mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT02053 |
| Type | Décision |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | KOMBE DAVID |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
Mme B C a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision née le 29 mai 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté son recours formé contre la décision du 10 mars 2023 de l'ambassade de France en République démocratique du Congo refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité de conjointe de ressortissant français
Par un jugement n° 2308397 du 13 mai 2024, le tribunal administratif de Nantes, a annulé la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 29 mai 2023, a enjoint au ministre de l'intérieur de lui délivrer le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement et a mis à la charge de l'Etat le versement à Mme C la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour de prononcer, en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, le sursis à exécution de ce jugement du 13 mai 2024.
Le ministre soutient que :
- le tribunal a commis une erreur d'appréciation en estimant que l'identité de Mme C et son lien matrimonial avec M. A devaient être tenus pour établis ; un motif d'ordre public justifie le refus de visa, dès lors que Mme C a utilisé deux identités différentes et discordantes à l'appui de demandes de visas auprès des autorités consulaires françaises ; ces deux identités sont discordantes en ce qu'elles font état de nationalités différentes, de lieux de naissance différents et d'une date de naissance différente ;
- la décision contestée n'est pas entachée d'illégalité ni d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le fait de disposer de deux identités discordantes est un motif d'ordre public de nature à justifier le refus de visa demandé, qu'il est apparu lors du traitement de la demande de visa de Mme C, que le logiciel de traitement des demandes de visa de Mme C a fait apparaître qu'elle avait déposé une demande de visa court séjour auprès des autorités consulaires en Angola sous une autre identité ; cette seconde identité diffère de la première puisque le prénom, le lieu de naissance et la nationalité sont différents.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, Mme C, représentée par Me Kombe, conclue au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-le Ministre ne produit pas la preuve qu'elle aurait reconnu posséder deux identités différentes ; elle a produit un jugement et des documents authentiques établis pr les autorités étrangères pour justifier de son unique et véritable identité et de sa nationalité congolaise ;
-le motif tiré du défaut d'intention matrimoniale et d'absence du caractère suivi de la relation est irrecevable dès lors qu'il a été soulevé pour la première fois en appel.
Vu :
- la requête n°24NT02052 enregistrée le 3 juillet 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a demandé l'annulation du jugement n° 2308397 du 13 mai 2024 du tribunal administratif de Nantes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Degommier, président.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ".
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
3. Le moyen invoqué par le ministre de l'intérieur et tiré de ce qu'un motif d'ordre public justifie le refus de visa, dès lors que Mme C a utilisé deux identités différentes et discordantes à l'appui de demandes de visas auprès des autorités consulaires françaises, paraît, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation et d'injonction accueillies par ce jugement. En conséquence, il y a lieu de faire droit à la requête du ministre de l'intérieur et des outre-mer tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Nantes n° 2308397 du 13 mai 2024.
4. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement de la somme que réclame Mme C au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le fond de l'instance n° 24NT02052, il sera sursis à l'exécution du jugement n° 2308397 du 13 mai 2024 du tribunal administratif de Nantes.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme C au titre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme B C.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le président-rapporteur
S. DEGOMMIERLe greffier
C. GOY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026