mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-23NT01261 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MEIER-BOURDEAU LECUYER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler la décision implicite par laquelle le centre national de la recherche scientifique (CNRS) a rejeté ses demandes du 28 avril 2020 tendant à la régularisation de sa situation administrative et à l'indemnisation de son préjudice de carrière à hauteur de 107 842 euros.
Par un jugement n° 2002921 du 2 mars 2023, le tribunal administratif de Rennes a constaté que le litige tendant à l'annulation de la décision contestée avait perdu son objet et a rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 mai 2023 et 23 février 2024, Mme A, représentée par Me Grenier, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 2 mars 2023 en tant qu'il a rejeté ses conclusions indemnitaires ;
2°) d'ordonner une enquête visant à établir l'exactitude matérielle des faits ;
3°) d'annuler la décision implicite du CNRS ;
4°) de condamner le CNRS à lui verser la somme de 125 000 euros à parfaire ;
5°) de mettre à la charge du CNRS le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en s'abstenant de procéder à une enquête pour établir la matérialité des faits, le tribunal administratif a entaché d'irrégularité le jugement attaqué ;
- en lui délivrant des informations erronées sur le régime de la disponibilité, le CNRS a commis une faute ;
- elle n'a pas reçu une information suffisante sur le régime juridique de la réintégration en surnombre ;
- son préjudice matériel s'élève à 67 842 euros ;
- son préjudice moral et les troubles subis dans ses conditions d'existence doivent être évalués à 40 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, le centre national de la recherche scientifique, représenté par Me Meier-Bourdeau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Le mémoire présenté le 21 mars 2024 pour le CNRS, après la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gélard,
- les conclusions de Mme Bougrine, rapporteure publique,
- et les observations de Me d'Oria, substituant Me Grenier, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un détachement, Mme A, ingénieure d'étude au CNRS affectée à la délégation , a été réintégrée en surnombre à la date du 1er septembre 2019. A compter du 1er octobre 2019, l'intéressée a bénéficié d'une disponibilité pour une durée de trois ans pour suivre son conjoint. Le 28 avril 2020, Mme A, qui n'était pas éligible à l'allocation de retour à l'emploi, a sollicité sa réintégration anticipée et présenté une demande indemnitaire, implicitement rejetée par le CNRS. Elle relève appel du jugement du 2 mars 2023 du tribunal administratif de Rennes en tant qu'il a rejeté ses conclusions indemnitaires.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Aux termes de l'article R. 625-1 du code de justice administrative : " En complément de l'instruction écrite, la formation de jugement dans un tribunal ou une cour () peut tenir une séance orale d'instruction au cours de laquelle elle entend les parties sur toute question de fait ou de droit dont l'examen paraît utile. () Peut également être convoquée toute personne dont l'audition paraît utile. ". Il appartient au magistrat en charge d'une affaire d'apprécier, dans le cadre de ses pouvoirs de direction de l'instruction, l'utilité de la mesure demandée sur le fondement de ces dispositions. En l'espèce, Mme A se bornait en première instance à soutenir que certains agents du CNRS lui auraient communiqué des informations erronées ou insuffisantes concernant le déroulement de sa carrière, sans apporter aucun commencement de preuve de nature à corroborer ses propos. Dans ces conditions, l'intéressée, à qui incombe la charge de la preuve, n'est pas fondée à soutenir qu'en se fondant sur les pièces du dossier produites devant lui pour établir la matérialité des faits, sans procéder à l'enquête complémentaire qu'elle sollicitait, le tribunal administratif aurait méconnu son office.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du CNRS en tant qu'elle porte refus de réintégration :
3. Il est constant que Mme A a été radiée des cadres du CNRS à compter du 1er février 2022. Par suite, c'est à juste titre que les premiers juges ont constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à sa réintégration, ainsi que l'admet d'ailleurs l'intéressée.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. En premier lieu, il n'est pas contesté que le détachement de Mme A a pris fin le 31 août 2019, et qu'à cette date, l'intéressée avait fait connaître sa volonté d'être affectée dans la région , où aucun poste correspondant à son grade n'était vacant. Par un arrêté du 4 septembre 2019, Mme A a toutefois été réintégrée avec effet au 1er septembre 2019. Si la requérante soutient qu'elle n'a pas reçu une information suffisante sur le régime juridique de la réintégration en surnombre, ses seules allégations ne suffisent pas à établir qu'elle n'aurait pas été pleinement informée des possibilités qui s'offraient statutairement à elle. Par suite, Mme A, qui avait la possibilité de solliciter une réponse écrite du service en charge des ressources humaines sur sa situation administrative et ses conséquences juridiques, n'est pas fondée à rechercher la responsabilité du CNRS à raison de ces faits.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que le CNRS a répondu favorablement à la demande exprimée le 23 septembre 2019 par Mme A tendant à ce qu'une disponibilité lui soit accordée pour suivre son conjoint. Si l'intéressée soutient que le service en charge de la gestion des ressources humaines lui aurait indiqué à tort qu'elle pourrait alors percevoir l'allocation de retour à l'emploi, les éléments du dossier ne permettent pas de tenir pour établies ses allégations, alors que l'intéressée pouvait solliciter la confirmation par écrit des informations qui lui ont été communiquées ou en vérifier la teneur notamment auprès de Pôle Emploi. La requérante n'établit pas davantage que le CNRS l'aurait contrainte à solliciter une disponibilité sous peine d'être licenciée, son courrier du 23 septembre 2019 n'évoquant pas cette hypothèse. Enfin, Mme A n'établit pas qu'elle n'aurait pas pu avoir accès aux vacances de postes du fait de sa disponibilité, alors que le courrier du 30 septembre 2019 lui indiquait les modalités de consultation de ces offres d'emplois. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le CNRS aurait commis des fautes dans la gestion de sa carrière ou lui aurait communiqué des informations erronées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner un complément d'instruction, que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CNRS, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme A de la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A le versement au CNRS d'une somme sur le même fondement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CNRS tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A et au centre national de la recherche scientifique.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Gaspon, président de chambre,
- M. Coiffet, président-assesseur,
- Mme Gélard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 mai 2024.
La rapporteure,
V. GELARDLe président,
O. GASPON
La greffière,
C. VILLEROT
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026