LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-24NT00099

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-24NT00099

mardi 16 décembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-24NT00099
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Procédure contentieuse antérieure :


M. D... A... F..., Mme C... A... et Mme B... F... ont demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté leur recours formé le 18 avril 2023 contre la décision implicite de l’autorité consulaire française à Islamabad (Pakistan) refusant de leur délivrer des visas de long séjour en vue de solliciter l’asile.


Par un jugement n° 2308937 du 19 décembre 2023, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande.



Procédure devant la cour :


Par une requête enregistrée le 12 janvier2024, M. F..., Mme A... et Mme F..., représentés par Me Guilbaud, demandent à la cour :


1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Nantes du 19 décembre 2023 ;

2°) d’annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté leur recours formé le 18 avril 2023 contre la décision implicite de l’autorité consulaire française à Islamabad (Pakistan) refusant de leur délivrer des visas de long séjour en vue de solliciter l’asile;

3°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation dans les mêmes conditions ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil dans les conditions fixées à l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision en litige est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et méconnait les pièces du dossier :
* leur présence légale au Tadjikistan est uniquement possible grâce au soutien de l’employeur de Mme F..., mais elle est limitée dans le temps ;
* depuis le mois de septembre 2023, Mme F... et ses parents ne bénéficient plus du soutien matériel de l’Asian Bank of Development et leur situation financière est critique ;
* ils disposent de visas qui arriveront à expiration en janvier 2024 au Tadjikistan mais n’auront ensuite aucune possibilité de faire renouveler ces visas ;
* ils craignent un éloignement forcé du Tadjikistan à compter du 17 janvier 2024, date d’expiration de leurs visas ;
* ils sont éligibles au statut de réfugié ;
* M. E..., gendre des requérants, est réfugié en France et titulaire du titre de reconnaissance de la nation et d’une carte d’ancien combattant de l’armée française.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.


M. F... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 8 aout 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Pons,
- les observations de Me Dahani, substituant Me Guilbaud, pour les requérants.


Considérant ce qui suit :

1. M. F..., Mme A... et leur fille majeure, Mme F..., ressortissants afghans, ont déposé des demandes de visas auprès des autorités consulaires françaises à Islamabad en vue de solliciter l’asile en France. La décision implicite par laquelle les autorités consulaires françaises ont rejeté ces demandes a fait l’objet, le 18 avril 2023, d’un recours devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France. Les requérants ont demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler cette décision implicite, à laquelle s’est substituée une décision expresse du 22 juin 2023, de la commission rejetant leur recours. Par leur présente requête, les requérants demandent à la cour l’annulation du jugement du 19 décembre 2023 du tribunal administratif de Nantes ayant rejeté leur demande tendant à l’annulation de cette décision du 22 juin 2023.


2. En premier lieu, et d’une part, aux termes du quatrième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère celui de la Constitution du 4 octobre 1958 : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Si le droit constitutionnel d’asile a pour corollaire le droit de solliciter en France la qualité de réfugié, les garanties attachées à ce droit reconnu aux étrangers se trouvant sur le territoire de la République n’emportent pas de droit à la délivrance d’un visa en vue de déposer une demande d’asile en France ou pour y demander le bénéfice de la protection subsidiaire prévue à l’article L. 512-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

3. Dans les cas où l’administration peut légalement disposer d’un large pouvoir d’appréciation pour prendre une mesure au bénéfice de laquelle l’intéressé ne peut faire valoir aucun droit, il est loisible à l’autorité compétente de définir des orientations générales pour l’octroi de ce type de mesures. Tel est le cas s'agissant des visas que les autorités françaises peuvent décider de délivrer afin d'admettre un étranger en France au titre de l'asile. Si un demandeur de visa ne peut se prévaloir de telles orientations à l’appui d’un recours pour excès de pouvoir formé contre une décision refusant de lui délivrer un visa de long séjour en vue de déposer une demande d’asile en France, il peut soutenir que cette décision, compte tenu de l’ensemble des éléments de sa situation personnelle, serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

4. Il ressort des termes de la décision attaquée du 22 juin 2023 que, pour rejeter leur recours, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France s’est fondée, en droit, sur les articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et en particulier sur l’article L. 311-1, et sur le fait que l’éventuelle délivrance de visas en vue de déposer une demande d’asile en France relève de mesures de faveur liées à la spécificité de la situation personnelle des demandeurs dans le cadre d’orientations générales arrêtées par les autorités françaises, et que, en l’espèce, l’examen du recours, en l’état du dossier, n’a pas fait apparaître que leur situation entrait dans ce cadre.

5. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont quitté l’Afghanistan et ont rejoint le Pakistan puis le Tadjikistan, où ils résident depuis lors sous couvert de visas de court séjour à entrées multiples. Ils soutiennent avoir quitté l’Afghanistan en raison notamment des menaces reçues de la part des talibans contre leur famille dès lors que M. F... et Mme A... sont les beaux-parents de M. D... E..., ancien collaborateur de l’armée française en Afghanistan, auquel a été reconnu la qualité de réfugié en France.

6. Si les requérants soutiennent que leur présence légale au Tadjikistan est uniquement possible grâce au soutien de l’employeur de Mme F..., mais qu’elle est limitée dans le temps et que depuis le mois de septembre 2023, Mme F... et ses parents ne bénéficient plus du soutien matériel de l’Asian Bank of Development (ABD), que leur situation financière est critique et qu’ils disposent de visas qui arriveront à expiration en janvier 2024 au Tadjikistan mais n’auront ensuite aucune possibilité de faire renouveler ces visas, qu’ils craignent un éloignement forcé du Tadjikistan à compter du 17 janvier 2024, date d’expiration de leurs visas, ils n’apportent toutefois aucune précision ni aucun élément concret relatif à leur situation matérielle et personnelle au Tadjikistan, hormis une attestation de l’ABD du 18 mai 2023 qui indique que Mme F... travaille pour cette entreprise depuis le 22 aout 2017 et que son entreprise soutient les visas de travail délivrés par le Tadjikistan jusqu’au mois de septembre 2023. Cette attestation et les rapports très généraux produits ne saurait suffire à établir que les requérants seraient en situation irrégulière au Tadjikistan ou qu’ils feraient l’objet de persécutions dans ce pays. Par ailleurs, si les requérants allèguent que leurs visas de court séjour seraient expirés à compter du 17 janvier 2024, ils ne démontrent pas qu’ils auraient sollicité des titres de séjour ou que ces derniers leur auraient été refusés, ni qu’ils seraient exposés à un risque d’expulsion forcée vers l’Afghanistan. Enfin, la circonstance que la qualité de réfugié a été reconnue en France à M. D... E..., en raison de son activité passée de traducteur et d’interprète pour l’armée française en Afghanistan à compter de 2008, ne suffit pas à regarder les requérants comme se trouvant dans une situation justifiant, par une mesure de faveur, la délivrance des visas sollicités. Dans ces conditions, en refusant de délivrer les visas sollicités, la commission de recours n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l’annulation du jugement du tribunal administratif de Nantes du 19 décembre 2023. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées leurs conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.



DECIDE :



Article 1er : La requête de M. F..., Mme A... et Mme F... est rejetée.



Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D... A... F..., à Mme C... A..., à Mme B... F... et au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l'audience du 14 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Gaspon, président de chambre,
- M. Coiffet, président-assesseur,
- M. Pons, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 décembre 2025.


Le rapporteur,

F. PONS
Le président,

O. GASPON

La greffière,

E. HAUBOIS


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions