lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT01520 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ASSADOLLAHI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A D et Mme C B épouse D ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 22 mars 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours formé contre les décisions du 20 décembre 2022 de l'ambassade de France à Téhéran (République islamique d'Iran) refusant de leur délivrer des visas de court séjour.
Par un jugement n°2307644 du 29 avril 2024, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision de la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France, a enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer les visas de court séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement et a mis à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, le ministre de l'intérieur demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement, en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a commis une erreur d'appréciation en écartant le risque de détournement de l'objet du visa par les demandeurs ;
- la décision de la commission n'est pas entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les pièces versées par les demandeurs ne permettent pas d'apprécier leur volonté de quitter le territoire des Etats membres avant l'expiration des visas demandés ; ils n'établissement pas de manière probante disposer d'un emploi ni avoir leur résidence effective en Iran ;
- Ils ne justifient pas de leurs attaches familiales en Iran.
Vu :
- la requête n°24NT01519 enregistrée le 23 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a demandé l'annulation du jugement n° 2307644 du 29 avril 2024 du tribunal administratif de Nantes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 811-15 du code de justice administrative dispose que : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le ministre de l'intérieur à l'appui de sa requête, tels qu'ils sont mentionnés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation de ce jugement, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce dernier.
3. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'intérieur n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 29 avril 2024 du tribunal administratif de Nantes.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du ministre de l'intérieur est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. D et à Mme B épouse D.
Fait à Nantes, le 8 juillet 2024.
Le président de la 5e chambre
S. DEGOMMIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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