LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-23NT02360

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-23NT02360

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-23NT02360
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par un mémoire distinct, enregistré le 20 juin 2024, la SAS 2CED, représentée par

Me Tailfer, demande à la cour, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du

7 novembre 1958 et à l'appui de sa requête tendant à l'annulation du jugement n° 2000969 du

9 juin 2023 du tribunal administratif de Nantes, de transmettre au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l'article 21 de la loi n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier au regard des droits et libertés.

Elle soutient que :

- le tribunal administratif a considéré que le rejet d'une réclamation n'étant ni un rehaussement d'imposition ni un redressement, elle ne pouvait pas bénéficier de la garantie de l'article L.80 A du livre des procédures fiscales pour invoquer l'application des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des finances publiques - Impôts le 2 mars 2016 sous la référence BOI-BIC-RICI-10-10-45-10 sur les conditions d'éligibilité au crédit d'impôt innovation ;

- la question prioritaire de constitutionnalité porte sur les dispositions de l'article 21 de la loi n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier, codifiées à l'article L 80 A du livre des procédures fiscales et qui définit les modalités dans lesquelles un contribuable peut se prévaloir de l'application de la doctrine administrative ;

- dans la mesure où les sociétés en situation de déficit ne disposent d'aucun autre moyen que de procéder par voie de réclamation pour bénéficier des dispositions et obtenir le remboursement de leur crédit d'impôt innovation, ce n'est qu'au stade de la réclamation qu'elles peuvent, pour la première fois, invoquer la doctrine administrative ; or, l'article 21 de la loi

n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier prévoit que la doctrine administrative ne peut être invoquée par les contribuables que lorsque l'administration a, au préalable, engagé à l'égard des impositions en cause une procédure de rectification ou d'imposition d'office. Dès lors ces dispositions privent, dans le cadre des dispositions propres au crédit d'impôt, toute une partie des contribuables de cette garantie ;

- une société en situation de déficit qui ne peut agir que par réclamation et qui est considérée comme n'ayant pu se prévaloir de la doctrine administrative qu'au moment de cette réclamation, ne se trouvera jamais dans une situation de procédure de rectification préalable et ne pourra jamais bénéficier des garanties prévues à l'article L 80 A alinéa 3 du livre des procédures fiscales ;

- le fait de réserver la garantie de l'article L.80 A du livre des procédures fiscales aux contribuables faisant l'objet d'un rehaussement d'imposition ou d'un redressement reviendrait, en matière de crédit d'impôt innovation prévu par l'article 244 quater B II k) du code général des impôts, à priver toutes les sociétés en situation de déficit d'une telle garantie créant ainsi entre les sociétés déficitaires et les sociétés bénéficiaires une rupture d'égalité caractérisée ;

- les dispositions de l'article 21 de la loi n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier doivent donc être regardées comme étant contraires à l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Par un mémoire en réponse enregistré le 18 juillet 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut à ce qu'il n'y a pas lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la SAS 2CED.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule et son article 61-1 ;

- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte des dispositions combinées des premiers alinéas des articles 23-1 et 23-2 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel que la cour administrative d'appel, saisie d'un moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, présenté dans un écrit distinct et motivé, statue sans délai par une décision motivée sur la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat et procède à cette transmission si est remplie la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances, et que la question ne soit pas dépourvue de caractère sérieux. En vertu de l'article R. 771-5 du code de justice administrative : " Sauf s'il apparaît de façon certaine, au vu du mémoire distinct, qu'il n'y a pas lieu de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité, notification de ce mémoire est faite aux autres parties. () ". Enfin, l'article R. 771-7 du même code dispose que : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance, statuer sur la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité. ".

2. Aux termes de l'article 21 de la loi n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier codifié à l'article L. 80 A du Livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. ()".

3. Par une décision du 19 novembre 2019, l'administration a rejeté la demande de remboursement de crédit d'impôt innovation (CII) présentée le 10 mai 2019 par la SAS 2CED sur le fondement de l'article 199 ter B du code général des impôts.

4. La société par actions simplifiée 2CED qui a entendu, à l'occasion de sa demande de remboursement du crédit d'impôt innovation, se prévaloir sur le terrain de l'article

L. 80 A du livre des procédures fiscales de la doctrine administrative BOI-BIC-RICI-10-10-45-10 interprétant les dispositions l'article 244 quater B II k) du code général des impôts, soutient que l'article 21 de la loi n° 70-601 du 9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier codifié au troisième alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales rappelé au point 2 porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit et notamment à l'article 6 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.

5. Aux termes de l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : " La loi () doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse ".

Le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que, dans l'un et l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit.

6. Une demande de remboursement de crédit d'impôt innovation telle que celle présentée à l'administration le 10 mai 2019 par la SAS 2CED en application de l'article 199 ter B du code général des impôts constitue une réclamation contentieuse au sens de l'article L. 190 du Livre des procédures fiscales. La décision de l'administration du 19 novembre 2019 refusant de rembourser un crédit d'impôt à la société SAS 2CED ne constitue, par suite, ni un rehaussement d'imposition ni un redressement.

7. Le droit que reconnaît les dispositions de l'article L. 80 A au contribuable, de se prévaloir, à l'encontre de l'administration, de l'interprétation donnée par celle-ci d'un texte fiscal, a pour seul objet de permettre au contribuable de contester le bien-fondé d'une imposition à l'établissement de laquelle l'administration a procédé en faisant usage de ses pouvoirs de contrôle et de reprise. Ainsi, la protection qu'organise l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales pour les entreprises faisant l'objet d'un contrôle et d'un rehaussement, n'a pas lieu de s'appliquer à des entreprises ayant déposé une réclamation, qui sont dans une situation différente.

8. Par ailleurs, contrairement à ce qu'indique la SAS 2CED, le fait pour une société d'être en situation de déficit n'est aucunement incompatible avec l'engagement d'une procédure de contrôle fiscal et le prononcé subséquent de rehaussements d'imposition qui prennent alors la forme d'une réduction de déficit. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, les dispositions critiquées du troisième alinéa de l'article L. 80 A du LPF n'ont ni pour objet ni pour effet d'instituer une différence de traitement entre les sociétés selon qu'elles sont bénéficiaires ou déficitaires.

9. Il suit de ce qui vient d'être dit que la question de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit de l'article 21 de la loi n° 70-601 du

9 juillet 1970 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier dont les dispositions ont été codifiées à l'article L. 80 A du Livre des procédures fiscales est dépourvue de caractère sérieux au sens de l'article 23-2 de l'ordonnance du 7 novembre 1958.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la SAS 2CED, qui ne remplit pas les conditions énoncées au point 1, ne peut qu'être rejetée. Il n'y a, par suite, pas lieu de la transmettre au Conseil d'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la SAS 2CED.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS 2CED et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.

Fait à Nantes, le 26 juillet 2024.

Le président de la 1ère chambre

G. Quillévéré

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°23NT02360

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions