lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT02738 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CHALOUPECKY HASENOHRLOVA-SILVAIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 27 mars 2019 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de réintégration ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours à l'encontre de la décision préfectorale du 27 mars 2019.
Par un jugement n° 1909618 du 17 mars 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 19 août 2022, M. A C représenté par Me Hasenohrlova-Silvain, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 17 mars 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 27 mars 2019 du préfet de police de Paris ;
3°) d'annuler la décision implicite du ministre chargé des naturalisations ;
4°) d'enjoindre au ministre de le déclarer français au titre de la naturalisation et d'ordonner qu'un certificat de nationalité lui soit remis ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
6°) de condamner le ministre chargé des naturalisations aux dépens.
Il soutient que :
-la décision préfectorale contestée est insuffisamment motivée ;
-elle est entachée d'incompétence ;
-elle est entachée d'une erreur de droit ; il a rompu les liens affectifs avec son pays d'origine et a le désir de réunir toute sa famille autour de lui en France ; il remplit les conditions posées par l'article 21-16 et suivants du code civil ;
-elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ; son assimilation au sens de l'article 21-24 du code civil n'a pas été pris en compte au titre de l'examen de sa demande ; il est parfaitement assimilé à la communauté française, sa vie familiale se situe en sur le territoire national.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A C, ressortissant algérien né en 1958, relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 27 mars 2019 du préfet de police de Paris rejetant sa demande de réintégration dans la nationalité française, de la décision implicite par laquelle le ministre chargé des naturalisation a rejeté son recours contre cette décision préfectorale et de la décision explicite du 1er octobre 2019 par laquelle le ministre a ajourné à un an sa demande de réintégration dans la nationalité française.
3. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la décision implicite puis explicite du 1er octobre 2019 du ministre de l'intérieur, prise sur recours préalable obligatoire, s'est substituée à la décision du préfet de police du 27 mars 2017 de sorte que la requête doit être regardée comme dirigées contre la décision du ministre de l'intérieur. En outre, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre pendant quatre mois sur le recours de M. C doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 1er octobre 2019 de ce même ministre.
5. Il y a lieu d'écarter, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, les moyens que M. C se borne à reprendre en appel, sans apporter de précisions nouvelles, tirés d'une part de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, la décision de délégation de signature du 30 août 2018 régulièrement publiée au Journal officiel de la République française ayant été produite en première instance, d'autre part, de l'insuffisante motivation de la décision du ministre, cette décision comprenant l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
6. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient au postulant, s'il le juge opportun, de formuler une nouvelle demande ".
7. Aux termes de l'article 21-16 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation ". Ces dispositions imposent à tout candidat à l'acquisition de la nationalité française de résider en France et d'y avoir fixé durablement le centre de ses intérêts familiaux et matériels à la date à laquelle il est statué sur sa demande. Pour apprécier si cette dernière condition est remplie, l'administration peut notamment se fonder, sous le contrôle du juge, sur sa situation familiale. Le ministre auquel il appartient de porter une appréciation sur l'opportunité d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite peut légalement, dans le cadre de cet examen d'opportunité, tenir compte de toutes les circonstances de l'affaire, y compris de celles qui ont été examinées pour statuer sur la recevabilité de la demande.
8. Le ministre de l'intérieur a ajourné à un an la demande de naturalisation présentée par M. C, afin de permettre à ce dernier, dans le cas où l'issue du recours formé à l'encontre de la décision de refus de regroupement familial concernant son fils B C, né le 22 novembre 2002 qui résidait en Algérie à la date de la décision contestée, serait favorable, de justifier de la stabilité de ses attaches familiales en France.
9. M. C est entré en France en 1980. Il ressort des pièces du dossier, qu'à la date de la décision contestée, il résidait en France avec son épouse avec laquelle il s'est marié le 19 août 1986 en Algérie et qui l'a rejoint en France en 2016 dans le cadre du regroupement familial. En revanche, il est constant que le fils mineur du couple, Aghilas C, né le 22 novembre 2002 réside en Algérie. Si le requérant fait valoir que la demande de regroupement familial sollicitée le 6 février 2018 en faveur de son fils a fait l'objet d'une procédure contentieuse engagée à l'encontre du refus opposé le 15 mars 2019 par le préfet de police à la venue en France du jeune homme, il n'apporte pas plus en appel qu'en première instance d'éléments nouveaux concernant l'issue de cette procédure. Par suite, et alors même que l'intéressé aurait, selon ses allégations, rompu les liens affectifs avec son pays d'origine, résiderait depuis longtemps en France et serait parfaitement assimilé à la communauté française, le ministre n'a entaché sa décision du 1er octobre 2019 ni d'une erreur de droit, ni d'une erreur de fait, ni d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que M. C ne pouvait être regardé, à la date de cette décision, comme ayant fixé en France de manière stable le centre de ses intérêts et en ajournant pour ce motif à un an sa demande de réintégration.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée y compris en ce qu'elle comporte des conclusions à fin d'injonction et des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Me Hasenohrlova-Silvain.
Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 3 avril 2023.
C. BUFFET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026