LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-25NT02763

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-25NT02763

lundi 8 décembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-25NT02763
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantCHEVALIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 octobre et 1er décembre 2025, la société Ferme éolienne Huisne et Braye, représentée par Me Elfassi, demande à la cour :
1°) de prononcer, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 27 octobre 2025 et des décisions implicites du 26 mai 2024 et du 4 octobre 2025 par lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé de régulariser l’autorisation environnementale qu’il lui avait délivrée, le 6 août 2021, pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien de quatre aérogénérateurs et d’un poste de livraison sur le territoire des communes de Cormes et de Cherré-Au ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie car la cour a inscrit à une audience du 18 novembre 2025 l’affaire relative à la légalité de l’autorisation environnementale du 6 août 2021 qui devrait très probablement la conduire à annuler celle-ci ; l’annulation de l’autorisation environnementale emporterait pour elle des conséquences graves et immédiates alors qu’elle a un capital social limité et qu’elle a déjà investi 800 000 euros ; en outre, le projet participe pleinement à la réalisation de l’objectif de développement des énergies renouvelables et de lutte contre le réchauffement climatique ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions litigieuses ;
- les inventaires chiroptérologiques complémentaires sont suffisants pour évaluer les risques d’impact du projet éolien et déterminer les mesures de réduction adaptée ; les inventaires chiroptérologiques en hauteur ne constituent pas à proprement parler une étude d’impact dont le contenu est régi par l’article R. 122-5 du code de l’environnement ; ils ont porté sur deux cycles biologiques ; les avis de la direction départementale des territoires (DDT) de la Sarthe et de la mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) n’ont pas pris en compte les données de 2024 ; les inventaires de 2022 étaient suffisants et en tout état de cause ont été complétés par ceux de 2024 pour apprécier l’activité des chiroptères en hauteur et préciser les modalités de mise en œuvre du plan d’arrêt programmé des éoliennes ; l’absence de données pour le mois de juin 2022 n’est pas suffisante pour remettre en cause la robustesse de l’échantillonnage ; les paramètres d’arrêts intégraient déjà ce mois ; les données de 2024 montrent que l’activité des chauves-souris au mois de juin n’est pas exceptionnelle, ce qui confirme a posteriori les hypothèses d’impact du rapport initial issues des inventaires de 2022 ;
- les compléments d’inventaires de 2024 ont été réalisés par des experts internes et un bureau d’études et ont consisté essentiellement en la collation de données brutes et d’analyses d’écoutes ; ils ne font que compléter le rapport de 2022 ; même si l’étude ne détaille pas les données de vent et de température par rapport à l’activité des chiroptères, celles-ci ont été prises en compte dans le plan de bridage et transmises au préfet ;
- le plan de bridage de 2022 permettait de couvrir 90% de l’activité des chiroptères ; il ne laisse pas subsister une mortalité de 1 300 chiroptères comme l’affirme le préfet de la Sarthe ; ce taux a été porté à 93 % de l’activité des chiroptères et plus de 95% pour les noctules pour tenir compte des inventaires de 2024 ; l’impact résiduel est faible à nul.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l’urgence n’est pas caractérisée et que les moyens de la société requérante ne sont manifestement pas fondés.

Par une intervention, enregistrée le 28 novembre 2025, la SCI Mons Mirabilis, l’association Vent du Perche et M. B... A..., représentés par Me Chevalier, demandent à la cour de rejeter la requête de la société Ferme éolienne Huisne et Braye et de mettre à sa charge une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à chacun d’entre eux.

Ils soutiennent que l’urgence n’est pas caractérisée et que les moyens de la société requérante ne sont manifestement pas fondés.


Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 25NT02762, le 30 octobre 2025, tendant à l’annulation des décisions des 26 mai 2024, 4 octobre 2025 et 27 octobre 2025 du préfet de la Sarthe ;
- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président de la cour a désigné M. Stéphane Derlange, président assesseur, comme juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 2 décembre 2025 :
- le rapport de M. Derlange, juge des référés,
- et les observations de Me Bergès, substituant Me Elfassi, représentant la société Ferme éolienne Huisne et Braye et de Me Chevalier, représentant la SCI Mons Mirabilis, l’association Vent du Perche et M. A....



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l’acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

Par des décisions avant dire droit du 23 juin 2023, la cour a sursis à statuer, en application de l’article L. 181-18 du code de l’environnement, sur les conclusions de requêtes tendant à l’annulation de l’autorisation environnementale délivrée, le 6 août 2021, à la société Ferme éolienne Huisne et Braye, par le préfet de la Sarthe, pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien de quatre aérogénérateurs et d’un poste de livraison sur le territoire des communes de Cormes et de Cherré-Au pour leur permettre de produire une autorisation environnementale modificative au vu d’un complément du volet chiroptérologique de l’étude d’impact incluant la réalisation d’écoutes en altitude et, le cas échéant, d’une enquête publique complémentaire. Par l’arrêté du 27 octobre 2025 et des décisions implicites du 26 mai 2024 et du 4 octobre 2025, dont la société Ferme éolienne Huisne et Braye demande la suspension de l’exécution, le préfet de la Sarthe a refusé d’autoriser le projet litigieux au motif que les compléments produits par cette société n’étaient pas suffisants pour régulariser le volet chiroptérologique de l’étude d’impact.

Pour soutenir qu’il y urgence à suspendre l’exécution de ces décisions, la société Ferme éolienne Huisne et Braye fait d’abord valoir qu’elle a engagé 800 000 euros pour financer ce projet, alors qu’elle a un capital limité et qu’elle est en phase de développement. Toutefois, cette circonstance ne suffit pas à établir qu’elle subirait un préjudice économique de nature à porter à sa situation une atteinte grave et immédiate, d’autant qu’il résulte de l’instruction qu’elle fait partie d’un groupe d’entreprises dont elle reconnait que la maison mère peut être amenée à régler certaines dépenses.


Si la société Ferme éolienne Huisne et Braye ajoute que les décisions contestées retardent et mettent en danger l’exécution de son projet, cette circonstance n’est pas de nature, par elle-même, à caractériser une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La circonstance que la cour devait le 5 décembre 2025 annuler l’autorisation environnementale du 6 août 2021 après avoir constaté le refus du préfet de la régulariser, qui ne l’a pas privée de la possibilité de contester le refus d’autoriser le projet dans son ensemble, comme elle l’a fait dans le cadre de la nouvelle instance n° 25NT02672 devant la cour, ne provoque pas un retard tel dans l’instruction de sa demande d’autorisation environnementale qu’elle puisse être qualifiée d’atteinte grave et immédiate à ses intérêts.

Enfin, si comme le soutient la société Ferme éolienne Huisne et Braye, le projet est de nature à participer à la réalisation des objectifs nationaux et régionaux de développement des énergies renouvelables, dans un contexte qu’elle invoque d’urgence écologique et climatique, l’intérêt public qui s’attache au respect de ces objectifs ne peut être regardé, compte tenu des caractéristiques de ce projet qui ne concerne que quatre aérogénérateurs dont la production annuelle attendue est comprise entre 12 et 16,8 MW, comme caractérisant l’existence d’une situation d’urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, les décision litigieuses de refus du préfet de la Sarthe soient suspendues.

Ainsi, il n’apparait pas, en l’état de l’instruction, que les décisions de refus du préfet de la Sarthe auraient des effets de la nature de ceux caractérisant une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. L’une des conditions posées par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas remplie, il y a lieu, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur le caractère sérieux des moyens invoqués, de rejeter la requête de la société Ferme éolienne Huisne et Braye.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’Etat, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Ferme éolienne Huisne et Braye la somme qu’elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a, en tout état de cause, pas lieu de mettre à la charge de la société Ferme éolienne Huisne et Braye la somme que la SCI Mons Mirabilis, l’association Vent du Perche et M. A... demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.




ORDONNE :



Article 1er : La requête de la société Ferme éolienne Huisne et Braye est rejetée.
Article 2: Les conclusions de la SCI Mons Mirabilis, de l’association Vent du Perche et de M. A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de Cherré-Au, à la commune de La Ferté-Bernard, à la communauté de communes du Pays de l’Huisne sarthoise, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, à la société Ferme éolienne Huisne et Braye et à la SCI Mons Mirabilis, représentant unique désignée par Me Chevalier, mandataire.

Une copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Sarthe.



Fait à Nantes, le 8 décembre 2025.


Le juge des référés,



S. Derlange La greffière,



Marchais

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions