de (ANO)(/ANO versera à M. A B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A B et au centre communal d'action sociale de (ANO)(/ANO.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gaspon, président de chambre,
- M. Coiffet, président-assesseur,
- Mme Gélard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
V. GELARDLe président,
O. GASPON
La greffière,
I. PETTON
La République mande et ordonne au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026