jeudi 28 avril 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-19NC02659 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | LEBOIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme H G, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de tutrice de Mme B G, M. F G, Mme C G, M. I G, M. D E et Mme L E ont demandé au tribunal administratif de Besançon de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Besançon à les indemniser des préjudices résultant de l'accident dont a été victime Mme B G à l'occasion de l'opération pratiquée le 13 février 1997.
Par un jugement n°s 1600302, 1601528 du 31 juillet 2019, le tribunal administratif de Besançon a condamné le CHRU de Besançon à verser à Mme B G la somme globale de 1 055 076,23 euros, ainsi qu'à lui rembourser, au fur à mesure, ses dépenses liées au renouvellement d'appareillages et à lui verser une rente d'aménagement de véhicule automobile, une rente pour le contrôle de ses comptes bancaires et une rente au titre des frais futurs d'assistance par tierce personne. Le tribunal a également condamné le CHRU de Besançon à verser à Mme H G la somme de 20 000 euros. Enfin, le tribunal a condamné le CHRU de Besançon à verser à la CPAM du Haut-Rhin la somme de 160 002,28 euros, ainsi qu'à lui rembourser, au fur et à mesure de ses débours, la totalité des sommes relatives aux frais pharmaceutiques, médicaux, d'hospitalisation, d'appareillage et de transport exposés pour le compte de Mme B G et imputables à l'accident anesthésique du 13 février 1997.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 21 août 2019, Mme H G, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de tutrice de Mme B G, M. F G, Mme C G, M. I G, M. D E et Mme L E, représentés par Me Lebois, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif Besançon du 31 juillet 2019 ;
2°) de condamner le CHRU de Besançon à verser à Mme B G la somme de 13 616 624,80 euros, tout en réservant non seulement ses droits à indemnisation en cas d'acquisition et d'aménagement d'un logement autonome, mais aussi ses droits relatifs aux dépenses de santé, à la tierce assistance et aux frais de transports en cas de modification de sa prise en charge et des différentes prestations perçues ;
3°) de condamner le CHRU de Besançon à verser à Mme H G et à M. F G la somme de 443 768,94 euros ;
4°) de condamner le CHRU de Besançon à verser à M. I G et Mme C G la somme de 30 000 euros chacun en raison de leur préjudice moral ;
5°) de condamner le CHRU de Besançon à verser à M. D E et Mme L E la somme de 20 000 euros chacun en raison de leur préjudice moral ;
6°) de mettre à la charge du CHRU de Besançon les entiers dépens, ainsi que la somme de 7 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il doit généralement être privilégié une indemnisation par le versement d'un capital et, à ce titre, la capitalisation devra être effectuée en s'appuyant sur le barème de capitalisation de la Gazette du Palais de 2018 ;
- la rente accordée jusqu'à la majorité de Mme B G par le tribunal administratif de Besançon en 2004 ne saurait s'opposer à ce qu'elle puisse bénéficier de la réparation des préjudices patrimoniaux subis avant sa majorité, dès lors qu'il n'était alors pas possible de prévoir la nécessité des appareillages médicaux restés à la charge de Mme B G ; le CHRU de Besançon doit donc être condamné à verser à Mme B G la somme de 24 196,10 euros au titre de ses dépenses de santé actuelles, mais doit également être condamné à lui verser la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice scolaire, ainsi que la somme de 3 800 euros au titre des frais avancés par Mme G pour être assistée par un spécialiste lors de l'expertise, ce qui lui était indispensable pour faire dûment valoir ses droits ;
- alors que les opérations d'expertise ont parfaitement décrit les troubles urinaires et sphinctériens présentés par Mme B G, le seul fait que l'expert mandaté par le tribunal administratif n'ait pas proposé une nomenclature exacte des consommables nécessaires ne saurait, contrairement à ce qu'a retenu le tribunal administratif, exclure l'indemnisation des frais de petit matériel médical, notamment des changes qui sont nécessaires à Mme B G ; ces frais ne sont, de plus, pas intégralement couverts par la prestation de compensation du handicap actuellement versée au titre des frais spécifiques " articles d'hygiène " ; elle doit donc bénéficier d'une somme de 729 611,50 euros au titre de ses dépenses de santé futures, qui intègrent ainsi non seulement les frais de petit matériel, mais aussi les frais liés aux aides techniques, dont l'acquisition d'une baignoire de balnéothérapie, d'un entraîneur " Motomed " et d'un fauteuil manuel, qui sont tous des appareillages indispensables à Mme B G ;
- le centre hospitalier sera condamné à lui verser la somme de 316 327,68 euros au titre des frais générés par son transport trois fois par semaine au centre spécialisé la prenant en charge les mardis, jeudis et vendredis ;
- le préjudice de Mme B G lié aux frais d'aménagement d'un véhicule doit être évalué à la somme de 502 051,23 euros, ce qui inclut le surcoût d'acquisition d'un véhicule de taille suffisante pour pouvoir l'accueillir, les frais d'aménagement du véhicule et l'acquisition d'une rampe pour la voiture ;
- le tribunal administratif de Besançon n'a reconnu qu'un besoin d'assistance par un tiers à raison de 15 heures lorsque Mme B G passe intégralement la journée à son domicile et de 7,6 heures lorsqu'elle passe une partie de la journée en institution, alors que l'expertise prévoyait bien une nécessité d'assistance à hauteur de 24 heures par jour ; le CHRU a, dans ses écritures, reconnu que la victime devait être indemnisée sur la base d'une assistance de 24 heures par jour, de sorte que le tribunal administratif a statué ultra petita ; les premiers juges ont de plus entaché leur jugement d'une contradiction de motifs, dès lors qu'ils ont eux-mêmes reconnu un besoin d'assistance à raison de 24 heures par jour ;
- le CHRU de Besançon doit être condamné à lui verser la somme de 9 351 827,86 euros au titre de l'assistance par tierce personne et des frais annuels de contrôle des comptes de Mme B G ; le taux horaire retenu par le tribunal administratif est totalement insuffisant, il doit être pris en compte la nécessité pour Mme B G de pouvoir disposer de personnes qualifiées ; l'allocation adulte handicapé ne saurait être déduite des sommes à accorder à Mme B G au titre de l'assistance par tierce personne ;
- en retenant la base du salaire moyen net mensuel, soit 2 125 euros, Mme B G doit être indemnisée à hauteur de 1 382 278,50 euros au titre de ses pertes de gains professionnels ;
- le CHRU de Besançon doit indemniser Mme B G à hauteur de 595 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent s'élevant à 85 % et il devra également verser la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice esthétique, ainsi que la somme de 100 000 euros au titre de son préjudice d'agrément et la somme de 150 000 euros au titre de son préjudice sexuel et d'établissement ;
- il y a lieu de réserver les droits à indemnisation de Mme B G en cas d'acquisition et d'aménagement d'un logement autonome, ainsi que ses droits relatifs aux dépenses de santé, à l'assistance par tierce personne et aux frais de transports en cas de modification de sa prise en charge, de sa situation et des différentes prestations perçues ;
- Mme H G et M. F G, parents de Mme G, doivent bénéficier d'une indemnisation d'un montant de 60 000 euros chacun pour les préjudices moraux et affectifs ; ils doivent également être indemnisés à hauteur de 10 000 euros pour les différents frais de déplacements, qu'ils ont effectués entre le jour de l'intervention de leur fille et le 13 février 2014, date de la consolidation retenue par l'expert ; ils doivent également bénéficier de la somme de 43 768,94 euros en raison des frais d'aménagement de leur logement, qui ont été, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, nécessaires pour adapter le logement parental ; enfin, ils doivent bénéficier d'une somme de 270 000 euros au titre du préjudice professionnel subi par Mme H G, qui a arrêté de travailler pour s'occuper de sa fille ;
- le CHRU de Besançon doit être condamné à verser à M. I G et à Mme C G, frère et sœur de Mme B G, la somme de 30 000 euros chacun au titre de leurs préjudices moraux et affectifs ;
- le CHRU de Besançon doit être condamné à verser à M. et Mme E, grands-parents de Mme B G, la somme de 20 000 euros chacun au titre de leurs préjudices moraux et affectifs.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 2 avril 2020 et le 9 décembre 2020, le CHRU de Besançon, représenté par Me Le Prado, demande, par la voie de l'appel incident :
1°) de réformer le jugement du tribunal administratif de Besançon du 31 juillet 2019 ;
2°) de rejeter la requête des consorts G et autres.
