vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-23NT03655 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme H B F et M. E D A, agissant tant en leurs noms personnels qu'en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs G et C E D ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 27 octobre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours formé contre la décision du 24 mai 2022 des autorités consulaires françaises à Djibouti ayant refusé de délivrer à Mme H B F, G E D et C E D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale.
Par jugement n° 2216786 du 10 octobre 2023, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 27 octobre 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en tant qu'elle a refusé de délivrer à Mme B F un visa de long séjour au titre de la réunification familiale, a enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer à Mme B F le visa sollicité dans un délai de deux mois, a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, M. E D A, représenté par Me Saligari, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 10 octobre 2023 du tribunal administratif de Nantes en tant qu'il a rejeté le surplus des conclusions de la demande ;
2°) d'annuler la décision du 27 octobre 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ayant refusé à G E D et C E D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer un visa à G E D et C E D dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme G E D et M. C E D de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le lien de filiation avec ses enfants G et C est établi ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. E D A, réfugié somalien, relève appel du jugement du 10 octobre 2023 en tant que, par ce jugement, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la demande tendant à l'annulation de la décision du 27 octobre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du
24 mai 2022 des autorités consulaires françaises à Djibouti ayant refusé de délivrer aux enfants G E D et C E D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale.
3. En premier lieu, il ressort des termes de la décision du 27 octobre 2022 de la commission de recours qu'elle mentionne les textes dont elle fait application et précise d'une part que les déclarations de M. D A conduisent à conclure à une tentative frauduleuse pour obtenir la délivrance de visas en faveur des enfants G et C E D et, d'autre part, de l'absence de production de pièces probantes susceptibles de justifier d'une possession d'état et permettant d'établir l'identité et leur lien familial avec le réunifiant. Cette décision comporte ainsi l'énoncé suffisant des éléments de droit et de fait qui la fondent et, par suite, est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale () 3° Par les enfants non mariés du couple, âgés au plus de dix-neuf ans. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. " Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. " Aux termes de l'article L. 561-5 dudit code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ". La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial d'un conjoint ou des enfants d'un réfugié ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs le défaut de valeur probante des documents destinés à établir la réalité du lien de filiation produits à l'appui des demandes de visa.
5. M. D A fait valoir qu'il a produit les actes d'état civil des jeunes G et C et que le lien de filiation est également établi par possession d'état. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. D A a indiqué de manière constante lors de son entretien à l'OFPRA, puis devant la CNDA que " ses deux enfants ainés, dont l'enfant G, étaient décédés dans un attentat ", tandis que l'enfant C a déclaré lors du dépôt de sa demande de visa que Mme B F, l'épouse de M. D A, était sa grand-mère. En outre le passeport de C mentionne un enfant de sexe masculin alors que le réunifiant a indiqué qu'il s'agissait d'une fille. Pour expliquer ces incohérences, M. D A se borne à indiquer que la mention du fait que C est de sexe féminin résulte d'une erreur matérielle et qu'il a appris tardivement que G a survécu à l'attentat. Ces assertions sont dépourvues de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors que M. D A a répété de manière constante, devant l'OFPRA puis devant la CNDA, que ses deux enfants aînés, dont G, sont décédés dans un attentat. Par ailleurs, ainsi que l'ont indiqué les premiers juges, le lien de filiation ne peut être regardé comme établi par possession d'état, compte tenu des incohérences précitées et des justificatifs qui se limitent à cinq versements d'argent sur une courte période. Dans ces conditions, la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ayant refusé de délivrer aux enfants G E D et C E D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation.
6. En troisième lieu, M. D A reprend devant la cour les moyens soulevés en première instance, tirés de ce que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et celle du paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus par les premiers juges au points 9 du jugement attaqué.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. E D A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris en ce qu'elle comporte des conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. D A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D A.
Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 19 avril 2024.
Le président de la 5e chambre
S. DEGOMMIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026