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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-23NT01962

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-23NT01962

mardi 25 novembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-23NT01962
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSELARL LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Dans l’instance n° 2002466, M. et Mme K... et L... J... ont demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et d’enjoindre à la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas de procéder au reclassement de la parcelle cadastrée section AI n° 34 à Logonna-Daoulas en zone UHc.

Dans l’instance n° 2002715, M. et Mme I... et E... C... ont demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et d’enjoindre à la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas de procéder au reclassement des parcelles cadastrées section AD nos 189 et 190 à l’Hôpital-Camfrout en zone UHc.

Dans l’instance n° 2003092, M. T... P... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et d’enjoindre à la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas de procéder au reclassement de la parcelle cadastrée section AD n° 191 à l’Hôpital-Camfrout en zone UHc.

Dans l’instance n° 2003192, Mme U... S... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et d’enjoindre à la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas de procéder au reclassement des parcelles cadastrées section AD nos 57 et 59 à Loperhet en zone UHc.

Dans l’instance n° 2003210, M. A... H... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal.

Dans l’instance n° 2003221, M. F... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et d’enjoindre à la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas de procéder à la suppression de l’emplacement réservé n° 16 prévu sur la parcelle cadastrée section AH n° 452 à Landerneau.

Dans l’instance n° 2005739, M. O... N... et Mme R... M... ont demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal, ou, à titre subsidiaire, d’annuler cette délibération en tant qu’elle identifie d’une part un cheminement doux à conserver au titre de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme dans le secteur de Penn Al Leurgueur et, d’autre part un espace boisé classé sur les parcelles cadastrées section BH nos 57 et 62 à Logonna-Daoulas.

Dans l’instance n° 2101858, M. Q... D... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler la décision implicite par laquelle le président de la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas a rejeté sa demande tendant à l’abrogation partielle de la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal et à ce que cette abrogation partielle et les modifications du règlement graphique de ce plan qu’elle implique soient inscrites à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire et d’enjoindre au président de la communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas d’inscrire à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, l’abrogation partielle du règlement graphique du plan local d’urbanisme intercommunal en tant qu’il ne classe pas l’intégralité de l’espace boisé ceinturant l’île de Tibidy à l’Hôpital-Camfrout en espace boisé classé, l’abrogation partielle du même règlement graphique en tant qu’il réduit les espaces boisés classés identifiés en y faisant apparaître des chemins qui n’existent pas, ainsi que la modification du même règlement graphique afin, d’une part, qu’il classe l’intégralité des boisements de l’Île de Tibidy en espace boisé classé en application de l’article L. 121-27 du code de l’urbanisme, et d’autre part, qu’il fasse disparaître les chemins matérialisés dans les espaces boisés classés d’ores et déjà identifiés.

Par un jugement nos 2002466, 2002715, 2003092, 2003192, 2003210, 2003221, 2005739 et 2101858 du 2 mai 2023, joignant ces huit instances, le tribunal administratif de Rennes a, en son article 1er, donné acte à M. H... du désistement de son instance n° 2003210 ; en son article 2, rejeté les requêtes nos 2002466, 2002715, 2003092, 2003192 et 2005739 ; en son article 3, annulé la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal en tant seulement que ce plan prévoit un emplacement réservé n° 16 sur la parcelle cadastrée section AH n° 452 à Landerneau ; en son article 4, annulé la décision implicite rejetant la demande de M. D... du 19 décembre 2020 tendant à l’abrogation partielle de la délibération du 28 février 2020 approuvant le plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas ; en son article 5, enjoint au président du conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas d’inscrire à l’ordre du jour du conseil communautaire la question de l’abrogation de la délibération du 28 février 2020 approuvant le plan local d’urbanisme intercommunal en tant que ce plan n’identifie pas, au titre de l’article L. 121-27 du code de l’urbanisme, l’ensemble cohérent des boisements les plus significatifs de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas situés sur l’île de Tibidy à l’Hôpital-Camfrout, dans un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement ; en ses articles 6 à 12 réglé les demandes présentées au titre des frais d’instance ; et en son article 13, rejeté le surplus des conclusions des parties dans l’ensemble des instances.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 juin 2023, 5 décembre 2023, 27 mai 2024, et le 8 août 2024 (ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué), M. O... N... et Mme R... M..., représentés par Me Plateaux, demandent à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes en tant qu’il a rejeté leur demande enregistrée sous le n° 2005739, en tant qu’elle porte sur un cheminement doux à conserver au titre de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme dans le secteur de Penn Al Leurgueur, et a mis à leur charge une somme de 1 000 euros au titre des frais d’instance ;

2°) d’annuler la délibération du 28 février 2020 du conseil communautaire du Pays de Landerneau Daoulas approuvant son plan local d’urbanisme intercommunal en tant qu’elle identifie un cheminement doux à conserver au titre de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme dans le secteur de Penn Al Leurgueur ;

3°) de mettre à la charge de la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. N... et Mme M... soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- la décision contestée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation en tant qu’elle identifie un cheminement doux à protéger au titre de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme, sur un chemin privé leur appartenant ; le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas s’est cru à tort lié par le contenu du précédent document d’urbanisme applicable sur le territoire de la commune de Logonna-Daoulas ; la commune de Logonna Daoulas a entre-temps décidé de créer un autre tracé de cheminement n’empiétant pas sur leurs propriétés ;
- elle méconnaît l’autorité de la chose jugée par le juge judiciaire qui leur a reconnu, par un jugement du tribunal judiciaire de Brest du 30 septembre 2021, un droit de propriété sur la portion centrale du chemin litigieux ;
- elle méconnaît le droit au respect de leurs biens, garanti par l’article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le principe d’égalité, compte tenu du traitement dont a fait l’objet une propriétaire d’une parcelle sur la même commune se trouvant dans une situation similaire ;
- elle est incompatible avec le principe d’équilibre résultant du 1° de l’article L. 101-2 du code de l’urbanisme ;
- le rapport de présentation du plan local d’urbanisme intercommunal méconnait les dispositions de l’article L. 151-1 du code de l’urbanisme dès lors qu’il est insuffisant en ce qu’il ne justifie pas l’objectif de croissance démographique de l’intercommunalité et qu’il ne précise pas l’évaluation démographique de l’ensemble des communes de celle-ci et fait ainsi obstacle à un contrôle de compatibilité sur l’ensemble du territoire intercommunal.

Par un mémoire en défense et un nouveau mémoire, enregistrés le 9 novembre 2023 et le 28 juin 2024, la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et demande à la cour de mettre à la charge de M. N... et Mme M... le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. N... et Mme M... ne sont pas fondés, et que le moyen tiré de l’insuffisance du rapport de présentation est en outre irrecevable.

Par une ordonnance du 2 juillet 2024, la clôture de l’instruction a été fixée au 26 août 2024.

Un mémoire présenté pour M. N... et Mme M..., a été enregistré le 2 septembre 2024, postérieurement à la clôture de l’instruction, et n’a pas été communiqué.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ensemble le protocole additionnel n° 1 à cette convention ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Hannoyer,
- les conclusions de Mme Ody, rapporteure publique,
- et les observations de Me Jamot, substituant Me Plateaux, représentant M. N... et Mme M..., et celles de Me Maccario, substituant la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur.

Une note en délibéré, présentée pour M. N... et Mme M..., a été enregistrée le 14 novembre 2025.


Considérant ce qui suit :

Le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas, devenue communauté d’agglomération en 2022, a approuvé son plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) par une délibération du 28 février 2020. Par un jugement n°s 2002466, 2002715, 2003092, 2003192, 2003210, 2003221, 2005739 et 2101858 du 2 mai 2023, joignant ces huit instances, le tribunal administratif de Rennes a, en son article 1er, donné acte à M. H... du désistement de son instance n° 2003210 ; en son article 2, rejeté les requêtes nos 2002466, 2002715, 2003092, 2003192 et 2005739 ; en son article 3, annulé la délibération du 28 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas a approuvé son PLUi en tant seulement que ce plan prévoit un emplacement réservé n° 16 sur la parcelle cadastrée section AH n° 452 à Landerneau ; en son article 4, annulé la décision implicite rejetant la demande de M. D... du 19 décembre 2020 tendant à l’abrogation partielle de la délibération du 28 février 2020 approuvant le PLUi de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas ; en son article 5, enjoint au président du conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas d’inscrire à l’ordre du jour du conseil communautaire la question de l’abrogation de la délibération du 28 février 2020 approuvant le PLUi en tant que ce plan n’identifie pas, au titre de l’article L. 121-27 du code de l’urbanisme, l’ensemble cohérent des boisements les plus significatifs de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas situés sur l’île de Tibidy à l’Hôpital-Camfrout, dans un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement ; en ses articles 6 à 12 réglé les demandes présentées au titre des frais d’instance ; en son article 13, rejeté le surplus des conclusions des parties dans l’ensemble des instances.

Par la présente requête, M. O... N... et Mme R... M... relèvent appel de ce jugement du 2 mai 2023 du tribunal administratif de Rennes en tant qu’il a rejeté leur demande enregistrée sous le n° 2005739 en tant qu’elle porte sur un cheminement doux à conserver au titre de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme dans le secteur de Penn Al Leurgueur et mis à leur charge une somme de 1 000 euros au titre des frais d’instance.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme : « Le règlement peut préciser le tracé et les caractéristiques des voies de circulation à conserver, à modifier ou à créer, y compris les rues ou sentiers piétonniers et les itinéraires cyclables, les voies et espaces réservés au transport public. (…) ». Il résulte de ces dispositions, qui sont indifférentes au statut et à la propriété des voies, qu’il est loisible aux auteurs du plan local d’urbanisme d’identifier des voies de circulation à conserver, en particulier des cheminements piétons, afin de répondre aux besoins de la commune en matière de mobilité. Il n’appartient pas au juge administratif d’apprécier l’opportunité du tracé choisi par rapport à d’autres tracés possibles.

Le règlement graphique identifie, sur l’unité foncière appartenant à M. N... et Mme M... à Logonna-Daoulas, composée des parcelles cadastrées section BH nos 57, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 67, 68, 69 et 70, un « cheminement doux ou circuit balisé à conserver ou à créer ». Alors même qu’il n’existerait pas de chemin entretenu à l’emplacement du cheminement doux identifié par le règlement graphique, l’identification litigieuse par le règlement graphique porte non seulement sur les cheminements existants mais également sur ceux « à créer », ainsi que le permet l’article L. 151-38 du code de l’urbanisme précité. Une telle liaison douce, prévue au sein d’une vaste unité foncière arborée, répond au parti retenu par les auteurs du PLUi, relevé dans le rapport de présentation, de « favoriser les mobilités douces et l’attractivité du territoire » par l’identification de chemins, itinéraires de randonnées et itinéraires cyclables à préserver et à créer au titre de cet article. Elle répond également à l’orientation du projet d’aménagement et de développement durables, en vue de « consolider le maillage territorial des services à la population » et de « structurer les mobilités douces sur l’ensemble du territoire ». La circonstance que le chemin en litige appartienne aux requérants qui en auraient interdit la circulation au public n’est pas de nature à faire obstacle à l’identification du cheminement doux contesté, eu égard à ce qui a été dit au point précédent. Enfin, la circonstance, au demeurant postérieure à la décision contestée, que la commune de Logonna Daoulas aurait décidé de créer un autre tracé de cheminement contournant leurs parcelles, n’est pas davantage de nature à faire obstacle à l’identification du cheminement doux contesté. Par suite, M. N... et Mme M... ne sont pas fondés à soutenir que cette identification serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Il ne ressort par ailleurs d’aucune pièce du dossier que le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas se serait cru lié par l’identification d’une liaison douce existante à conserver par le règlement du plan local d’urbanisme de la commune de Logonna-Daoulas antérieurement applicable.

En deuxième lieu, si M. N... et Mme M... soutiennent que la décision contestée méconnaît l’autorité de la chose jugée par un jugement du tribunal judiciaire de Brest du 30 septembre 2021, qui reconnaît leur droit de propriété sur la portion centrale du chemin litigieux, il résulte toutefois de ce qui a été dit aux points 3 et 4 que ce moyen doit être écarté comme inopérant.

En troisième lieu, aux termes de l’article 1er du premier protocole additionnel à la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les États de mettre en vigueur les lois qu’ils jugent nécessaires pour réglementer l’usage des biens conformément à l’intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d’autres contributions ou des amendes ». Les contraintes liées à l’existence d’un cheminement doux sont prévues par la loi et répondent à un but d’intérêt général. Dans ces conditions, la délibération contestée n’a pas porté au droit de M. N... et Mme M... au respect de leurs biens une atteinte prohibée par l’article 1er du premier protocole additionnel à la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

En quatrième lieu, si M. N... et Mme M... soutiennent que la décision contestée méconnaîtrait le principe d’égalité de traitement dès lors qu’ils n’auraient pas bénéficié du même traitement que des propriétaires de parcelles situées sur la même commune, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ces parcelles se trouveraient dans une situation identique aux leurs, alors par ailleurs que, comme il a été dit au point 4, l’identification du cheminement litigieux n’est entachée d’aucune erreur manifeste d’appréciation.

En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 151-1 du code de l’urbanisme : « Le plan local d’urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. (…) ». Aux termes de l’article L. 101-2 du même code : « Dans le respect des objectifs du développement durable, l’action des collectivités publiques en matière d’urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L’équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé (…) ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; (…) ».

En application de la décision n° 2000-436 DC du Conseil constitutionnel du 7 décembre 2000, les dispositions des articles L. 151-1 et L. 101-2 du code de l’urbanisme n’imposent aux auteurs des plans locaux d’urbanisme que d’y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu’elles énoncent. Par suite, le juge administratif exerce un contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions de l’article L. 101-2 du code de l’urbanisme.

Le rapport de présentation du PLUi, ainsi que les données démographiques récentes, permettent de justifier l’objectif d’accueil de 6 000 à 7 000 habitants supplémentaires à l’horizon 2040 sur l’ensemble de la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas, correspondant à une croissance démographique annuelle de 0,6 à 0,7 %, et de la construction, en conséquence, d’une moyenne de trois cents logements par année. Les objectifs de croissance démographique définis par la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas et par suite les objectifs retenus en matière de construction de logements et de consommation foncière, apparaissent, à la date de la délibération contestée, compatibles avec les besoins réels de la collectivité en matière de logement, de maîtrise du développement urbain et d’une utilisation économe des espaces naturels. Dans ces conditions, le PLUi contesté doit être regardé comme compatible avec le principe d’équilibre résultant du 1° de l’article L. 101-2 du code de l’urbanisme.

En sixième et dernier lieu, M. N... et Mme M..., qui n’ont soulevé dans leur requête enregistrée le 30 juin 2023, ainsi au demeurant que dans leur premier mémoire complémentaire du 5 décembre 2023, que des moyens de légalité interne, ont invoqué dans leur deuxième mémoire complémentaire, enregistré le 27 mai 2024, un moyen de légalité externe à l’encontre de la décision contestée, tiré de l’insuffisance du rapport de présentation du PLUi. Comme le soutient la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas, ce moyen, fondé sur une cause juridique distincte de celui invoqué dans leur requête, n’a été présenté qu’après l’expiration du délai d’appel. Il est, par suite, irrecevable.

Il résulte de tout ce qui précède que M. N... et Mme M... ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté leur demande.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement aux requérants de la somme qu’ils demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. N... et Mme M... le versement à la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas d’une somme de 1 500 euros au titre des mêmes frais.


DÉCIDE :


Article 1er : La requête de M. N... et Mme M... est rejetée.

Article 2 : M. N... et Mme M... verseront à la communauté d’agglomération du Pays de Landerneau Daoulas la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.










Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. G... N... et Mme R... M..., et à la communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas.


Délibéré après l’audience du 6 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Rimeu, présidente de chambre,
- Mme Dubost, première conseillère,
- M. Hannoyer, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2025.


Le rapporteur,

R. HANNOYER
La présidente,

S. RIMEU
Le greffier,

C. GOY






La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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