Il soutient que :
- le barème de capitalisation de la Gazette du Palais de 2018 n'a aucune valeur règlementaire ; il incombe au juge de prendre en compte le barème le plus apte à assurer la juste et intégrale réparation des préjudices subis par le justiciable, sans perte ni profit pour ce dernier ; le barème 2018 de capitalisation de référence pour l'indemnisation des victimes, voire la table de capitalisation de l'ONIAM, disposent d'une méthodologie plus fine et plus juste et doivent donc être privilégiés ;
- les préjudices patrimoniaux temporaires ont déjà été indemnisés par le jugement du 24 juin 2004 du tribunal administratif de Besançon ; il ne peut donc être condamné à verser une quelconque somme à ce titre ;
- il ne saurait être condamné à indemniser les frais de dépenses de santé sollicités au titre des préjudices patrimoniaux permanents qu'à hauteur de 23 239,23 euros, ainsi que l'ont d'ailleurs retenu les premiers juges ; les frais de petit matériel relatifs aux changes n'ont pas été retenus par l'expert et ne peuvent donc être indemnisés ; la prestation de compensation du handicap relative aux articles d'hygiène versée à Mme B G couvre les autres frais de petit matériel ; les frais d'ostéopathie ne sont pas justifiés ; les besoins de balnéothérapie ne sont pas justifiés, seuls peuvent être indemnisés les frais d'appareillage liés à l'acquisition d'un fauteuil roulant électrique, d'un fauteuil roulant manuel et d'un système de transfert sur rails au plafond ; les frais et dépenses futures liés au renouvellement et remplacement doivent, ainsi que l'a prévu le tribunal administratif, être remboursés au fur et à mesure qu'ils auront été exposés et sur présentation des justificatifs ;
- il ne saurait être fait droit à la demande de réserver les droits concernant l'acquisition et l'aménagement d'un logement indépendant, dès lors que Mme B G ne peut vivre seule au vu de son taux de déficit fonctionnel et que le logement familial a justement été adapté ;
- il ne pourra être condamné à réparer les frais d'adaptation du véhicule que sur présentation des justificatifs et dans la limite d'un montant total calculé sur la base du seul surcoût d'adaptation et d'un renouvellement tous les sept ans ;
- Mme B G n'est pas fondée à réclamer une indemnisation supérieure à celle qui lui a été allouée par les premiers juges au titre de l'assistance par tierce personne dont elle a déjà bénéficié, soit 357 837 euros ; elle n'est pas plus fondée à solliciter une réévaluation de la rente au titre de l'assistance par tierce personne future ; le taux horaire retenu par les premiers juges est conforme aux exigences jurisprudentielles ; les premiers juges ont, à bon droit, accordé une rente et non une indemnisation sous forme de capital ; contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, il doit non seulement être imputé au montant de la rente accordée par le tribunal la prestation de compensation du handicap, mais également le montant de toute autre prestation, qui aurait également pour objet la prise en charge de tels frais, comme l'allocation aux adultes handicapés ; il devra être précisé que la rente accordée au titre de la tierce personne sera suspendue ou réduite, sous le contrôle du juge de l'exécution de la décision fixant l'indemnisation, en cas d'hospitalisation ou de placement en institution de Mme B G ;
- les frais de transports ne sont justifiés ni dans leur principe, ni dans leur montant ;
- seule une rente pourrait être accordée à Mme B G au titre de la perte de gains professionnels et il conviendrait d'en déduire les sommes perçues au titre de l'allocation aux adultes handicapés, ainsi que la somme de 150 000 euros déjà attribuée par les premiers juges au titre de l'incidence professionnelle ;
- le tribunal administratif a, contrairement à ce que soutiennent les requérants, alloué une rente annuelle de 200 euros au titre des frais de contrôle annuel des comptes ;
- les demandes au titre du déficit fonctionnel permanent, du préjudice esthétique, du préjudice d'agrément et du préjudice sexuel et d'établissement sont excessives ; les sommes allouées par les premiers juges devront être confirmées ;
- les frais de transport exposés, ainsi que les frais d'aménagement du logement par les parents de Mme B G ne sont pas justifiés ; les préjudices moraux des parents de Mme B G ont déjà été indemnisés dans le cadre du jugement rendu le 24 juin 2004 par le tribunal administratif de Besançon ; il n'y a pas lieu d'accorder à Mme H G une indemnité supérieure à celle déjà accordée par les juges de première instance au titre de son préjudice économique ; Mme H G ne peut d'ailleurs obtenir qu'une indemnisation de son préjudice économique par l'octroi d'une rente ;
- le frère, la sœur et les grands-parents ont toujours connu ou quasiment toujours connu Mme B G dans l'état qui est le sien et n'ont pas subi de préjudice d'affectation en lien avec l'accident opératoire ;
- il a continué, même après la majorité de Mme B G à verser une rente trimestrielle de 15 000 euros ; ces sommes doivent être déduites des indemnités à allouer aux requérants.
