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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-23NT00249

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-23NT00249

mardi 6 février 2024

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-23NT00249
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par deux requêtes enregistrées le 2 juillet et 9 septembre 2020, M. A a demandé au tribunal administratif de Rennes de condamner l'Etat, en sa qualité d'employeur, à lui verser la somme de 30 000 euros augmentée des intérêts légaux capitalisés, en réparation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qui résultent de la carence fautive de l'Etat (ministère des armées) à l'avoir exposé pendant de nombreuses années à l'inhalation de poussières d'amiante sans aucun moyen de protection efficace, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2002628, 2003844 du 24 novembre 2022, le tribunal administratif de Rennes a condamné l'Etat à verser à M. A la somme de 13 500 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 juillet 2018 et de leur capitalisation à compter du 3 juillet 2019. Il a mis la somme de 800 euros à la charge de l'Etat au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 30 janvier 2023, le ministre des armées demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 24 novembre 2022 ;

2°) de rejeter les requêtes présentées devant le tribunal administratif de Rennes par M. A.

Il soutient que :

- le jugement attaqué, qui se fonde sur des éléments non soumis au contradictoire, est entaché d'irrégularité ; les premiers juges se sont en effet fondés sur la décision de la commission des recours des militaires qui n'a pas été produite dans l'instance enregistrée sous le n° 2002628 ;

- la créance de M. A est prescrite à la date à laquelle il a présenté sa réclamation préalable ; l'intéressé doit être regardé comme ayant eu une connaissance suffisante de la réalité de son risque de développer une pathologie liée à l'amiante à compter du 1er janvier 2009, année au cours de laquelle il a effectué un premier scanner thoracique et avait cessé d'exercer ses fonctions susceptibles de l'avoir exposé à l'amiante ; le délai de prescription quadriennale de sa créance, qui n'a été interrompu par aucun acte, a ainsi commencé à courir le 1er janvier 2010 pour expirer le 31 décembre 2013 ;

Par un mémoire en défense, enregistré le20 décembre 2023, M. A, représenté par Me Teissonnière, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens présentés par le ministre des armées ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 modifié ;

- l'arrêté du 21 avril 2006 relatif à la liste des professions, des fonctions et des établissements ou parties d'établissements permettant l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains ouvriers de l'Etat, fonctionnaires et agents non titulaires du ministère de la défense ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gélard,

- et les conclusions de Mme Bougrine, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a exercé les fonctions de mécanicien au sein de la marine nationale du 15 octobre 1969 au 27 septembre 1998. Par une réclamation préalable reçue le 2 juillet 2018, il a sollicité de la ministre des armées la réparation du préjudice d'anxiété résultant de son exposition aux poussières d'amiante sans aucun moyen de protection efficace fourni par son employeur. La demande de M. A a été rejetée, après saisine de la commission des recours des militaires dans le cadre d'un recours administratif préalable obligatoire, par une décision de la ministre des armées du 2 juillet 2020, qui lui a été notifiée le 9 juillet suivant. Par deux requêtes distinctes enregistrées respectivement les 2 juillet et 9 septembre 2020, sous les n° 2002628 et n° 2003844, l'intéressé a saisi le tribunal administratif d'une demande indemnitaire ayant le même objet. Par un jugement n° 2002628, 2003844 du 24 novembre 2022, le tribunal administratif de Rennes, qui a joint les deux requêtes présentées par M. A, a jugé que l'Etat, en sa qualité d'employeur, avait commis une carence fautive de nature à engager sa responsabilité et l'a condamné à verser à l'intéressé la somme de 13 500 euros en réparation de son préjudice d'anxiété. Le ministre des armées relève appel de ce jugement.

Sur les jonctions des requêtes présentées par M. A devant le tribunal administratif :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ". Aux termes de l'article R. 4125-1 du code de la défense : " I. - Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux () ". Si cet article énumère des exceptions à ce principe, elles ne concernent pas les actions en responsabilité introduite par les militaires à l'encontre de l'Etat, en sa qualité d'employeur.

3. Par ailleurs, si le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires, y compris lorsqu'elles concernent des requêtes distinctes, la jonction ne peut avoir d'influence sur le sens des décisions à prendre sur chacune d'entre elles.

4. Si dans l'instance enregistrée au greffe du tribunal administratif de Rennes sous le n° 2002628, la ministre des armées a opposé une fin de non-recevoir tirée du défaut de production par M. A de la preuve d'un recours administratif préalable obligatoire et de la décision prise à l'issue de ce recours, il est constant que l'intéressé a produit ces éléments dans le cadre de l'instance enregistrée devant le même tribunal sous le n° 2003844. Ces deux requêtes, tendant aux mêmes fins, se rapportent à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune et d'un même jugement. Dans ces conditions, le ministre n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par ce jugement, le tribunal administratif n'a pas déclaré irrecevable la requête présentée par M. A enregistrée sous le n° 2002628.

Sur l'exception de prescription quadriennale :

5. Aux termes du premier alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'État, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : / () Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; / () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ". Aux termes de l'article 6 du même texte : " Les autorités administratives ne peuvent renoncer à opposer la prescription qui découle de la présente loi ". Aux termes, enfin, du premier alinéa de son article 7 : " L'Administration doit, pour pouvoir se prévaloir, à propos d'une créance litigieuse, de la prescription prévue par la présente loi, l'invoquer avant que la juridiction saisie du litige au premier degré se soit prononcée sur le fond ".

6. S'agissant du point de départ du délai de prescription, ainsi que l'a estimé le Conseil d'Etat dans son avis n° 457560 du 19 avril 2022, lorsque la responsabilité d'une personne publique est recherchée, les droits de créance invoqués en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens des dispositions citées au point 5, à la date à laquelle la réalité et l'étendue de ces préjudices ont été entièrement révélées, ces préjudices étant connus et pouvant être exactement mesurés. La créance indemnitaire relative à la réparation d'un préjudice présentant un caractère continu et évolutif doit être rattachée à chacune des années au cours desquelles ce préjudice a été subi. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à une année court, sous réserve des cas visés à l'article 3 de la loi du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l'année suivante, à la condition qu'à cette date le préjudice subi au cours de cette année puisse être mesuré.

7. Le ministre des armées ne conteste pas le fait qu'en raison de ses fonctions de mécanicien intervenant dans les ports de C, de D et de E sur des bâtiments de la marine nationale renfermant des matériaux à base d'amiante, M. A a été exposé " activement " à cet agent cancérogène. L'intéressé, qui a cessé ses fonctions à compter du 27 septembre 1998, ne dispose toutefois d'aucune attestation personnelle lui indiquant les périodes au cours desquelles il a effectivement été exposé à ce matériau durant toute sa carrière militaire. Le ministre se prévaut cependant de la circonstance qu'au cours de l'année 2009, M. A a subi un premier scanner thoracique. Il soutient qu'à compter de cette date, le militaire avait donc pleinement conscience des risques qu'il a encourus en travaillant au contact de l'amiante. Le ministre n'apporte toutefois aucune précision sur les circonstances qui ont conduit l'intéressé à solliciter cet examen médical, ni même si celui-ci avait été diligenté dans le cadre d'un suivi post-professionnel. De plus, cet examen, pas plus que le second scanner thoracique et l'examen tomodensitométrique du thorax réalisés par M. A les 12 mars et 2 juin 2014, ne permettent d'établir qu'il avait alors une connaissance suffisante de la réalité mais surtout de l'étendue de ses préjudices. Par suite, c'est à juste titre que les premiers juges ont estimé que le délai de prescription quadriennale de sa créance à l'encontre de l'Etat n'avait pas commencé à courir et qu'à la date à laquelle il a présenté sa réclamation préalable, le 27 juin 2018, celle-ci n'était pas prescrite.

Sur le cadre juridique de la responsabilité :

8. D'une part, la responsabilité de l'administration, notamment en sa qualité d'employeur, peut être engagée à raison de la faute qu'elle a commise, pour autant qu'il en résulte un préjudice direct et certain. A le caractère d'une faute, le manquement à l'obligation de sécurité à laquelle l'employeur est tenu envers son agent, lorsqu'il a ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Il n'est pas contesté que la nocivité de l'amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977 et que le décret susvisé du 17 août 1977 relatif aux mesures d'hygiène particulières applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l'action des poussières d'amiante, a imposé des mesures de protection de nature à réduire l'exposition des agents aux poussières d'amiante ainsi que des contrôles de la concentration en fibres d'amiante dans l'atmosphère des lieux de travail.

9. Il résulte de l'instruction que, sur les navires de la marine nationale construits jusqu'à la fin des années quatre-vingt, l'amiante était utilisée de façon courante comme isolant pour calorifuger tant les tuyauteries que certaines parois et certains équipements de bord, de même que les réacteurs et moteurs des avions de l'aéronavale. Ces matériaux d'amiante avaient tendance à se déliter du fait des contraintes physiques imposées à ces matériels, de la chaleur, du vieillissement du calorifugeage, ou de travaux d'entretien en mer ou au bassin. En conséquence, les marins intervenant sur les bâtiments de la marine nationale, qui ont travaillé dans un espace souvent confiné, sont susceptibles d'avoir été exposés à l'inhalation de poussières d'amiante.

