mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-25NT01648 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | CABINET CAROLE GOURLAOUEN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2025 par lequel le préfet d'Ille et Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et décidé une interdiction de retour sur le territoire d'un an.
Par un jugement n° 2500803 du 23 mai 2025 le tribunal administratif de Rennes a annulé cet arrêté.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande à la cour de suspendre l'exécution de ce jugement.
Il soutient que :
- sur le refus de titre de séjour :
. eu égard aux stipulations de l'article 2.2.1 de l'accord franco-mauricien, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut trouver à s'appliquer de sorte que c'est à tort que le premier juge a considéré qu'une erreur manifeste d'appréciation avait été commise au regard de cet article ;
. la seule délivrance d'un visa de court séjour pour tourisme ne peut permettre la délivrance d'un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conditions prévues par l'article 2.2.1 de l'accord franco-mauricien n'étant pas remplies ;
. la situation professionnelle et personnelle de M. A ne justifiait pas la délivrance d'un titre de séjour ;
- en l'absence d'annulation du refus de titre de séjour, les décisions d'obligation de quitter le territoire français et d'interdiction de retour sur le territoire français ne peuvent être annulées par voie de conséquence.
Par des mémoires enregistrés les 1er et 2 juillet 2025, M. A, représenté par
Me Gourlaouen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun moyen ne présente de caractère sérieux de nature à justifier outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par le tribunal.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- vu la requête n°25NT01647 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine demande l'annulation du jugement attaqué.
Vu :
- l'accord franco-mauricien du 23 septembre 2008 :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Gourlaouen représentant M. A qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience le 8 juillet 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauricien, né en 1982, entré sur le territoire en décembre 2018, a sollicité, le 18 octobre 2022, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 21 décembre 20213, le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Aux termes de l'arrêté en litige du 23 janvier 2025, le préfet a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours à destination de son pays d'origine et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an. Par un jugement du 23 mai 2025, le tribunal administratif de Rennes a annulé l'arrêté du préfet du 23 janvier 2025 et a enjoint au préfet de délivrer à M A un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Le préfet d'Ille-et-Vilaine demande, sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement.
Sur les conclusions à fin de sursis à statuer :
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par le préfet d'Ille-et-Vilaine n'est de nature à justifier, outre l'annulation du jugement du tribunal administratif de Rennes, le rejet des conclusions à fin d'annulation. Il suit de là que les conclusions présentées par le préfet d'Ille-et-Vilaine ne peuvent être accueillies.
Sur les frais du litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête du préfet d'Ille-et-Vilaine est rejetée.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à M. C A.
Une copie sera transmise, pour information, au préfet d'Ille-et-Vilaine
Fait à Nantes le juillet 2025
La présidente -rapporteure, Le greffier,
C. B R. MAGEAU
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026