Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler l’arrêté du 14 février 2025 du préfet d’Ille-et-Vilaine portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
Par un jugement no 2501915 du 20 juin 2025, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 août 2025 et le 26 septembre 2025, Mme B..., représentée par Me Gourlaouen, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 20 juin 2025 du tribunal administratif de Rennes ;
2°) d’annuler l’arrêté du 14 février 2025 du préfet d’Ille-et-Vilaine ;
3°) d’enjoindre au préfet d’Ille-et-Vilaine, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir ou de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les premiers juges ont omis de se prononcer sur les moyens tirés de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n’est pas suffisamment motivée et n’a pas été précédée d’un examen de sa situation ;
- la décision portant refus de titre de séjour n’est pas suffisamment motivée ; elle est entachée d’un vice de procédure dès lors que compte tenu de la dégradation de son état de santé, le préfet aurait dû solliciter un nouvel avis de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ; elle n’a pas été précédée d’un examen de sa situation ; elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que le préfet s’est estimé lié par l’avis de l’OFII ; elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 425-9 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, celles du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n’est pas suffisamment motivée ; elle méconnaît les dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; elle n’a pas été précédée d’un examen de sa situation ; elle doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant refus de titre de séjour ; elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination n’est pas suffisamment motivée ; elle n’a pas été précédée d’un examen de sa situation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ; elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juillet 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents (…) de cour administrative d’appel (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) ». Aux termes du dernier alinéa de cet article : « Les présidents des cours administratives d'appel (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. Mme B..., ressortissante bangladaise, relève appel du jugement du 20 juin 2025 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 14 février 2025 du préfet d’Ille-et-Vilaine portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient Mme B..., le tribunal administratif de Rennes a répondu aux moyens tirés de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n’est pas suffisamment motivée et n’a pas été précédée d’un examen de sa situation au point 4 du jugement attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché de défaut de réponse à ces moyens, entachant sa régularité, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme B... ne produit aucun élément probant permettant d’établir que son état de santé se serait dégradé postérieurement à l’avis du collège de médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) émis le 7 décembre 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait dû solliciter un nouvel avis médical doit être écarté.
5. En troisième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n’a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme B... de son enfant mineur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il convient d’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges les moyens tirés de ce que la décision portant refus de titre de séjour n’est pas suffisamment motivée, n’a pas été précédée d’un examen de sa situation, est entachée d’une erreur de droit, méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 425-9 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, moyens que Mme B... réitère en appel sans apporter d’élément nouveau.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B..., en tant qu’elle est dirigée contre la décision de refus de titre de séjour, est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées dans cette requête aux fins d’injonction, d’astreinte et de mise à la charge de l’Etat des frais liés au litige doivent également être rejetées.
Sur les conclusions à fin d’annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an :
8. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la présente requête, un récépissé de demande de titre de séjour autorisant la présence de son titulaire en France du 11 septembre 2025 au 10 octobre 2025 a été remis à Mme B.... La délivrance d’un tel récépissé valant autorisation provisoire de séjour, bien qu’elle ne préjuge pas de l’issue de la demande de titre de séjour présentée par l’intéressée, a implicitement mais nécessairement abrogé l’arrêté du 14 février 2025 portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. L’arrêté contesté n’ayant reçu aucun commencement d’exécution, les conclusions à fin d’annulation de ces décisions sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, pas lieu d’y statuer.
ORDONNE :
Article 1er :
Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an contenues dans l’arrêté du 14 février 2025 du préfet d’Ille-et-Vilaine.
Article 2 :
Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet d’Ille-et-Vilaine.
Fait à Nantes, le 5 janvier 2026.
Le président de la cour
J-P. Dussuet
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
1