mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT01335 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SARAH BALOUKA - AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C E a demandé au tribunal administratif de Caen :
1°) sous le n° 2100035, d'une part, d'annuler la décision du 9 décembre 2020 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, a décidé de la suspendre à titre conservatoire pour une durée de quatre mois, d'autre part, d'enjoindre à cette autorité de procéder à sa réintégration sur son poste de professeure des écoles affectée à l'école maternelle publique de , enfin de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2°) sous le n° 2100414, d'une part, d'annuler la décision du 16 février 2021 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, a décidé de prononcer sa mutation dans l'intérêt du service et à titre provisoire à l'école maternelle publique Centre à Mondeville à compter du lundi 8 mars 2021, d'enjoindre à cette autorité de procéder à sa réintégration sur son poste de professeure des écoles affectée à l'école maternelle publique de , enfin, de mettre à la charge de l'Etat ou une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement nos 2100035-2100414 du 4 mars 2022, le tribunal administratif de Caen a, d'une part, annulé la décision du 9 décembre 2020 portant suspension de fonctions de Mme E pour une durée de quatre mois et enjoint à la rectrice de la région Normandie de réintégrer juridiquement cet agent dans ses fonctions pour la durée de sa suspension, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, d'autre part, rejeté le surplus des conclusions des demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 4 mai 2022 et 27 juillet 2023, Mme C E, représentée par Me Balouka, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement nos 2100035, 2100414 du 4 mars 2022 en tant qu'il a rejeté ses conclusions dirigées contre la décision du 16 février 2021 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, a décidé de prononcer sa mutation dans l'intérêt du service et à titre provisoire à l'école maternelle publique Centre à Mondeville à compter du lundi 8 mars ;
2°) d'annuler la décision précitée du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie ;
3°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à sa réintégration sur son poste de professeure des écoles affectée à l'école maternelle publique de ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d'irrégularité ; le tribunal a omis de se prononcer sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie prononçant sa mutation dans l'intérêt du service est entachée d'un vice de procédure qui a exercé une influence sur son sens ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision, intervenue après une décision prononçant sa suspension à titre conservatoire, revêt un caractère disciplinaire ;
- cette décision est entachée d'un détournement de pouvoir ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, la rectrice de l'Académie de Normandie conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2011-675 du 15 juin 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coiffet,
- les conclusions de Mme Bougrine, rapporteure publique,
- et les observations de Me Balouka, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, professeure des écoles depuis 2002, a été affectée au mois de septembre 2015 à l'école maternelle de (Calvados), où elle était chargée de la classe moyenne section/grande section. A la suite d'une inspection, conduite au mois de mars 2018, des observations et critiques ont été émises quant aux méthodes pédagogiques de Mme E par le nouvel inspecteur nommé sur sa circonscription au mois de janvier 2018. Le poste de Maître d'accueil temporaire (M.A.T) qu'elle avait sollicité afin d'accueillir dans sa classe des enseignants stagiaires lui a été refusé au mois de septembre 2018 et au mois de novembre suivant, lors de son troisième " rendez-vous de carrière ", de nouvelles critiques sont exprimées. Destinataire en septembre 2019 du rapport consécutif à ce " rendez-vous de carrière ", Mme E a, le 4 octobre 2019, contesté auprès de l'inspecteur d'académie l'appréciation finale, défavorable, de ce " rendez-vous de carrière ". Le climat relationnel progressivement dégradé au cours de l'année scolaire 2019-2020 au sein de l'équipe pédagogique de l'école maternelle a donné lieu à l'organisation de réunions et, le 6 mars 2020, l'intéressée, se plaignant de la dégradation de ses conditions de travail, avait sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle auprès du directeur académique. Des enquêtes administratives ont également été diligentées. Une première enquête a été menée le 7 septembre 2020 par l'inspecteur départemental de la circonscription, et par la déléguée aux ressources humaines de la direction académique des services de l'éducation nationale (DASEN) du Calvados puis, compte tenu d'éléments nouveaux portés à la connaissance de l'adjoint au DASEN, un complément d'enquête confié à deux inspecteurs ne relevant pas de la circonscription de a été organisé les 7 et 8 décembre 2020. L'intéressée a ensuite été suspendue de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée de quatre mois par un arrêté du 9 décembre 2020 dont la légalité a été contestée par l'agent. Par un arrêté du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, Mme E a fait l'objet d'une mutation dans l'intérêt du service, à titre provisoire, à l'école maternelle Centre de Mondeville.
