vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT00294 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | rectif. erreur matérielle |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme Princesse B a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Par un jugement n° 2113208 du 19 octobre 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 23NT00177 du 30 janvier 2024, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par Mme B contre ce jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, Mme B, représentée
Me Le Roy, demande à la cour, sur le fondement de l'article R. 833-1 du code de justice administrative :
1°) de rectifier les erreurs matérielles affectant l'arrêt n° 23NT00177 de la cour en ce qu'il mentionne à son point 2 le nom de " M. A " et non celui de Mme B et que ce même arrêt indique à son point 4 " et suit une préparation au brevet d'études professionnelles métiers de la mode et industrie connexes " alors que Mme B, titulaire d'un CAP en qualité d'agent de propreté et d'hygiène, titulaire de trois promesses d'embauche dont il n'est pas fait mention dans l'arrêt, ne suit pas une formation de préparation au brevet d'études professionnelles " métier de la mode et de l'industrie ".
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nantes du 19 octobre 2022.
3°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 du préfet de la Loire-Atlantique ;
4°) d'enjoindre au préfet de Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 10 euros par jour de retard, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de réexamen de sa demande ;
5°) condamner le Préfet de la Loire-Atlantique à verser la somme de 1 200 € à
Me Le Roy au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-648.
Elle soutient que :
- les erreurs matérielles commises ont eu une influence sur l'arrêt de la cour ; la situation de Madame B n'a pas fait l'objet d'une appréciation personnelle dès lors qu'apparait le nom d'une autre personne qui est sans rapport avec la situation de la requérante ;
- les mentions erronées relatives au métier qu'elle exerce et à sa formation démontrent une absence de prise en compte de l'intégration professionnelle de la requérante qui a été en mesure de produire trois promesses d'embauche délivrées par deux entreprises différentes en lien direct avec le diplôme obtenu en France et démontrant tant la fixation de sa vie privée en France que les conditions d'existence en France que le bien-fondé quant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention salarié.
Par une décision du 10 avril 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à Mme B le bénéfice du maintien de plein droit de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative, notamment son article R. 833-1.
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : " 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ". Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision de Cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée ". Il résulte de ces dispositions que le recours en rectification d'erreur matérielle est ouvert, même sans texte, devant les juridictions qui statuent en dernier ressort et qu'il n'est recevable que lorsqu'une erreur matérielle, imputable à la juridiction, est susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire. Lorsque ces conditions de recevabilité ne sont manifestement pas remplies, le président de la formation de jugement peut rejeter un tel recours par ordonnance.
2. Il ressort de l'arrêt de la cour n° 23NT00177 du 30 janvier 2024 dont Mme B demande la rectification, que l'erreur qu'elle relève au point 2 de cet arrêt consistant en la mention du nom de " M. A " au lieu de celui de Mme B, présente un caractère purement matériel qui n'est pas susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire et dont il appartient à Mme B, si elle s'y croit fondée, de demander la rectification sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-11 du code de justice administrative. Par ailleurs, si a été mentionné à tort au point 4 de l'arrêt de la cour que
Mme B " suit une préparation au brevet d'études professionnelles métiers de la mode et industrie connexes " ", cette circonstance ainsi que celle tirée de ce que l'arrêt de la cour ne fait pas mention de trois promesses d'embauche produites en appel devant la cour par
Mme B, procèdent d'une critique de l'appréciation que la cour a portée sur la situation exposée par l'intéressée, au vu de l'ensemble des pièces et documents qui lui étaient soumis, et non d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, au sens des dispositions rappelées ci-dessus de l'article R. 833-1 du code de justice administrative. Il suit de là que la requête de Mme B présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 833-1 du code de justice administrative est manifestement infondée et que son recours en rectification d'erreur matérielle doit être rejeté en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en application des dispositions citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête en rectification d'erreur matérielle de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Princesse B.
Une copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 19 avril 2024.
Le président de la 1ère chambre,
de la Cour administrative d'appel de Nantes.
Guy QUILLÉVÉRÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 1
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