LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-25NT00091

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-25NT00091

vendredi 12 septembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-25NT00091
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantWAHAB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2024 par lequel le préfet du Calvados lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2403138 du 10 décembre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.

M. B a également demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2024 par lequel le préfet du Calvados a renouvelé pour quarante-cinq jours son assignation à résidence.

Par un jugement n° 2403127 du 10 décembre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2025, M. B, représenté par Me Wahab, doit être regardé comme demandant à la cour :

1°) d'annuler les jugements du tribunal administratif de Caen n° 2403138 du 10 décembre 2024 et n° 2403127 du 10 décembre 2024 ;

2°) d'annuler les arrêtés du préfet du Calvados du 17 octobre 2024 et du 12 novembre 2024 ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande présentée devant le tribunal administratif de Caen dirigée contre l'arrêté du 17 octobre 2024 n'était pas tardive, dès lors que le délai de recours de 48 heures mentionné sur l'arrêté contesté est erroné et qu'il n'a pas compris les mentions de cet arrêté ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- cette décision n'a pas été précédée d'un examen sérieux et complet de sa situation ;

- cette décision méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de circuler sur le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2025, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Caen dirigée contre l'arrêté du 17 octobre 2024 était tardive.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Mas a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant portugais né le 24 décembre 1978, a été interpellé le 17 octobre 2024 pour des faits de violences aggravées et conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Par un premier arrêté du même jour, le préfet du Calvados lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Calvados l'a assigné à résidence dans le département du Calvados pendant une durée de 45 jours. Cette mesure d'assignation à résidence a été renouvelée pour une durée de 45 jours supplémentaires par un arrêté du préfet du Calvados du 12 novembre 2024. Par deux requêtes distinctes, M. B a demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler, d'une part, l'arrêté du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circulation sur le territoire pendant une durée d'un an et, d'autre part, l'arrêté du 12 novembre 2024 portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours. Par un jugement n° 2403138 du 10 décembre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 octobre 2024. Par un jugement n° 2403127 du 10 décembre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2024. M. B relève appel de ces deux jugements.

Sur la régularité du jugement n° 2403138 :

2. L'article L. 614-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Par dérogation à l'article L. 614-1, lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. ". Aux termes de l'article L. 921-1 de ce code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. () ". Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet du Calvados du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifié à M. B, concomitamment assigné à résidence sur le fondement des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le 18 octobre 2024 à 11h35. Conformément aux dispositions précitées, le délai de recours dont il disposait pour saisir le tribunal administratif d'un recours à l'encontre de cet arrêté était donc en principe de sept jours à compter de cette notification.

3. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Lorsque les mentions relatives au délai de recours contre une décision administrative figurant dans la notification de cette décision sont erronées, elles doivent être regardées comme seules opposables au destinataire de la décision lorsqu'elles conduisent à indiquer un délai plus long que celui qui résulterait des dispositions normalement applicables. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 17 octobre 2024 indiquait à M. B, de manière erronée, qu'il ne disposait que d'un délai de quarante-huit heures pour former un recours contentieux. Ce délai erroné étant plus court que le délai de sept jours dont il disposait conformément aux dispositions précitées, cette circonstance demeure sans incidence sur l'opposabilité de ce délai de recours de sept jours.

4. Aux termes de l'article L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est également informé qu'il peut recevoir communication des principaux éléments, traduits dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, des décisions qui lui sont notifiées en application des chapitres I et II. ". Aux termes de l'article L. 141-3 du même code : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. () ". Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifié à M. B avec l'assistance d'un interprète en langue portugaise, que l'intéressé ne conteste pas parler. Si M. B soutient que cet interprète pratiquait le portugais parlé au Brésil, il ne justifie aucunement que cette circonstance alléguée l'aurait empêché de comprendre les mentions essentielles de cet arrêté et l'aurait empêché de former un recours contentieux dans le délai de sept jours qui lui était opposable.

5. Le recours formé par M. B à l'encontre de l'arrêté du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circuler sur le territoire français a été enregistré au greffe du tribunal administratif de Caen le 27 novembre 2024, après l'expiration du délai de recours de sept jours qui avait couru à compter de la notification de cet arrêté à M. B le 18 octobre 2024. Cette demande était ainsi tardive.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement n° 2403138 attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande comme irrecevable.

Sur le bien-fondé du jugement n° 2403127 :

7. L'illégalité d'une décision administrative individuelle ne peut être invoquée de manière recevable, par la voie de l'exception, que tant que cette décision n'a pas acquis un caractère définitif.

8. A la date à laquelle M. B s'est prévalu de l'illégalité de l'arrêté du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai au soutien de sa demande d'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2024 portant assignation à résidence, le 26 novembre 2024, l'arrêté du 17 octobre 2024 avait acquis un caractère définitif du fait de l'expiration du délai de recours ouvert à son encontre, ainsi qu'il a été dit aux points 2 à 5 ci-dessus.

9. Le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par la voie de l'exception, de l'arrêté du 17 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai ne peut dès lors être accueilli.

10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement n° 2403127 attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme demandée par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Calvados.

Délibéré après l'audience du 26 août 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Lainé, président de chambre,

- M. Catroux, premier conseiller,

- M. Mas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2025.

Le rapporteur,

B. MASLe président,

L. LAINÉ

Le greffier,

C. WOLF

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions