jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT02954 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 16 septembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Par un jugement no 2414544 du 10 octobre 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, M. B, représenté par Me Renaud, demande à la cour :
1°) de suspendre la décision du 16 septembre 2024 de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder à titre provisoire les conditions matérielles d'accueil dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai à compter de cette même notification ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- s'agissant de l'urgence, la décision portant refus des conditions matérielles d'accueil préjudicie de manière grave et immédiate à la situation de sa famille puisqu'elle la place en situation de grande précarité faute de logement et de revenus ;
- s'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, celle-ci est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ; elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est estimée en situation de compétence liée ; elle ne prend pas en compte l'intérêt supérieur de l'enfant, au sens de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur particulière vulnérabilité.
Vu la requête n° 24NT02942, enregistrée le 18 octobre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation du jugement du tribunal administratif de Nantes n° 2414544 du 10 octobre 2024.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président de la cour administrative d'appel du 1er novembre 2023 désignant M. Laurent Lainé, président de la 4ème chambre, comme juge des référés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. M. C B, ressortissant guinéen, demande au juge des référés de la cour la suspension de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 16 septembre 2024 portant refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
3. En l'état de l'instruction, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, aucun des moyens soulevés par M. B, tirés de ce que la décision du 16 septembre 2024 de la directrice territoriale de l'OFII lui refusant les conditions matérielles d'accueil est insuffisamment motivée, n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation, est entachée d'une erreur de droit dès lors que la directrice territoriale de l'OFII s'est estimée en situation de compétence liée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur particulière vulnérabilité, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige. En effet, d'une part, la décision du 16 septembre 2024 refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B et son fils est motivée par le fait qu'ils présentent une demande de réexamen de leur demande d'asile et il n'est aucunement établi que la directrice territoriale de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de leur situation ou se serait crue en situation de compétence liée. D'autre part, il ressort du dossier que M. B et sa compagne, mère de leurs deux enfants, ont vu leurs demandes d'asile définitivement rejetées et que la demande d'asile présentée au nom de leur enfant A doit être regardée comme une demande de réexamen au sens du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, il ressort également du dossier qu'ils sont logés chez des tiers et que la prise en charge de leur situation ne relèvent pas du dispositif des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins de suspension de l'exécution de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 16 septembre 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée, pour information, à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Nantes, le 7 novembre 2024.
Le président de la 4ème chambre, juge des référés,
L. LAINÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026