LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-22NT03306

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-22NT03306

lundi 3 avril 2023

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-22NT03306
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP COUDERC-ZOUINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A épouse C a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 28 mai 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a confirmé la décision du préfet du Rhône du 27 novembre 2018 rejetant sa demande de naturalisation.

Par un jugement n° 1910461 du 3 juin 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 12 octobre 2022 et le 16 novembre 2022, Mme B A épouse C, représentée par Me Couderc, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 3 juin 2022 ;

2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 28 mai 2019 et la décision du préfet du Rhône du 27 novembre 2018 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande dans un délai de deux mois suivant la décision à intervenir ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans les mêmes conditions de délais ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

-le jugement attaqué est entaché d'irrégularité en ce qu'il n'a pas répondu au moyen tiré de ce que le ministre a entaché sa décision d'une erreur de fait dans la mesure où, en tant que travailleur handicapé, elle perçoit en propre l'allocation de solidarité aux personnes âgées ;

- il n'a pris en considération ni ses problèmes de santé postérieurement à 2017 ni la circonstance que plusieurs membres de sa famille ont obtenu la naturalisation ;

-le ministre a entaché sa décision d'erreur de fait ; elle a des ressources propres et n'exerce pas d'activité professionnelle en raison de son état de santé ;

-la décision du ministre comme celle du préfet sont insuffisamment motivées ;

-elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée de sa présence en France et de l'ancrage de ses attaches privées et familiales sur le territoire national, plusieurs membres de sa famille étant au demeurant déjà de nationalité française, de sa volonté d'intégration et de son statut de réfugiée ;

- elles méconnaissent l'article 34 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés ;

-elles méconnaissent la circulaire n° 2000-254 du 12 mai 2000 relative aux naturalisations, réintégrations dans la nationalité française et perte de la nationalité française qui précise que la politique de naturalisation doit tendre à préserver l'unité des familles en évitant autant que possible que les membres d'une même famille possèdent des nationalités différentes.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le code civil ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme A épouse C, ressortissante syrienne née le 10 avril 1956, relève appel du jugement du 3 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 28 mai 2019 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande de réintégration dans la nationalité française.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Il ressort du jugement attaqué que le moyen soulevé par la requérante et tiré de ce que la décision du ministre comme celle du préfet sont entachées d'une erreur de fait quant à ses ressources personnelles est mentionné dans les visas. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur a expressément indiqué devant les premiers juges que le motif de sa décision tiré de ce que l'intéressée ne disposait pas de revenus personnels était erroné. Dès lors, les premiers juges n'ont pas entaché leur décision d'irrégularité en ne répondant pas au moyen devenu inopérant contestant ce motif abandonné. Par suite, la requérante ne saurait faire valoir que le jugement attaqué serait entaché d'irrégularité sur ce point.

4. En second lieu, si Mme C soutient que les premiers juges n'auraient pas tenu compte de l'intégralité de sa situation et en particulier du fait que plusieurs membres de sa famille ont déjà obtenu la nationalité française, il résulte des motifs mêmes du jugement que le tribunal administratif de Nantes a répondu aux moyens invoqués par la requérante. En particulier, les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de faire état précisément de l'ensemble des éléments factuels avancés par Mme C, ont précisé que le ministre de l'intérieur a pu, sans entacher sa décision ni d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de droit, rejeter la demande de naturalisation de l'intéressée en se fondant sur le motif tiré de l'insuffisance de ses ressources, alors même qu'elle avait rencontré de graves problèmes de santé et justifiait d'efforts d'intégration à la société française. Dans ces conditions, les premiers juges ont suffisamment motivé leur jugement, lequel n'est donc pas entaché d'irrégularité sur ce point.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

5. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". En application de l'article 27 de ce même code, l'administration a le pouvoir de déclarer irrecevable, de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation. Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ".

6. L'autorité administrative dispose, en matière de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, d'un large pouvoir d'appréciation. Elle peut, dans l'exercice de ce pouvoir, prendre en considération notamment, pour apprécier l'intérêt que présenterait l'octroi de la nationalité française, l'intégration de l'intéressé dans la société française, son insertion sociale et professionnelle et le fait qu'il dispose de ressources lui permettant de subvenir durablement à ses besoins en France. Pour rejeter une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, l'autorité administrative ne peut se fonder ni sur l'existence d'une maladie ou d'un handicap ni, par suite, sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé lorsqu'elle résulte directement d'une maladie ou d'un handicap.

7. En premier lieu, Mme C réitère devant le juge d'appel, sans apporter d'éléments nouveaux, les mêmes moyens que ceux développés en première instance tirés de l'insuffisante motivation de la décision du préfet du Rhône du 27 novembre 2018 comme de celle du ministre de l'intérieur du 28 mai 2019 ainsi que de la méconnaissance de l'article 34 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.

8. En deuxième lieu, il ressort du mémoire en défense du ministre de l'intérieur en première instance, que pour rejeter la demande la demande de naturalisation présentée par Mme C, celui-ci s'est fondé sur le motif tiré de l'insuffisance des ressources de l'intéressée, qui était entrée sept ans auparavant sur le territoire national, à l'âge de cinquante-six ans, qui ne disposait pas de revenus personnels suffisants et ne subvenait pour l'essentiel à ses besoins qu'à l'aide de prestations sociales.

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a bénéficié du statut de réfugié en 2013 et a, par la suite, rencontré de graves problèmes de santé lesquelles ont nécessité de traitement lourds jusqu'en 2017. Toutefois, il ne ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, ces traitements se seraient poursuivis de sorte que cette décision ne peut être regardée comme fondée sur l'insuffisance des ressources de l'intéressée à raison d'une maladie ou d'un handicap. Par ailleurs, il est constant qu'à cette même date, le montant de l'allocation de solidarité pour personnes âgées qu'elle percevait s'élevait à 673,94 euros par mois. Par suite, en rejetant la demande de naturalisation présentée par Mme C, le ministre n'a commis ni erreur manifeste d'appréciation ni une erreur de droit, en dépit de la volonté d'intégration de l'intéressée, de son statut de réfugié et de la présence de ses attaches familiales en France.

10. En troisième lieu, si la requérante fait valoir que sa fille aînée qui est de nationalité française comme ses petits-enfants, a été recrutée après avoir obtenu un certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré en éducation musicale-chant choral, que sa seconde fille s'est mariée le 20 août 2022 avec un ressortissant français et que sa famille est bien intégrée en France, ces circonstances sont sans influence sur la légalité de la décision contestée eu égard au motif qui la fonde.

11. En dernier lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du 12 mai 2020 relative aux naturalisations, réintégrations dans la nationalité française et perte de la nationalité française, laquelle ne comporte pas de lignes directrices dont l'intéressée pourrait se prévaloir devant le juge.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée y compris en ce qu'elle comporte des conclusions à fin d'injonction et des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C et à Me Couderc.

Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Nantes, le 3 avril 2023.

C. BUFFET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions