jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-23NT02552 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E B et Mme F B ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre les décisions du 29 décembre 2022 des autorités consulaires françaises à Bamako (Mali) refusant de délivrer à leurs enfants mineurs D B et A B des visas de long séjour.
Par une ordonnance n° 2305507 du 11 juillet 2023, la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
I - Par une requête enregistrée sous le n°23NT02552 le 2 août 2023, M. E B et Mme F B, doivent être regardés comme demandant à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 11 juillet 2023 de la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Nantes ;
2°) d'annuler la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.
II - Par une requête, enregistrée le 27 février 2024 sous le n° 24NT00616, Mme F B, représentée par Me Hategekimana, doit être regardé comme demandant à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 11 juillet 2023 de la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Nantes ;
2°) d'annuler la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;
3°) d'ordonner à titre principal la délivrance les visas sollicités pour les deux enfants mineurs D B et A B et à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme F B a été rejetée par une décision du 13 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 23NT02552 et 24NT00616 présentées respectivement par M. et Mme B et par Mme B sont dirigées contre la même ordonnance et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une même ordonnance.
2. Aux termes de l'article R.222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () 4°) Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article".
3. Aux termes de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre chargé de l'immigration est chargée d'examiner les recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. La saisine de cette commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux à peine d'irrecevabilité de ce dernier ". Aux termes de l'article D.312-4 du même code : " Les recours devant la commission mentionnée à l'article D.312-3 doivent être formés dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de refus de visa () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
4. Il ressort des pièces de la procédure que la notification des décisions de refus de délivrance d'un visa long séjour du 22 novembre 2022 aux jeunes D B et A B comportait la mention des voies et délais de recours ouverts à leur encontre, en particulier la présentation du recours devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. La demande de première instance ne comportait pas de copie de la décision de la commission de recours, ni la preuve de dépôt de ce recours. Par ailleurs, par un courrier en date du 26 avril 2023, dont ils ont été avisés, M. et Mme B ont été invités à régulariser leur requête en communiquant la décision de la commission de recours ou, en cas d'absence de réponse de cette dernière, la copie du recours administratif préalable obligatoire ainsi que la preuve de dépôt dudit recours. Les intéressés ont été informés qu'à défaut de régularisation dans ce délai, leur demande pourrait être rejetée pour irrecevabilité manifeste. Il est constant que ce courrier est resté sans réponse, de sorte que M. et Mme B n'ont pas régularisé leur demande devant le tribunal. Si M. et Mme B produisent pour la première fois en appel la copie de leur recours formé devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ainsi que preuve du dépôt de ce recours, cette production n'est pas de nature à régulariser la demande de première instance.
4. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance du 11 juillet 2023 attaquée, la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande comme manifestement irrecevable. Leurs requêtes d'appel ne peuvent, par suite, qu'être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 23NT02552 de M . et Mme B et n° 24NT00616 de Mme B sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E B et Mme F C épouse B.
Copie en sera délivrée, pour information, au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 7 novembre 2024
Le président de la 5ème chambre
Sébastien DEGOMMIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 23NT02552, 24NT00616
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026