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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-24NT00492

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-24NT00492

mardi 15 avril 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-24NT00492
TypeDécision
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET COUDRAY CONSEIL & CONTENTIEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Rennes, d'abord, d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle la présidente de la communauté d'agglomération C a refusé de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) au titre de l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents avec rétroactivité de ses droits, ensuite, d'enjoindre, à titre principal, à cette collectivité de lui octroyer rétroactivement la NBI de 15, avec intérêt au taux légal, et à titre subsidiaire, de procéder à ce réexamen et de statuer à nouveau sur sa demande, le tout sous un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai, enfin, de mettre à la charge de la communauté d'agglomération C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2106143 du 29 décembre 2023, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 19 février 2024, M. A, représenté par Me Buors, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Rennes du 29 décembre 2023 ;

2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 du vice-président chargé des ressources humaines et de l'action sociale d'intérêt communautaire de C ;

3°) d'enjoindre la communauté d'agglomération C, de lui accorder le bénéfice de la NBI avec rétroactivité de ses droits ;

4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement attaqué, qui est insuffisamment motivé s'agissant de la réponse apportée aux moyens tiré de l'insuffisante motivation de la décision du 25 octobre 2021 et de l'erreur de droit commise, est entaché d'irrégularité ;

- la décision du 25 octobre 2021 est entachée d'une insuffisance de motivation en fait et en droit ;

- elle est également entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2025, la communauté d'agglomération C conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement à la collectivité de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire complémentaire a été enregistré le 24 mars 2025 pour M. A qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coiffet,

- les conclusions de Mme Bailleul, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rouxel, substituant Me Coudray, représentant la communauté d'agglomération C.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, responsable du service technique gestion patrimoniale et réglementaire au sein de la communauté d'agglomération C - Direction du patrimoine, de l'énergie et de la logistique - a, le 4 octobre 2021, demandé à bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) d'encadrement de proximité visée par l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale. Par une décision du 25 octobre 2021, le vice-président chargé des ressources humaines et de l'action sociale d'intérêt communautaire de C a rejeté sa demande.

2. M. A a, le 30 novembre 2021, saisi le tribunal administratif de Rennes d'une demande tendant à l'annulation de cette décision du 25 octobre 2021 et à ce qu'il soit enjoint, à titre principal, à la communauté d'agglomération C de lui octroyer la NBI de 15 points au titre de l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents avec rétroactivité de ses droits, avec intérêt au taux légal. M. A relève appel du jugement du 29 décembre 2023 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Le tribunal a respectivement aux points 3 et 4 puis aux points 5 et 6 du jugement attaqué répondu aux moyens tirés, d'une part, de l'insuffisante motivation de la décision du 25 octobre 2021 refusant le bénéfice de la NBI à M. A et, d'autre part, de l'erreur de droit dont cette décision serait entachée, en rappelant très précisément les dispositions du code des relations entre le public et l'administration et celles de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale et de son annexe listant les fonctions éligibles à la NBI. Les premiers juges qui se sont également référés au motif de refus opposé par son employeur à M. A et ont indiqué que les dispositions applicables à la situation de l'agent ne précisant pas les critères caractérisant la notion " d'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique ", l'autorité territoriale avait ainsi la possibilité de définir ces critères et pouvait, sans commettre d'erreur de droit, n'accorder cette NBI qu'aux " managers de proximité qui encadrent des adjoints techniques intervenant directement sur le terrain ", ont suffisamment motivé leur décision. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le jugement attaqué serait irrégulier faute d'être suffisamment motivé sur ces points.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

4. En premier lieu, M. A se borne à reprendre en appel les mêmes moyens que ceux présentés en première instance sans les assortir de précisions ou d'éléments complémentaires, il y a lieu, par suite, de les écarter en se fondant sur les mêmes motifs tirés, d'une part, de ce que la décision du 25 octobre 2021 lui refusant le bénéfice de la NBI qui précise les considérations de fait et les motifs de droit qui lui servent de fondement est suffisamment motivée et, d'autre part, qu'elle n'est pas entachée d'erreur de droit, l'autorité territoriale pouvant déterminer, dans le silence des textes, les critères susceptibles de permettre d'apprécier si la condition nécessaire de l'octroi de la NBI est remplie.

5. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 3 juillet 2006 : " Une nouvelle bonification indiciaire prise en compte pour le calcul de la retraite, est versée mensuellement aux fonctionnaires territoriaux exerçant une des fonctions figurant en annexe au présent décret ". Par ailleurs, selon le point 1.19 de l'annexe de ce décret, les agents chargés d'une fonction d'" encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents " sont, à ce titre, susceptibles de se voir attribuer une bonification de 15 points d'indice majoré. D'autre part, l'autorité territoriale à laquelle il appartient de déterminer les critères susceptibles de permettre d'apprécier si la condition nécessaire de l'octroi de la NBI relative aux contours et au contenu de l'activité éligible est remplie, a pu légalement estimer que la NBI en litige ne devait être accordée qu'aux " managers de proximité qui encadrent des adjoints techniques intervenant directement sur le terrain ", par opposition aux chefs de service encadrant des encadrants intermédiaires ou des agents ne travaillant pas directement sur le terrain.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est responsable du service gestion patrimoniale et réglementaire au sein de la communauté d'agglomération C - Direction du patrimoine, de l'énergie et de la logistique - s'il indique qu'il encadre directement cinq conducteurs de travaux, n'établit pas davantage en appel qu'en première instance qu'il encadrerait cinq adjoints techniques intervenant directement sur le terrain, condition nécessaire à l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire demandée. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande dirigée contre la décision du 25 octobre 2021 lui refusant le bénéfice de la NBI.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

8. Le présent arrêt qui rejette les conclusions dirigées contre la décision contestée du 25 octobre 2021 n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante les frais exposés par l'autre partie et non compris dans les dépens, il y a lieu de rejeter la demande présentée par M. A sur ce fondement.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté d'agglomération C.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Gaspon, président de chambre,

- M. Coiffet, président-assesseur,

- M. Pons, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 avril 2025.

Le rapporteur,

O. COIFFETLe président,

O. GASPON

La greffière,

I. PETTON

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°24NT0049

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