mercredi 30 juillet 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-25NT01719 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | LE BOURDAIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure antérieure :
M. G E et Mme B C, son épouse, ont demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler les arrêtés du 26 juin 2024 par lesquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.
Par un jugement n° 2501708, 2502263 du 6 juin 2025, le tribunal administratif de Rennes a annulé ces arrêtés du 26 juin 2024.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande à la cour, sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de ce jugement du 6 juin 2025.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal a considéré que la surdité et les troubles autistiques de l'enfant de M. E et de Mme C ne pouvaient être pris en charge en Géorgie ;
- la circonstance qu'un parcours de soins existe en France ne fait pas obstacle à la possibilité de refuser la délivrance d'un titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 23 juillet 2025, M. E et Mme C, représentés par Me Le Bourdais, concluent au rejet de la requête présentée par le préfet d'Ille-et-Vilaine et à la condamnation de l'Etat à leur verser, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil.
Ils soutiennent que les moyens soulevés par le préfet ne sont pas sérieux et de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et le rejet des conclusions d'annulation accueillies par le tribunal ; leur enfant a besoin d'un environnement médical et social stable et d'une continuité de la prise en charge de son autisme et de sa surdité.
Vu :
- la requête n°25NT01717, enregistrée le 26 juin 2025, par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine demande l'annulation du jugement n° 2501708, 2502263 du 6 juin 2025 du tribunal administratif de Rennes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de Mme Brisson,
- Les observations de Me Le Bourdais, représentant M. E et Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. G E, Mme B C et leur fils A, né en 2011, tous ressortissants géorgiens, après avoir été déboutés de l'asile le 12 février 2019 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ont, le 13 juin 2019, saisi le préfet d'Ille-et-Vilaine d'une demande de délivrance de titre de séjour en qualité d'accompagnants d'un enfant malade. Par deux arrêtés du 9 juin 2020, la préfète d'Ille-et-Vilaine a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Leurs demandes de réexamen de leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'OFPRA le 11 janvier 2021. Ils ont, chacun, déposé le 23 mai 2023 une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de parents accompagnant un enfant malade. Par deux arrêtés du 26 juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Aux termes du jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a annulé les arrêtés du préfet d'Ille-et-Vilaine du 26 juin 2024 et a enjoint à ce dernier de délivrer à M. E et à Mme C un titre de séjour.
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
3. En l'état de l'instruction le moyen tiré par le préfet de ce que c'est à tort que le tribunal a retenu le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant paraît sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions présentées par M. E et Mme C.
4. Par suite, il y a lieu de faire droit à la requête du préfet d'Ille-et-Vilaine tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Rennes du 6 juin 2025.
5. Les dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative ne permettent pas d'en faire bénéficier la partie perdante ou tenue aux dépens. Par suite, les conclusions présentées sur ce fondement par les intimés ne peuvent être accueillies.
DECIDE :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de l'instance n° 25NT01717, il est sursis à l'exécution du jugement n° 2501708, 2502263 rendu le 6 juin 2025 par le tribunal administratif de Rennes du 6 juin 2025.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. E et Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, à M. G E et à Mme B C.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2025.
La présidente-rapporteure, Le greffier,
C. BRISSON Y. MARQUIS
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°25NT01719
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026