jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT03303 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme E B et Mme C G B ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 30 mars 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision des autorités consulaires françaises à Conakry (Guinée) du 22 septembre 2021 rejetant la demande de long séjour présentée par Mme C G B en qualité de membre de famille d'une personne ayant obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire.
Par un jugement n° 2208872 du 17 octobre 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 30 mars 2022 de la commission de recours et enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer à Mme C G B un visa de long séjour dans un délai de deux mois.
Procédure devant la cour :
I. Par un recours enregistré le 17 octobre 2022 sous le n°22NT03303, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour d'annuler ce jugement du 17 octobre 2022.
Il soutient qu'il ne saurait être considéré que Mme C G B, majeure de plus de 18 ans au jour du dépôt de sa demande de visa, puisse rejoindre sa mère alléguée en France, dès lors qu'elle est issue d'une union antérieure de cette dernière avec son père, M. D F B, qui n'est pas partie à la réunification familiale.
II. Par un recours enregistré le 17 octobre 2022 sous le n° 22NT03304, le ministre de l'intérieur demande à la cour d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, le sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Nantes du 17 octobre 2017.
Il se réfère à l'argumentation développée au soutien de sa requête tendant à l'annulation du jugement du tribunal administratif de Nantes du 17 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un premier recours enregistré sous le n°22NT03303, le ministre de l'intérieur relève appel du jugement du 17 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a annulé le refus de visa opposé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France à Mme C G A, qui présentait une telle demande en qualité de fille de Mme E B, ressortissante guinéenne née le 9 novembre 1979 et bénéficiaire de la protection subsidiaire par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 27 août 2019. Par un second recours, enregistré sous le n°22NT03304, le ministre demande à la cour, sur le fondement des dispositions de l'article R.811-15 du code de justice administrative, d'ordonner le sursis à exécution de ce jugement. Ces deux recours sont dirigés contre le même jugement. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour qu'il y soit statué par une même décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué :
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents de formation de jugements des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes de l'article R. 561-1 de ce code : " La demande de réunification familiale est initiée par la demande de visa des membres de la famille du réfugié ou du bénéficiaire de la protection subsidiaire mentionnée à l'article L. 561-5. () ".
4. Aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". Aux termes de l'article L. 434-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. " et aux termes de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".
5. Pour rejeter le recours dirigé contre le refus de visa opposé à Mme C G A, qui présentait une telle demande en qualité de fille de Mme E B, ressortissante guinéenne bénéficiaire de la protection subsidiaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a considéré que la demandeuse, âgée de plus de 18 ans le jour où elle a déposé sa demande de visa, et qui serait issue d'une union antérieure de Mme E B, n'était pas éligible à la procédure de réunification familiale au titre de membre de famille de réfugié.
6. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles des articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, auxquelles l'article L. 561-4 renvoie expressément, que le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaitre la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale, par ses enfants non mariés, même issus d'une précédente union, à la condition qu'ils n'aient pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite et que, s'agissant de ses enfants mineurs de dix-huit ans, soient remplies les conditions fixées par les articles L. 434-3 ou L. 434-4 de ce code.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme C B, fille de Mme E B, à qui la protection subsidiaire a été accordée le 27 août 2019, est née le 25 août 2002 d'une relation précédente de la réfugiée avec un ressortissant étranger non partie à la demande de réunification familiale. Âgée de dix-huit ans et un mois à la date à laquelle sa demande de visa a été enregistrée au consulat français en Guinée, Mme C B n'avait donc alors pas dépassé son dix-neuvième anniversaire. Dans ces conditions la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'erreur de droit en refusant le visa de long séjour sollicité par Mme C B en qualité d'enfant d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire au motif qu'elle était âgée de plus de dix-huit ans à la date de la demande de visa.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est manifestement pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 30 mars 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France et lui a enjoint de délivrer à Mme C B le visa sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Sa requête doit dès lors être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution :
9. Dès lors qu'il est statué par la présente ordonnance sur les conclusions du recours du ministre de l'intérieur tendant à l'annulation du jugement attaqué, les conclusions tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement sont privées d'objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n°22NT03303 du ministre de l'intérieur et des outre-mer est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur le recours enregistré sous le n°22NT03304 tendant au sursis à exécution du jugement n°2208872 du 17 octobre 2022 du tribunal administratif de Nantes.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme C G B et à Mme E B
Fait à Nantes, le 22 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
J. FRANCFORT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 22NT03303, 22NT03304
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026