La procédure a été communiquée à la CPAM du Haut-Rhin, qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 23 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la cour était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que les conclusions à fin d'indemnisation du préjudice économique de Mme H G ne peuvent qu'être rejetées dès lors que l'indemnisation pour perte de revenus accordée au parent interrompant son activité professionnelle pour assister son enfant ne peut être cumulée avec l'indemnisation de l'enfant pour besoin d'assistance par tierce personne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marchal,
- les conclusions de M. Barteaux, rapporteur public,
- et les observations de Me Chalanset pour les consorts G et de Me Demailly pour le CHRU de Besançon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B G est née le 13 février 1996. Elle a subi, le 13 février 1997, une opération afin de la guérir d'une malformation crânienne localisée à la région frontale droite, liée à la fermeture prématurée d'une suture entraînant une déformation crano-faciale. Cette opération a été réalisée sous anesthésie générale. Toutefois, au cours de l'opération Mme B G a été victime d'un spasme bronchique, qui a provoqué un arrêt circulatoire et, ainsi, une anoxie cérébrale d'une durée de plusieurs minutes. Cette opération a causé à Mme B G d'importantes séquelles. Par des jugements du 27 juin 2002 et du 24 juin 2004, qui ont été confirmés par un arrêt du 30 mars 2006 de la cour administrative d'appel de Nancy, le tribunal administratif de Besançon a, tout d'abord, retenu, sur le fondement de la responsabilité à raison de la réalisation d'un risque médical grave et exceptionnel, la responsabilité du CHRU de Besançon et a, ensuite, condamné le CHRU de Besançon à verser, à compter du 14 février 1997 et jusqu'à la majorité de Mme B G, une rente trimestrielle à M. et Mme G, en leur qualité de représentants légaux de leur fille B, d'un montant de 15 000 euros et sur laquelle devaient s'imputer, dans la limite des trois quarts de son montant, les créances de la CPAM du Haut-Rhin. Enfin, le tribunal a condamné le centre hospitalier à verser à M. et Mme G la somme de 20 000 euros à chacun en raison des préjudices personnels et économiques qu'ils avaient subis du fait de cet accident.
