vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-23NT03047 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler la décision du 1er mars 2021 par laquelle le sous-préfet de Fougères-Vitré a rejeté sa demande tendant au transfert dans son actif immobilier de l'étang Champlion, situé sur la commune de Saint-Sauveur-des-Landes, appartenant à l'association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique " La Gaule Fougeraise ".
Par un jugement n° 2102216 du 18 septembre 2023, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2023, la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique, représentée par Me Matel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 18 septembre 2023 ;
2°) d'annuler la décision du 1er mars 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa demande de transfert d'actif ainsi que le prévoit l'article 2 de son arrêté du 16 juillet 2020 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
- le retrait de l'agrément de l'association " La Gaule Fougeraise " implique automatiquement que ses biens immobiliers, et notamment la parcelle cadastrée YT n° 162 située sur la commune de Saint-Sauveur-des-Landes, lui soient transférés ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il incombe au préfet de faire usage de ses pouvoirs de police en vertu du décret n° 2004-374 et des articles L. 434-3 et L. 434-5 du code de l'environnement ; il est tenu de mettre en œuvre le transfert d'actif immobilier prévu à l'article 2 de son arrêté du 16 juillet 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- la loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- l'arrêté du 16 janvier 2013 de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie fixant les conditions d'agrément et les statuts types des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gélard,
- les conclusions de M. Catroux, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique, établissement privé d'utilité publique, regroupe les 25 associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques du département. Elle a pour objet le développement durable de la pêche " amateur " en eau douce et la protection des milieux aquatiques. Elle est notamment chargée de reverser à l'agence de l'eau, la redevance pour la protection des milieux aquatiques instituée par la loi du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques, dont le montant est inclus dans le prix de vente de la carte de pêche acquitté par les particuliers qui pratiquent la pêche auprès des associations locales. La fédération départementale est en outre chargée de collecter la cotisation " pêche et milieu aquatique ", également acquittée par les pêcheurs " amateurs ", et d'en reverser une part à la fédération nationale, l'autre part lui servant notamment à soutenir financièrement les projets des associations locales. Au cours de l'année 2019, si l'association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique " La Gaule Fougeraise " a perçu auprès de ses adhérents les produits de la vente de cartes de pêche, elle n'a, en revanche, reversé aucune contribution à la fédération départementale d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique et a utilisé ces fonds à d'autres fins. Afin de remédier à ces dysfonctionnements, une convention a été conclue le 25 janvier 2020, entre la fédération départementale et l'association, laquelle n'a toutefois pas été en capacité d'honorer ses engagements. La préfète d'Ille-et-Vilaine, saisie par la fédération départementale de pêche, a constaté que l'association " la Gaule Fougeraise " ne respectait plus les conditions requises pour bénéficier d'un agréement. Par un arrêté du 16 juillet 2020, elle a procédé au retrait de l'agrément dont elle bénéficiait. L'article 2 de cet arrêté dispose que : " Conformément à l'article 40 des statuts de l'association, l'actif immobilier subventionné par l'Etat, la fédération nationale ou la fédération départementale, sera remis à la fédération départementale ". Par un courrier du 7 décembre 2020, la fédération départementale de pêche a demandé aux services de l'Etat la mise en œuvre de ces dispositions et sollicité le transfert dans son patrimoine de l'étang Champlion, situé sur la commune de Saint-Sauveur-des-Landes, appartenant à l'association " La Gaule Fougeraise ", et dont les travaux d'aménagement réalisés entre 2001 et 2006 avaient été subventionnés par le conseil supérieur de la pêche. La fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique relève appel du jugement du 18 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la réponse que lui a adressée le 1er mars 2021 le sous-préfet de Fougères-Vitré. Elle demande en outre à la cour d'enjoindre aux services de l'Etat de procéder au transfert de propriété litigieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 1er mars 2021 et d'injonction :
2. Aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 16 janvier 2013 de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie fixant les conditions d'agrément et les statuts types des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques : " Le retrait d'agrément est prononcé par le préfet, après avis de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique, dès, notamment, que l'une des conditions d'agrément prévues au présent arrêté n'est plus remplie ou que l'une des clauses statutaires exigées n'est pas observée. ". Si l'article 40 des statuts types des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique, en sa rédaction alors en vigueur, prévoit que : " En cas de () retrait d'agrément de l'association, l'actif immobilier subventionné par l'Etat, la Fédération nationale ou la fédération départementale est remis à la fédération départementale. ", ni ces statuts-types, ni l'arrêté du 16 janvier 2013, ne définissent les modalités de ces transferts de propriété entre deux personnes privées et n'attribuent aucune compétence aux représentants de l'Etat en ce domaine. Le préfet ne tient pas davantage des dispositions du code de l'environnement, et notamment du chapitre IV relatif à l'organisation des pêcheurs en eau douce du titre III du livre IV du code de l'environnement, ni de ses pouvoirs de police générale rappelés par le décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements, la faculté d'intervenir dans les relations contractuelles entre la fédération départementale et les associations locales de pêche. Il s'ensuit, qu'après avoir indiqué que la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) Bretagne avait, à la demande de la commune, opposé son droit de préemption dans l'hypothèse où l'association céderait l'étang Champlion à un particulier, le sous-préfet de Fougères-Vitré ne pouvait qu'encourager la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique à accompagner la création d'une association de pêche agréée. Il ne disposait, en revanche, d'aucune compétence pour procéder au transfert de propriété entre ces deux personnes de droit privé ainsi que la fédération le lui demandait. Par suite, les moyens tirés de ce que le représentant de l'Etat aurait méconnu l'étendue de ses pouvoirs et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
3. Il résulte de tout ce qui précède, que la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, lequel est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique de la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la fédération d'Ille-et-Vilaine pour la pêche et la protection du milieu aquatique et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Une copie en sera adressée pour information au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Brisson, présidente de chambre,
- M. Vergne, président-assesseur,
- Mme Gélard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 novembre 2024.
La rapporteure,
V. GELARDLa présidente,
C. BRISSON
Le greffier,
Y MARQUIS
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23NT03047
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026