vendredi 29 novembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT01996 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler les arrêtés des 4 mai et 25 octobre 2021 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique a respectivement prononcé son assignation à résidence pour une durée de six mois puis renouvelé cette assignation pour la même durée, en vue de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de la Marne le 11 août 2020.
Par un jugement n°s 2105195, 2111995 du 12 mars 2024, le tribunal administratif de Nantes a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 12 mars 2024 ;
2°) d'annuler ces arrêtés des 4 mai et 25 octobre 2021 du préfet de la Loire-Atlantique ;
3°) de mettre à la charge de l'État, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros à verser à son conseil dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les arrêtés contestés sont entachés d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- en l'assignant à résidence dans le but d'assurer son éloignement forcé et alors qu'il n'avait ni justifié de son impossibilité de rejoindre son pays ni sollicité une telle mesure, le préfet a méconnu le champ d'application de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- dès lors qu'il ne présente aucun risque de fuite, que l'obligation de quitter le territoire devait cesser d'être exécutoire au 11 août 2021 et qu'aucune perspective raisonnable d'éloignement n'est établie dans le contexte de fermeture des frontières, ces arrêtés sont entachés d'erreur d'appréciation au regard de ces mêmes dispositions ;
- les mesures contestées sont disproportionnées.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). "
2. M. A, ressortissant nigérian, relève appel du jugement du 12 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté ses demandes tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une durée de six mois en vue de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de la Marne le 11 août 2020, d'une part, et de l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a renouvelé cette assignation pour une durée de six mois à compter du 4 novembre 2021, d'autre part.
3. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (). "
4. En premier lieu, il convient d'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges les moyens tirés de ce que les arrêtés contestés sont insuffisamment motivés et n'ont pas été précédés d'un examen particulier de la situation de M. A, moyens que celui-ci réitère en appel sans les assortir d'élément nouveau.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer l'assignation à résidence de M. A pour une durée de six mois puis renouveler cette mesure pour la même durée, le préfet de la Loire-Atlantique a notamment retenu que l'intéressé avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 11 août 2020 du préfet de la Marne, qu'il se trouvait, en raison de la fermeture des frontières et de la suspension des liaisons terrestres, maritimes et aériennes induites par l'épidémie de Covid-19, dans l'impossibilité de quitter le territoire français pour se rendre dans son pays d'origine ou dans un autre pays et qu'il convenait, par suite, de l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire dans l'attente d'une perspective raisonnable d'exécution de son obligation. Si le requérant, qui ne conteste pas cette impossibilité de quitter le territoire français, fait valoir qu'il n'a pas sollicité lui-même les mesures d'assignation à résidence contestées, qu'il ne présente aucun risque de fuite, qu'aucune perspective raisonnable d'éloignement n'est établie et que son obligation de quitter le territoire français a acquis une ancienneté d'un an à la date du 11 août 2021, les circonstances qu'il invoque ne sont de nature à démontrer ni que le préfet de la Loire-Atlantique aurait, en prenant les arrêtés contestés, commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1° de l'article L 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que ces mesures seraient en l'espèce disproportionnées.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R 222-1 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 29 novembre 2024.
Olivier GASPON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026