mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT01783 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 21 juillet 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours formé contre la décision du 4 mars 2021 des autorités consulaires françaises à Dakar refusant de délivrer un visa de long séjour aux enfants C et B A au titre de la réunification familiale.
Par un jugement n° 2110712 du 11 avril 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 21 juillet 2021 de la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France et a enjoint au ministre de faire délivrer les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2022, le ministre de l'intérieur demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-il entend substituer au motif retenu par la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France, et tiré de ce que l'identité des demandeurs de visas et leur lien de filiation avec le bénéficiaire de la protection subsidiaire ne sont pas établis, celui tiré du caractère partiel, non justifié par l'intérêt supérieur des enfants, de la demande de réunification familiale puisque le requérant a fait savoir que sa concubine, mère de ses enfants, ne souhaitait plus venir en France ;
-il entend pour le reste s'en remettre à ses écritures de première instance.
Vu :
- la requête n° 22NT01782, enregistrée au greffe de la cour le 9 juin 2022, par laquelle le ministre de l'intérieur a demandé l'annulation du même jugement ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 811-15 du code de justice administrative dispose que : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. Le bénéfice du statut de réfugié a été accordé le 15 octobre 2015 à M. A, ressortissant guinéen, par la Cour nationale du droit d'asile. L'intéressé a initié une procédure de réunification familiale dans le cadre de laquelle sa concubine et leurs deux enfants ont déposé des demandes de visas de long séjour auprès de l'autorité consulaire française à Dakar. La commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France a confirmé par une décision du 21 juillet 2021 les refus de visas opposés par les autorités consulaires à Mme E A et aux jeunes C A et B A. M. A a contesté devant le tribunal administratif de Nantes les refus de visa opposés aux enfants C A et B A. Par la présente requête le ministre de l'intérieur demande, sur le fondement des dispositions précitées, qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 11 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a annulé les refus de visas opposés par la commission de recours à C et Abdoulaye A et fait injonction au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le ministre de l'intérieur à l'appui de sa requête, tels qu'ils sont rappelés ci-dessus, ne paraît de nature à justifier, outre l'annulation de ce jugement, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce dernier.
4. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'intérieur n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 11 avril 2022 du tribunal administratif de Nantes.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du ministre de l'intérieur est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. D A.
Fait à Nantes, le 5 juillet 2022.
J. FRANCFORT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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