2. A la majorité de Mme H G, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de tutrice de Mme B G, M. F G, Mme C G, M. I G, M. D E et Mme L E ont demandé au tribunal administratif de Besançon de condamner le CHRU de Besançon à les indemniser des préjudices qu'ils estiment avoir subis à la suite de l'accident du 13 février 1997. Par un jugement n°s 1600302, 1601528 du 31 juillet 2019, le tribunal administratif de Besançon a condamné le CHRU de Besançon à verser à Mme B G la somme globale de 1 055 076,23 euros, ainsi qu'à lui rembourser, au fur à mesure, ses dépenses liées au renouvellement d'appareillages et, enfin, à lui verser, tous les sept ans, une rente d'aménagement de véhicule automobile d'un montant de 20 000 euros, une rente annuel pour le contrôle de ses comptes bancaires d'un montant de 200 euros et une rente au titre des frais futurs d'assistance par tierce personne. Le tribunal a également condamné le CHRU de Besançon à verser à Mme H G la somme de 20 000 euros. Le tribunal a, par ailleurs, condamné le CHRU de Besançon à verser à la CPAM du Haut-Rhin la somme de 160 002,28 euros, ainsi qu'à lui rembourser, au fur et à mesure de ses débours la totalité des sommes relatives aux frais pharmaceutiques, médicaux, d'hospitalisation, d'appareillage et de transport exposées pour le compte de B G et imputables à l'accident opératoire du 13 février 1997. Mme H G, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de tutrice de Mme B G, M. F G, Mme C G, M. I G, M. D E et Mme L E relèvent appel de ce jugement. Le CHRU de Besançon conteste ce jugement par la voie de l'appel incident.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Alors même que le centre hospitalier avait, dans ses écritures de première instance, proposé de retenir le besoin d'assistance d'une tierce personne de Mme B G à hauteur de douze heures d'assistance active et douze heures d'assistance passive, les premiers juges, à qui il appartenait de ne mettre à la charge de cet établissement que les sommes dont il était effectivement redevable, n'ont pas statué au-delà des conclusions dont ils étaient saisis en retenant que les besoins de tierce assistance de Mme B G n'étaient que de quinze heures par jour. Le moyen doit, par suite, être écarté.
Sur les préjudices temporaires de Mme B G :
4. Mme B G demande l'indemnisation de différents préjudices subis avant la consolidation de son état de santé, qui doit être fixée conformément aux indications de l'expertise du docteur M au jour de ses 18 ans, soit le 13 février 2014. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par un arrêt n° 04NC00846 du 30 mars 2006, la cour administrative d'appel de Nancy a confirmé le jugement n° 0001255 du 24 juin 2004 du tribunal administratif de Besançon, qui a condamné le CHRU de Besançon à verser, à compter du 14 février 1997 et jusqu'à la majorité de Mme B G, une rente provisionnelle trimestrielle à M. et Mme G, en leur qualité de représentants légaux de leur fille B, d'un montant de 15 000 euros pour couvrir l'ensemble des préjudices subis par Mme B G depuis son accident. Si cette rente pouvait être imputée jusqu'au trois quart par les débours engagés par la caisse primaire d'assurance maladie pour la prise en charge de Mme B G, au moins un quart de la rente trimestrielle était nécessairement attribuée aux parents A la victime en leur qualité de représentants légaux. Mme B G a ainsi obtenu, par ces rentes provisionnelles, une somme qui ne saurait être inférieure à la somme de 255 000 euros. Or, les requérants sollicitent, s'agissant des préjudices subis avant consolidation, une somme de 24 196,10 euros au titre des dépenses de santé demeurées à leur charge, une somme de 800 euros au titre de l'assistance apportée par le docteur J pour la réalisation d'une expertise en 2013, une somme de 50 000 euros au titre du préjudice scolaire et, enfin, une somme de 5 307,48 euros exposée pour l'achat d'un fauteuil roulant manuel le 5 juin 2012. L'ensemble des préjudices subis avant consolidation, dont l'indemnisation est sollicitée par les requérants, s'élève donc à un montant nécessairement inférieur aux versements perçus par ces derniers dans le cadre de la rente trimestrielle provisionnelle, de sorte que ces préjudices temporaires doivent être regardés comme ayant déjà été pleinement indemnisés. Il ne résulte en outre pas de l'instruction que le montant total de la rente trimestrielle versée jusqu'à la majorité de la victime aurait excédé la somme des préjudices temporaires subis par Mme B G, le CHRU de Besançon ne soulevant d'ailleurs aucun moyen à cet égard. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation des préjudices temporaires de la victime doivent être rejetées.
