mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-25NT01494 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Caen de condamner le centre hospitalier de Pont-L'Evêque (Calvados) à lui verser une provision de 30 000 euros à valoir sur l'indemnité à laquelle elle peut prétendre en réparation des conséquences dommageables résultant de son accident de service du 27 décembre 2019.
Par une ordonnance n° 2401478 du 16 mai 2025, la juge des référés du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande de provision.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 mai 2025 Mme A, représentée par Me Renoult, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 16 mai 2025 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Pont-L'Evêque le versement de la somme de 30 000 euros à titre de provision ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Pont-L'Evêque la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'imputabilité au service ayant été reconnue, elle est en droit de solliciter une indemnisation complémentaire en réparation des conséquences de l'accident du travail dont elle a été victime et d'obtenir réparation de l'ensemble des préjudices personnels et patrimoniaux qui ont résulté de son accident ou de sa maladie, exception faite des préjudices réparés forfaitairement par l'allocation temporaire d'invalidité ;
- la responsabilité sans faute de l'administration doit être retenue ;
- une provision peut être accordée même si une expertise est en cours ;
- son déficit fonctionnel permanent, évalué à 24 %, pourra être réparé par une indemnité de 49 440 euros ; elle est ainsi fondée à demander le versement d'une provision de 30 000 euros.
La requête a été communiquée au centre hospitalier de Pont-l'Evêque qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () " et aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cour administrative d'appel, () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () / 7°Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A, agent de service hospitalier, a été victime le 27 décembre 2019 d'un accident, reconnu imputable au service qui a provoqué des fractures costales et fait apparaître une tendinite du supra-épineux gauche, sans rupture, avec une calcification. Il résulte de l'instruction qu'une première expertise, réalisée le 19 janvier 2021, a relevé l'existence d'une tendinopathie calcifiante de l'épaule, préexistante à l'accident dont Mme A déclare ne pas avoir souffert antérieurement et une cervicarthrose étagée n'entraînant pas de trouble. La seconde expertise du 21 février 2024 précise que l'intéressée a développé des suites de son accident un syndrome douloureux complexe de l'épaule gauche associé à une arthrose rachidienne de localisation cervicale thoracique basse et lombaire et que son état est consolidé à la date du 20 février 2024. L'expert indique, en outre, que l'incapacité permanente partielle de Mme A peut être fixée à 24 % pour limitation modérée et douloureuse des mouvements de l'épaule gauche. Ce taux a également été retenu par le conseil médical réuni le 2 juillet 2024 afin d'émettre un avis sur l'octroi à l'intéressée d'une allocation temporaire d'invalidité.
3. Toutefois, il ressort également des termes de l'ordonnance dont il est fait appel que, le
4 septembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Caen a ordonné une nouvelle expertise destinée à permettre de distinguer la part des conséquences préjudiciables supportées par Mme A imputable à l'accident de service de celles pouvant résulter d'une autre cause ou être imputables à une autre pathologie.
4. Dans ces conditions, la créance dont se prévaut la requérante ne présente pas un caractère non sérieusement contestable au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
5. Il s'ensuit que les conclusions présentées par Mme A tendant à ce qu'une provision à valoir sur la réparation de son préjudice ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier de Pont-L'Evêque.
Fait à Nantes, le 9 juillet 2025.
La présidente,
C. BRISSON
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°25NT01494
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026