jeudi 20 mars 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT01981 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 8 février 2024 du préfet du Calvados portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Par un jugement no 2400664 du 31 mai 2024, le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, et un mémoire enregistré le 5 mars 2025, M. B, représenté par Me Cavelier, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 31 mai 2024 du tribunal administratif de Caen ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2024 du préfet du Calvados portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour d'un an ou de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de fait dès lors que les documents d'état civil qu'il a présentés sont authentiques ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-22 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 4 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant guinéen, relève appel du jugement du 31 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 février 2024 du préfet du Calvados portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; (). La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents ". L'article L. 811-2 du même code dispose que : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". L'article 47 du code civil précise que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ".
4. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Par ailleurs, il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.
5. Pour justifier de son identité et de son âge, M. B a produit, à l'appui de sa première demande de titre de séjour, un jugement supplétif valant acte de naissance en date du 22 mars 2019 du tribunal de première instance de Conakry III Mafanco ainsi qu'un extrait du registre de transcription du jugement supplétif en date du 3 avril 2019, ces deux actes portant le cachet attestant de leur légalisation le 12 avril 2019. Le préfet du Calvados a contesté la valeur probante de ces documents en présentant les éléments de non-conformité relevés le 10 août 2022 par la direction de la coopération internationale de sécurité. Néanmoins, après qu'il lui a été enjoint par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Caen de réexaminer sa demande, le préfet du Calvados a délivré à l'intéressé un titre de séjour valable du 23 novembre 2022 au 22 novembre 2023. Le 14 septembre 2023, à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. B a produit une nouvelle version du jugement supplétif et de l'extrait du registre de transcription du jugement supplétif, établis à la même date que les précédents, par les mêmes autorités, portant les mêmes numéros et revêtus du cachet attestant de leur légalisation le 12 avril 2019. Toutefois, il ressort de la comparaison de ces deux actes que le premier a été établi à la requête, présentée le 14 mars 2019, du père de l'intéressé, M. D B, alors que M. B a indiqué aux services de la préfecture au cours d'un entretien qui a eu lieu le 17 mai 2022 que son père était décédé en 2017, ce qu'il a confirmé dans le cadre de la première instance. La nouvelle version du jugement supplétif mentionne que celui-ci a été établi à la requête, également présentée le 14 mars 2019, de la mère du requérant, Mme C B, et indique que l'intéressé est le fils de " feu D B ". Le requérant soutient que les documents qu'il a présentés à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour lui ont été envoyés par sa mère et que n'étant pas parvenu depuis lors à la contacter, il n'est pas en mesure d'expliquer ces discordances. Dans ces conditions, eu égard à ces incohérences manifestes et non expliquées s'agissant de jugements supposés être établis aux mêmes dates et par les mêmes autorités, et même si M. B a produit une carte consulaire et un passeport, lesquels sont dépourvus de toute force probante pour l'application de l'article 47 du code civil dès lors qu'ils ne constituent pas des actes d'état civil, les documents d'état civil produits ne peuvent être regardés comme justifiant avec une force probante suffisante de l'état civil de M. B, tel qu'il avait été exposé dans sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, le préfet du Calvados a pu valablement estimer que le requérant ne justifiait ni de son état civil ni de son âge, et refuser de lui délivrer, pour ce seul motif, le titre de séjour sollicité sur les fondements des articles L. 423-22 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B n'est présent sur le territoire français que depuis cinq années selon ses déclarations. Par ailleurs, s'il fait valoir qu'il suit avec sérieux une formation professionnelle et présente des attestations de ses formateurs et un rapport social positif, ces éléments ne suffisent pas à justifier d'une intégration sociale ou professionnelle particulière. Enfin, M. B a indiqué qu'il n'était pas dépourvu de famille dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie, puisqu'y résident notamment sa mère, sa sœur et son oncle. Par suite, le moyen tiré, s'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée par application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées dans cette requête aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige doivent également être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Calvados.
Fait à Nantes, le 20 mars 2025.
Le président de la 4ème chambre,
L. LAINÉ
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026