mardi 20 août 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT00118 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. F K, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentant légal des enfants mineurs, D, G et H, a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions du 18 janvier 2022 de l'autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) rejetant les demandes de visas d'entrée et de long séjour présentées pour D, G et H au titre de la réunification familiale.
Par jugement n° 2211086 du 31 mai 2023, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, M. K, représenté par Me Guilbaud, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 31 mai 2023 du tribunal administratif de Nantes ;
2°) d'annuler la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de donner instruction aux autorités consulaires françaises compétentes de procéder à la délivrance des visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes de visas à compter de la notification de l'arrêt à intervenir dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de M. K au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est entaché d'une omission de répondre aux moyens tirés de ce que les décisions attaquées sont entachées d'insuffisance de motivation et méconnaissent l'article L 232-4 du CRPA qui prévoit l'obligation de répondre à une demande d'énonciation des motifs adressée dans le délai légal ; le jugement a également omis de se prononcer sur le moyen tiré de l'erreur de droit affectant le motif de refus lié à la réunification familiale partielle ;
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que le refus ne pouvait être fondé uniquement sur la réunification partielle de la famille ;
- la même décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les documents d'état civil produits et la possession d'état établissent le lien de filiation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une décision n° 2023/008871 du 22 novembre 2023, le président de la section du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a rejeté sa demande d'aide juridictionnelle.
Par une ordonnance n°2400349 du 26 avril 2024, le président de la cour a rejeté le recours de M. K contre cette décision de rejet du 22 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations du public et de l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. F K, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentant légal des enfants mineurs, D, G et H , ressortissants sénégalais, relève appel du jugement du 31 mai 2023 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite née le 28 mars 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours formé contre les décisions du 18 janvier 2022 de l'autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) ayant refusé de délivrer à K D, K G et K H des visas de long séjour en qualité de membres de la famille d'un réfugié.
3. En premier lieu, il ressort des termes du jugement attaqué que le tribunal administratif a répondu, aux points 2 à 5, au moyen tiré du défaut de motivation de la décision de la commission de recours, en relevant notamment que ladite commission devait être regardée comme s'étant appropriée le motif des décisions consulaires. Le tribunal a également répondu, au point 8, au moyen tiré de l'erreur de droit entachant, selon M. K, le motif de refus de visa, le tribunal indiquant, après avoir cité les textes dont il a fait application, que la réunification familiale doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'une réunification partielle ne peut être autorisée à titre dérogatoire que si l'intérêt des enfants le justifie. Le jugement n'est donc entaché d'aucune omission à statuer. Par ailleurs, eu égard à l'office du juge d'appel, qui est appelé à statuer, d'une part, sur la régularité de la décision des premiers juges et, d'autre part, sur le litige qui a été porté devant eux, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché d'une erreur de droit, en ce qui concerne la réponse aux deux moyens précités, doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter, par adoption de motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 2 à 5 de son jugement du 31 mai 2023, le moyen, repris en appel, tiré de l'insuffisante motivation de la décision de la commission de recours, la réponse apportée par le tribunal étant suffisante et n'appelant pas d'autres précisions en appel.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. ()". Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables () ". Aux termes de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants ". Il résulte de ces dispositions que la réunification familiale doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'une réunification familiale partielle ne peut être autorisée à titre dérogatoire que si l'intérêt des enfants le justifie. L'intérêt des enfants doit s'apprécier au regard de l'ensemble des enfants mineurs du couple, qu'ils soient ou non concernés par la demande de regroupement. C'est au ressortissant étranger qu'il incombe d'établir que sa demande de réunification familiale partielle est faite dans l'intérêt des enfants.
7. Il ressort des pièces du dossier que, lors du dépôt de sa demande d'asile, M. K a déclaré s'être marié le 10 septembre 1988 à Boghel Fadoua (Mauritanie) avec Mme C K et être père E, né en 1997, majeur, de D, né le 1er septembre 2010, de G et H, nés le 24 octobre 2012 ainsi que de J, née le 13 mars 2015, et I, née le 26 novembre 2016, tous nés de cette union. Il est également établi et non contesté qu'à la date de la décision contestée, aucune démarche n'a été engagée en vue du dépôt d'une demande de visa pour les jeunes J et I. Pour justifier du caractère partiel de la réunification familiale, le requérant fait valoir que compte tenu de ses conditions d'hébergement en France, il entend solliciter prioritairement une réunification partielle pour D, G et H. Cette circonstance ne suffit pas à démontrer que l'intérêt supérieur des enfants J et I, âgées respectivement de sept et cinq ans à la date de la décision attaquée, et de D, G et H justifierait une demande de réunification familiale partielle. Si M. K fait valoir qu'il a engagé des démarches en vue de faire déposer des demandes de visas pour les jeunes J et I, en août 2022 et que des refus ont été opposés à ces demandes le 9 juin 2023, ces circonstances sont postérieures à la décision contestée et donc sans incidence sur sa légalité. Par suite, la commission de recours a fait une exacte application des dispositions citées aux point 5 et 6 en rejetant les demandes de visas de D, G et H K au motif tiré de la réunification familiale partielle et, ce faisant, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
8. En quatrième lieu, eu égard au motif de la décision contestée, la circonstance que l'identité et le lien familial entre M. K et les jeunes D, G et H K sont établis est sans incidence sur sa légalité. Le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
9. En dernier lieu, il y a lieu d'écarter, par adoption de motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. K, est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonctions et d'astreintes et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. K est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F K.
Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 20 août 2024.
Le président de la 5e chambre
S. DEGOMMIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026