2. Mme E a, les 8 janvier et 26 février 2021, saisi le tribunal administratif de Caen de deux requêtes tendant respectivement à l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2020 et de l'arrêté du 16 février 2021. Par un jugement nos 2100035, 2100414 du 4 mars 2022, le tribunal administratif de Caen, après jonction, a, d'une part, annulé la décision du 9 décembre 2020 portant suspension de fonctions de Mme E pour une durée de quatre mois et enjoint à la rectrice de la région Normandie de réintégrer juridiquement cet agent dans ses fonctions pour la durée de sa suspension, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, d'autre part, rejeté le surplus des conclusions des demandes. Mme E relève appel de ce jugement en tant en tant qu'il a rejeté ses conclusions dirigées contre la décision du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie prononçant sa mutation dans l'intérêt du service.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Il ressort des énonciations du jugement attaqué que les premiers juges n'ont pas répondu au moyen, qui n'était pas inopérant, soulevé par Mme E et tiré de ce que la décision du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie prononçant sa mutation dans l'intérêt du service était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, le jugement attaqué, entaché d'irrégularité dans cette mesure, doit être annulé.
4. Il y a lieu, en conséquence, d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par la Mme E devant le tribunal administratif de Caen tendant à l'annulation de la décision du 16 février 2021 et sur ses conclusions d'appel.
Sur la légalité de la décision du 16 février 2021 :
En ce qui concerne la légalité externe :
5. Aux termes, d'une part, de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 dispose que : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". Selon les termes de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le dossier du fonctionnaire doit comporter toutes les pièces intéressant la situation administrative de l'intéressé, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité / Il ne peut être fait état dans le dossier d'un fonctionnaire, de même que dans tout document administratif, des opinions ou des activités politiques, syndicales, religieuses ou philosophiques de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 15 juin 2011 relatif au dossier individuel des agents publics et à sa gestion sur support électronique : " Le dossier individuel de l'agent public est composé des documents qui intéressent sa situation administrative, notamment ceux qui permettent de suivre son évolution professionnelle. Le dossier individuel est unique. Il est tenu dans les conditions fixées par l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983 () ". Enfin, l'article 13 de ce décret énonce que l'agent adresse toute demande de rectification, de retrait ou d'ajout d'un document à l'autorité administrative, soit lors de la consultation, soit ultérieurement et sur sa demande, ses observations sont consignées en annexe au document concerné.
6. Mme E soutient que la décision du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie prononçant sa mutation dans l'intérêt du service est entachée d'un vice de procédure qui a nécessairement exercé une influence sur le sens de la décision. Elle avance, à cet égard, que le 3 février 2021, lors de la consultation de son dossier individuel, elle a constaté " qu'un grand nombre de pièces primordiales pour l'examen de sa situation n'y était pas présente " et qu'au contraire d'autres pièces y figuraient en méconnaissance de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983. Elle souligne, en particulier, que le rapport du complément d'enquête administrative organisée les 7 et 8 décembre 2020 n'y figurait pas.
7. Il ressort des pièces versées au dossier, en particulier du rapprochement effectué entre la liste des pièces composant le dossier professionnel de Mme E à la date du 2 février 2021 qui lui a été communiqué et les différents échanges que l'intéressée ou le syndicat qui l'accompagnait ont eu avec l'administration, par courriel ou courrier, que certains de ces courriels, comme les conclusions des enquêtes administratives menées, ne figuraient pas à son dossier.
8. Toutefois, d'une part, il n'est pas contesté par Mme E, comme le confirme d'ailleurs son courriel adressé le 11 octobre 2020 à l'inspecteur d'Académie relatif au retour de l'enquête administrative, a bien été destinataire des conclusions de cette enquête administrative menée le 7 septembre 2020. Il ressort de la synthèse de cette enquête qui a eu lieu le 7 septembre 2020 à l'école maternelle de , et que Mme E a produite devant le tribunal, que " tous évoquent l'existence de relations professionnelles délétères au sein de l'équipe enseignante depuis plusieurs années avec une forte aggravation de celle-ci depuis la rentrée 2019. Tous décrivent une forte opposition entre trois enseignantes Mme L. directrice et Mmes D. et T. et leur quatrième collègue Mme P. " Il y était notamment relevé que " chacune constate que les temps de réunion sont très tendus et qu'il n'y a plus aucun échange entre les enseignantes. Le respect en devient altéré " et que " Les conflits sont incessants et créent des dysfonctionnements dans l'organisation de l'école : conseils peu productifs en termes de coopération d'équipe, manques de respect répétés, différence d'organisation des classes sans possibilité d'en assurer la moindre harmonisation, ce qui dans une école qui a fait le choix de classes multi-âges est encore plus inenvisageable. Les familles évoquent le stress créé chez les élèves par cette situation " ; les tensions sont palpables et toujours selon les mêmes modalités : Mme P, d'une part, et les trois autres, d'autre part, sont toujours en désaccord " ; () Cela engendre également beaucoup de rumeurs portées par les familles. ". Or, il ne ressort pas de l'examen et de la teneur des mails et courriers, identifiés par la requérante et qui ne figurent pas à son dossier, qu'ils contiendraient des informations complémentaires de nature à remettre en cause les constats effectués par l'inspecteur. Leur absence au dossier personnel de Mme E ne peut dès lors être regardée comme caractérisant un vice de procédure.
