vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT00964 |
| Type | Décision |
| Recours | rectif. erreur matérielle |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY CONSEIL & CONTENTIEUX |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée (SAS) a demandé au tribunal administratif de Caen de réviser le montant du décompte général et définitif du marché dont elle était titulaire en y réintégrant les pénalités d'un montant de 38 000 euros retenues à son encontre par la communauté urbaine Caen la Mer, en y ajoutant une somme de 47 634,83 euros au titre de l'indemnisation du préjudice résultant de l'ajournement du chantier et de l'allongement du délai d'exécution des travaux ainsi que la somme de 5 874,73 euros au titre des intérêts moratoires dus sur les acomptes payés en retard et, en conséquence, de condamner la communauté urbaine Caen la Mer à lui verser ces sommes assorties des intérêts contractuels à compter du 3 août 2018 avec capitalisation annuelle.
Par un jugement n° 1900502 du 11 février 2021, le tribunal administratif de Caen a condamné la communauté urbaine Caen la Mer à verser à la société Groupe Vinet la somme de 12 355,88 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 août 2018 et de leur capitalisation.
Par un arrêt du 4 février 2022, la Cour a porté à 14 871 euros la somme que la communauté urbaine Caen-la-mer a été condamnée à verser à la société Groupe Vinet par l'article 1er du jugement attaqué.
Recours en rectification d'erreur matérielle :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 mars et 6 mai 2022, la société Groupe Vinet, représentée par Me Loubeyre, demande à la cour :
1°) de rectifier l'erreur matérielle entachant l'article 1er du dispositif de cet arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 4 février 2022 en le modifiant ainsi : " Article 1er : La somme de 12 355,88 euros que la communauté urbaine Caen la Mer a été condamnée à verser à la société Groupe Vinet par l'article 1er du jugement attaqué est portée à 14 871 euros. Cette somme sera augmentée des intérêts moratoires à compter du 3 août 2018 ; "
2°) de mettre à la charge de la communauté urbaine Caen la Mer une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-le dispositif ne mentionne pas la condamnation au versement des intérêts moratoires au titre de la somme que la communauté urbaine Caen la mer est condamnée à lui verser alors que les motifs de l'arrêt indiquent expressément que la communauté urbaine n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le jugement attaqué a mis à sa charge le versement d'intérêts moratoires sur les sommes dues à la société Vinet et d'autre part, que cette société a droit au versement d'intérêts moratoires à compter du 3 août 2018 au titre de la somme supplémentaire de 2 515,12 euros qu'il a mis à sa charge ;
-elle est fondée à demander la rectification de l'erreur matérielle entachant l'arrêt afin que les sommes que la communauté urbaine Caen la mer est condamnée à lui verser soient augmentées des intérêts moratoires qui sont de droit, en vertu de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique et de l'article 5 du décret n° 2002-232 du 21 février 2002 ;
-cette demande ne soulève aucune question de droit dès lors que les motifs de l'arrêt sont dénués de toute ambiguïté ;
-contrairement à ce que soutient la communauté urbaine, elle avait bien réclamé dans sa requête d'appel les intérêts moratoires au titre de l'ensemble de la somme qu'elle demandait de mettre à la charge de la communauté urbaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, la communauté urbaine Caen la mer, représentée par Me Fekri, conclut à titre principal au rejet de la requête et à ce que la société Groupe Vinet lui verse la somme de 2 000 euros au titre des frais liés à l'instance et, à titre subsidiaire, à ce que la cour limite le paiement des intérêts moratoires à la somme supplémentaire de 2 515,12 euros mise à sa charge et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
-la requête soulève une question de droit qui ne peut être traitée dans le cadre d'un recours en rectification d'erreur matérielle ; en ne retenant pas dans son dispositif la condamnation au paiement d'intérêts moratoires, la cour a implicitement rejeté cette demande ;
-la requérante n'ayant pas contesté, dans le cadre de la procédure d'appel, la décision des premiers juges de ne pas retenir l'application des intérêts moratoires, elle ne peut demander une rectification de l'arrêt rendu ; d'ailleurs, elle demandait dans sa requête d'appel la confirmation du jugement de première instance relativement aux intérêts moratoires dont elle ne réclamait le paiement qu'au titre de la somme supplémentaire sollicitée par rapport à celle qui lui avait été allouée en première instance ;
-en tout état de cause, le paiement d'intérêts moratoires ne pourra porter que sur la somme supplémentaire de 2 515,12 euros, conformément à ses conclusions d'appel ;
Vu les autres pièces du dossier
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Berthon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant cette juridiction un recours en rectification d'erreur matérielle. Ce recours n'est ainsi ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision.
2. Il résulte de l'instruction que la cour administrative d'appel de Nantes a, par les motifs de son arrêt n° 21NT00973 du 4 février 2022, expressément considéré en son point
2 que la société Groupe Vinet avait droit au versement d'intérêts moratoires à compter du 3 août 2018 sur la somme supplémentaire de 2 515,12 euros mise à la charge de la communauté urbaine intimée. Cependant, le dispositif de l'arrêt a omis, en son article 1er, de majorer de ces intérêts moratoires la somme supplémentaire que la communauté urbaine a été condamnée à verser à la société Groupe Vinet. Dès lors, contrairement à ce que soutient la communauté urbaine, en omettant dans le dispositif de majorer cette somme des intérêts moratoires, la cour n'a aucunement dénié, même implicitement, à la société le droit au bénéfice de ces intérêts mais a seulement commis une erreur matérielle, dont la rectification ne soulève aucune question de droit.
3. En revanche, il résulte du point 24 de ce même arrêt que l'erreur matérielle commise par la cour consiste seulement en l'omission des intérêts moratoires sur la somme supplémentaire mise à la charge de la communauté urbaine par la cour et non sur l'ensemble de la somme au versement de laquelle la communauté urbaine Caen la mer a été condamnée.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rectifier dans les limites fixées au point précédent l'erreur matérielle commise par la cour, qui n'est pas imputable à la requérante et a exercé une influence sur le sens de la décision.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Le dispositif de l'article 1er de l'arrêt n° 21NT00973 du 4 février 2022 de la cour administrative d'appel de Nantes est rédigé comme suit : " La somme de 12 355,88 euros que la communauté urbaine Caen la mer a été condamnée à verser à la société groupe Vinet par l'article 1er du jugement attaqué est portée à 14 871 euros. La somme supplémentaire de 2 515,12 euros ainsi mise à la charge de la communauté urbaine est majorée des intérêts moratoires à compter du 3 août 2018. "
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la communauté urbaine Caen la mer tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la société par actions simplifiée Groupe Vinet et à la communauté urbaine Caen la mer.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Salvi, président,
- Mme Brisson, présidente-assesseure,
- Mme Lellouch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
La rapporteure,
J. A
Le président,
D. Salvi
La greffière,
A. Martin
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-24VE00589
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