jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT01787 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOYLE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B H K, M. L E H C et Mme D H A ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions du 30 mars 2021 des autorités consulaires françaises à Johannesbourg, refusant de délivrer des visas de long séjour à M. L E H C et Mme D H A, au titre de la réunification familiale.
Par un jugement n° 2110342 du 11 avril 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision de la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France du 15 juillet 2021 et a enjoint au ministre de délivrer les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2022, le ministre de l'intérieur demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.
Il soutient que les demandeurs de visa, âgés de plus de dix-huit ans à la date d'introduction des demandes de visas, ne pouvaient pas prétendre à la délivrance de visas de long séjour au titre de la réunification familiale dès lors qu'ils sont nés d'une précédente union de la bénéficiaire du statut de réfugié et qu'en application des dispositions de l'article L.561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile renvoyant aux dispositions de l'article L. 434-3 du même code, ils sont exclus du champ d'application de la réunification familiale à compter de la date de leur dix-huitième anniversaire.
Vu :
- la requête n° 22NT01786, enregistrée au greffe de la cour le 10 juin 2022, par laquelle le ministre de l'intérieur a demandé l'annulation du même jugement ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 811-15 du code de justice administrative dispose que : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. Le statut de réfugié a été accordé à Mme H K, ressortissante de la République Démocratique du Congo, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 28 décembre 2018. Des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ont été sollicités en faveur de ses enfants allégués, les jeunes L E H C et D H A. Les autorités consulaires françaises à Johannesburg ont refusé de délivrer les visas et la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre ce refus consulaire par une décision du 15 juillet 2021. Par la présente requête le ministre de l'intérieur demande, sur le fondement des dispositions précitées, qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 11 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a annulé les refus de visa opposés par la commission de recours et fait injonction au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le ministre de l'intérieur à l'appui de sa requête, tels qu'ils sont rappelés ci-dessus, ne paraît de nature à justifier, outre l'annulation de ce jugement, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce dernier.
4. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'intérieur n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 11 avril 2022 du tribunal administratif de Nantes.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du ministre de l'intérieur est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme B H K, à M. L E H C et à Mme D H A.
Fait à Nantes, le 28 juillet 2022.
J. FRANCFORT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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