10. L'Etat n'apporte pas davantage en appel qu'en première instance la preuve que des mesures de protection et de prévention aient été effectivement mises en œuvre et reçu concrètement exécution au sein de la marine nationale durant les périodes d'affectation de M. A, entre 1969 et 1998. Le ministre ne conteste pas notamment que les marins, présents de manière permanente et souvent confinée sur les bâtiments, ne disposaient d'aucune protection spécifique pour l'exécution des tâches qui leur étaient confiées. Il ne remet pas en cause le fait que M. A a été affecté ou mis pour emploi sur des navires renfermant des matériaux à base d'amiante, notamment sous forme de calorifugeages, matériaux dont il a été rappelé plus haut qu'ils avaient tendance à se déliter. Cet élément objectif permet de caractériser suffisamment l'existence du risque, pour ce militaire en contact quasi-permanent avec l'amiante sur son lieu de travail, d'avoir été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante.

11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que l'Etat employeur doit être regardé comme ayant fait preuve d'une carence fautive dans la mise en œuvre effective, obligation qui lui incombait, des mesures de protection contre les poussières d'amiante auxquelles M. A a pu être exposé. Cette carence est de nature à engager sa responsabilité, ainsi que l'ont estimé à juste titre les premiers juges.

Sur le préjudice d'anxiété :

12. La personne qui recherche la responsabilité d'une personne publique en sa qualité d'employeur et qui fait état d'éléments personnels et circonstanciés de nature à établir une exposition effective aux poussières d'amiante susceptible de l'exposer à un risque élevé de développer une pathologie grave et de voir, par là même, son espérance de vie diminuée, peut obtenir réparation du préjudice moral tenant à l'anxiété de voir ce risque se réaliser. Dès lors qu'elle établit que l'éventualité de la réalisation de ce risque est suffisamment élevée et que ses effets sont suffisamment graves, la personne a droit à l'indemnisation de ce préjudice, sans avoir à apporter la preuve de manifestations de troubles psychologiques engendrés par la conscience de ce risque élevé de développer une pathologie grave.

13. Doivent ainsi être regardés comme faisant état d'éléments personnels et circonstanciés de nature à établir qu'ils ont été exposées à un risque élevé de pathologie grave et de diminution de leur espérance de vie, les agents qui, sans intervenir directement sur des matériaux amiantés, établissent avoir, pendant une durée significativement longue, exercé leurs fonctions au contact avec des matériaux composés d'amiante, sans pouvoir, en raison de l'état de ces matériaux et des conditions de ventilation des locaux, échapper au risque de respirer une quantité importante de poussières d'amiante. Dans ce cas, le montant de l'indemnisation du préjudice d'anxiété prend notamment en compte, parmi les autres éléments y concourant, la nature des fonctions exercées par l'intéressé et la durée de son exposition aux poussières d'amiante.

14. Il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé des états de services de M. A, qu'il a travaillé en qualité de mécanicien à la direction du port de C durant un peu plus de 24 ans, à la direction du port de D pendant 3 ans et à la direction du port de E pendant un peu plus d'un an. Durant l'ensemble de sa carrière, soit un peu moins de 30 années, l'intéressé a ainsi, compte tenu des fonctions qu'il exerçait, été exposé aux poussières d'amiante. En outre, si l'intéressé n'était pas embarqué en mer sur les bâtiments de la marine nationale sur lesquels il intervenait, il résulte des attestations de ses collègues que, durant leurs services " sur base ", ils étaient logés dans un " souterrain datant de la dernière guerre ", lequel a fait l'objet d'une campagne de désamiantage par la suite. Dans ces conditions, le ministre n'est pas fondé à soutenir que la somme de 13 500 euros allouée par les premiers juges en réparation du préjudice d'anxiété subi par M. A du fait de son exposition aux poussières d'amiante serait excessive. En revanche, en se prévalant de la seule attestation non circonstanciée de son médecin traitant, l'intéressé n'établit pas l'existence de troubles particuliers dans ses conditions d'existence.

15. Il résulte de tout ce qui précède, que le ministre des armées n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a condamné l'Etat à verser à M. A la somme de 13 500 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation et a mis à sa charge la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête présentée par le ministre des armées est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Gaspon, président de chambre,

- M. Coiffet, président-assesseur,

- Mme Gélard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 février 2024.

La rapporteure,

V. GELARDLe président,

O. GASPON

La greffière,

I. PETTON

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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