mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT01477 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | KOBO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C B a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours formé contre la décision des autorités consulaires françaises à Bangui refusant de délivrer un visa d'entrée et de long séjour au jeune D A E, en qualité de membre de famille d'une personne admise au bénéfice de la protection subsidiaire.
Par un jugement n° 2111720 du 14 mars 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision implicite du ministre de l'intérieur et lui a enjoint de faire délivrer un visa de long séjour au jeune D A E dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 14 mars 2022 du tribunal administratif de Nantes ;
2°) de constater un non-lieu à statuer sur la demande de Mme B présentée devant le tribunal administratif de Nantes.
Il soutient que par une décision du 3 février 2022 il a décidé de suivre la recommandation de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée mais que pour répondre à une demande de la famille du demandeur de visa il a décidé de ne délivrer le visa qu'en juin 2022 ; ainsi à la date du jugement attaqué la requête de Mme B avait perdu son objet ; la demande présentée par Mme B au titre des frais d'instance ne pouvait alors qu'être rejetée ou, subsidiairement, il ne pouvait y être fait droit que pour un montant moindre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rivas a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante centrafricaine, s'est vu admettre au bénéfice de la protection subsidiaire en 2016. La délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en vue de la rejoindre a été sollicitée en faveur de son fils, le jeune D A E. Un refus a été opposé par les autorités consulaires françaises à Bangui (Centrafrique). La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a recommandé au ministre de l'intérieur, à l'issue de sa réunion du 4 août 2021, de faire délivrer le visa sollicité. Un refus implicite est né du silence gardé par le ministre sur le recours formé par Mme B. Par un jugement du 14 mars 2022, dont le ministre de l'intérieur et des outre-mer relève appel, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision implicite du ministre et lui a enjoint de faire délivrer le visa sollicité dans le délai de deux mois.
2. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient que le tribunal administratif de Nantes aurait dû constater un non-lieu à statuer sur la demande d'annulation de sa décision implicite rejetant le recours formé par Mme B contre la décision des autorités consulaires à Bangui refusant de délivrer un visa au jeune D A E dès lors que ,par une note diplomatique du 27 janvier 2022 adressée aux autorités consulaires françaises à Bangui, il a donné instruction de convoquer l'intéressé afin de lui délivrer le visa, que par un courrier du 3 février 2022 il aurait informé le conseil de Mme B de cette décision et que, si le visa n'a pu être délivré en février 2022, c'est au motif que la famille de l'intéressé a souhaité différer cette délivrance au terme de la scolarité de l'enfant en juin 2022.
3. Il ressort ainsi des pièces du dossier, indépendamment des motifs de cette situation, qu'à la date à laquelle le tribunal administratif de Nantes a statué, le 14 mars 2022, le jeune D A ne s'était pas vu délivrer le visa sollicité. Par ailleurs, alors même que le tribunal administratif de Nantes avait demandé au ministre de l'intérieur le 21 octobre 2021 s'il entendait maintenir sa décision de refus de visa malgré la recommandation de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France de délivrer le visa sollicité, puis le 24 janvier 2022 s'il avait délivré ce visa, celui-ci n'a pas même répondu à ces demandes et n'a produit aucun mémoire en défense ou note en délibéré. Ainsi le tribunal n'a en tout état de cause jamais été informé de la volonté du ministre de l'intérieur de faire droit à la demande de visa présentée pour le jeune D A. En conséquence, le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est pas fondé à soutenir que le jugement contesté serait irrégulier faute d'avoir constaté un non-lieu à statuer sur la demande présentée par Mme B.
4. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision implicite du ministre de l'intérieur, lui a enjoint de faire délivrer le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du ministre de l'intérieur et des outre-mer est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Francfort, président de chambre,
- M. Rivas, président assesseur,
- M. Frank, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2023.
Le rapporteur,
C. RIVAS
Le président,
J. FRANCFORT
La greffière,
H. EL HAMIANI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026