9. D'autre part, s'il est exact que les conclusions de l'enquête administrative complémentaire organisée les 7 et 8 décembre 2020 au sein de l'école primaire de , que Mme E a jointes à son mémoire du 2 février 2022 devant le tribunal, ne figurent pas au dossier administratif de l'agent, l'examen de leur teneur révèle que des constats similaires à ceux relevés lors de la première inspection sont faits sur le climat régnant alors au sein de l'école, lequel est caractérisé comme ni propice à la sérénité ni au travail d'équipe. Les conclusions en question ne font que confirmer, tout d'abord, l'existence de très fortes tensions entre enseignants, relevant à cet égard l'incompréhension et le désaccord exprimés par Mme E quant aux points relevés, ensuite la détérioration des relations entre parents d'élèves selon qu'ils représentent les classes de Mme E ou des deux autres enseignantes et l'existence de désaccords sur le fonctionnement de l'école, notamment sur l'utilisation de l'espace " bibliothèque ", enfin des désaccords pédagogiques et le constat que chacune des enseignantes souffre de cette situation de conflit. Dans ces conditions, la circonstance que ces conclusions ne figuraient pas au dossier administratif de l'agent ne constitue pas un vice de procédure.
10. Enfin, si Mme E, qui estime qu'elle n'est pas responsable de la situation conflictuelle au sein de l'école maternelle de , soutient que son dossier administratif contient des courriers et courriels la mettant directement en cause et qui ne devraient pas y figurer car ils comportent des imputations injurieuses ou diffamatoires, leur examen confirme cependant une nouvelle fois l'existence de graves dysfonctionnements au sein de l'établissement au sein duquel exerçait la requérante sans révéler d'imputations injurieuses ou diffamatoires.
11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 10 que Mme E n'est pas fondée à soutenir que la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne la légalité interne :
12. En premier lieu, il ressort des pièces versées au dossier, en particulier des constats très clairs faits à l'issue des deux enquêtes administratives menées au cours des mois de septembre et de décembre 2020 ainsi que sur la base des courriels et courriers transmis à l'administration par différents interlocuteurs, constatations rappelées aux points 10 et 11, que de fortes tensions et différends, qui se sont aggravés depuis 2019, existaient au sein de l'équipe pédagogique de l'école maternelle de et que " ces conflits incessants créaient des dysfonctionnements dans l'organisation de l'école ", à l'origine de situations de stress chez les élèves dénoncées par certains parents ainsi que par le maire de la commune. Dans une telle situation, l'administration qui a exclusivement souhaité apaiser le climat de travail dans l'intérêt de la communauté éducative a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, décider, par la décision contestée du 16 février 2021, de muter Mme E dans l'intérêt du service. Dans ces conditions, la requérante ne saurait utilement persister à soutenir que " l'enquête administrative diligentée était illégitime " et se prévaloir du soutien de certains parents d'élèves et de son investissement constant auprès de ses élèves. Le moyen sera écarté.
13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs et eu égard à l'intérêt exclusif du service qui la fonde, la décision contestée du 16 février 2021, contrairement à ce qui est désormais allégué en appel, ne revêt pas le caractère d'une " sanction disciplinaire déguisée ".
14. Enfin, le détournement de pouvoir invoqué en appel par Mme E, laquelle avance des considérations étrangères au présent litige, n'est pas établi. Le moyen sera écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 16 février 2021 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, a décidé de prononcer sa mutation à titre provisoire dans l'intérêt du service à l'école maternelle publique Centre à Mondeville à compter du lundi 8 mars suivant.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le jugement attaqué nos 2100035, 2100414 du 4 mars 2022 est annulé et que la demande présentée par Mme E dirigées contre la décision précitée du 16 février 2021 et ses conclusions d'appel ayant le même objet sont rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fins d'annulation présentées par Mme E n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fins d'injonction présentées par l'intéressée tendant à sa réintégration sur son poste de professeur des écoles au sein de l'école maternelle de doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que Mme E demande au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement nos 2100035, 2100414 du 4 mars 2022 du tribunal administratif de Caen est annulé en tant qu'il a rejeté ses conclusions dirigées contre la décision du 16 février 2021 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Calvados, a décidé de prononcer sa mutation dans l'intérêt du service et à titre provisoire à l'école maternelle publique Centre à Mondeville à compter du lundi 8 mars.
Article 2 : La demande présentée par Mme E devant le tribunal administratif dirigée contre la décision du 16 février 2021 de l'inspecteur d'académie et ses conclusions d'appel sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C E et à la rectrice de l'Académie de Normandie.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gaspon, président,
- M. Coiffet, président-assesseur,
- Mme Gélard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
O. COIFFETLe président,
O. GASPON
La greffière,
I. PETTON
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
1
N°22NT013351
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026