Sur les préjudices patrimoniaux permanents de Mme B G :
En ce qui concerne les frais de santé :
S'agissant des frais d'ostéopathie :
5. Les requérants sollicitent la condamnation du CHRU à leur verser la somme de 105 euros au titre des frais engendrés par deux séances d'ostéopathie réalisées le 2 mai 2014 et le 17 juillet 2014. Toutefois, ainsi que le souligne le CHRU en défense, les requérants se bornent à verser, pour justifier de la tenue de ces séances, une facture de 45 euros pour une séance d'ostéopathie réalisée le 13 décembre 2013, qui ne correspond donc pas aux séances pour lesquelles une indemnisation est sollicitée, une facture de 40 euros dont les mentions complétées par le soignant ne précisent pas la date des soins, ainsi qu'un reçu de don à l'association des parents et amis des enfants handicapés. Dans ces conditions, le préjudice invoqué n'est pas établi et la demande d'indemnisation de ce préjudice doit être rejetée.
S'agissant des aides techniques :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'anoxie cérébrale subie par Mme B G lors de l'opération du 13 février 1997 a eu de lourdes conséquences pour cette dernière. En plus d'importantes lésions cérébrales, Mme B G souffre de tétraparésie avec hypotonie axiale sans tenue de la tête, ni tenue en position assise ou debout, mais présente aussi des troubles majeurs de la vue et des problèmes de spasticité aux quatre membres. Il résulte de l'expertise du docteur M et n'est d'ailleurs pas contesté à hauteur d'appel par le CHRU de Besançon que l'état de santé de Mme G rend nécessaire l'acquisition d'un fauteuil roulant électrique, mais aussi d'un fauteuil roulant manuel, d'un tricycle thérapeutique et d'un entraîneur Motomed. Au regard des différents justificatifs versés au dossier, il y a lieu d'accorder une indemnité de 22 104,81 euros pour l'acquisition d'un fauteuil roulant électrique, ainsi que des sommes de 9 653,24 euros pour l'achat d'un tricycle thérapeutique et de 4 965 euros pour l'achat d'un entraîneur Motomed. Il résulte de plus de l'instruction que les achats d'une télécommande pour le fauteuil manuel pour 138,05 euros, d'un coussin d'assise modulaire avec sangle pour 173,33 euros, d'une chaise de douche avec coussin et ceinture de sécurité pour 581,97 euros et, enfin, de rampes télescopiques pour 495 euros, sont en lien direct avec l'état de santé de Mme B G et donc avec l'accident du 13 février 1997. Ces achats doivent ainsi également être indemnisés par le CHRU de Besançon. Au contraire, l'achat d'un fauteuil roulant manuel ayant été réalisé avant la consolidation de l'état de santé de Mme G, il ne saurait, pour les motifs exposés au point 4, être indemnisé.
7. En deuxième lieu, les requérants justifient avoir assuré, depuis 2018, le fauteuil roulant électrique de Mme B G et avoir ainsi engagé depuis cette année des frais annuels d'assurance à hauteur de 253 euros. Ces frais sont en lien avec l'accident du 13 février 1997 et s'élèvent, à la date du présent arrêt, à un montant de 1 012 euros, dont il revient au CHRU d'assurer l'indemnisation. Il résulte également de l'instruction que les requérants engagent, depuis 2016, des frais d'entretien annuel de 67,76 euros pour le fauteuil roulant électrique, ainsi que de 42,44 euros pour le fauteuil roulant manuel. Ces frais sont également en lien avec l'accident et s'élèvent, au jour du présent arrêt, à 406,56 euros pour l'entretien du fauteuil électrique et à 254,64 euros pour l'entretien du fauteuil manuel. Il revient également au CHRU de Besançon d'assurer l'indemnisation de ces frais.
8. En troisième lieu, les requérants justifient avoir engagé des frais de réparation du fauteuil roulant électrique de Mme B G pour un montant de 23,45 euros, qui doit également être indemnisé par le CHRU de Besançon.
9. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction et notamment pas de l'expertise du docteur M que l'acquisition d'une baignoire de balnéothérapie soit en lien avec l'accident subi par Mme B G. Les requérants, en se bornant à indiquer qu'elle est utilisée pour la rééducation de la victime sans plus de précision, ne justifient pas la nécessité de cette acquisition. Il ne résulte pas plus de l'instruction que l'acquisition, d'ailleurs non justifiée, d'un joystick roller et d'un contacteur soit en lien avec l'accident du 13 février 1997, la seule lettre d'un ergothérapeute mentionnant des essais à partir d'un joystick et d'un contacteur pour permettre à B d'utiliser un ordinateur ne saurait justifier que ce système ait finalement été retenu. Enfin, si les requérants demandent l'indemnisation des coûts d'acquisition de barres d'appui, ils n'apportent aucune précision quant à leur utilisation et nécessité, alors qu'elles ne sont pas mentionnées dans l'expertise du docteur M ou dans celle du docteur J. Ces différents frais ne peuvent donc être indemnisés.
10. En cinquième lieu, si les requérants sollicitent l'indemnisation de frais de renouvellement de plusieurs des matériels acquis et notamment listés au point 6 du présent arrêt, ils n'apportent aucun élément justifiant de ce que, à la date du présent arrêt, ils auraient effectivement procédé au remplacement de ces aides techniques. Si les requérants sollicitent une indemnisation en capital, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de retenir un remboursement sur présentation de justificatifs des dépenses liées au renouvellement et au remplacement des éléments d'appareillage en lien avec l'accident du 13 février 1997 et restées à la charge de Mme B G, au fur et à mesure qu'elles auront été exposées. Les renouvellements seront indemnisés, au plus tôt, un an après le dernier achat en ce qui concerne le coussin d'assise modulaire et, au plus tôt, tous les cinq ans après la dernière acquisition pour le fauteuil roulant électrique, le fauteuil roulant manuel, pour la télécommande pour le fauteuil roulant manuel, pour la chaise de douche avec coussin et ceinture, pour le tricycle thérapeutique, pour l'entraîneur Motomed et, enfin, pour les rampes télescopiques Les dépenses futures d'assurance, d'entretien annuel et de réparation des fauteuils roulants donneront également lieu à un remboursement au fur et à mesure qu'elles auront été exposées et sur présentation de justificatifs.
S'agissant des frais de petit matériel :
11. Les requérants indiquent avoir exposé, pour la période postérieure à la date de consolidation, des frais de petit matériel médical liés à l'état de santé de Mme B G et qui doivent être chiffrés à 93 euros par mois s'agissant notamment des changes pour le jour et la nuit, des alèses, des médicaments facilitant le sommeil ou encore des lingettes nettoyantes. Toutefois, il résulte de l'instruction que le rapport d'expertise du docteur M, désigné par le tribunal administratif de Besançon, a certes reconnu la nécessité de changes pour la nuit, mais a explicitement exclu le besoin pour Mme B G de disposer de changes pour le jour. Les éléments versés au dossier par les requérants ne permettent pas de remettre en cause cette indication. Les requérants ne justifient pas plus la nécessité pour Mme B G de disposer de médicaments facilitant le sommeil, qui ne sont nullement évoqués dans le rapport du docteur M, alors, au contraire, que l'expertise souligne que la qualité du sommeil de Mme B G est préservée. De même, si les requérants sollicitent une indemnité au titre des frais liés à l'achat du médicament Lioresal, ils se bornent à produire une ordonnance sans justifier de la délivrance effective de ce médicament ou du coût demeuré à leur charge. A considérer même que l'ensemble des autres éléments évoqués par les requérants soient bien nécessaires à Mme B G, le montant des coûts mensuels de ces frais de petit matériel s'élève à 49,92 euros depuis le 1er mars 2014. Or, il résulte de l'instruction et notamment des écritures des requérants que Mme B G bénéficie d'une prestation de compensation du handicap spécifiquement dédiée à l'acquisition de ces articles d'hygiène, qui était d'un montant de 50,28 euros du 1er octobre 2012 au 1er mars 2016 et est, depuis le 1er mars 2016, d'un montant de 73,69 euros. Cette prestation a donc couvert et continue de couvrir l'ensemble des dépenses de petit matériel dont l'indemnisation est demandée par les requérants. Il n'y a donc pas lieu de condamner le CHRU à verser une indemnité s'agissant de ces frais.
12. Les requérants sollicitent que soient réservés les droits à indemnisation pour les frais de petit matériel en cas de modification du montant de la prestation de compensation du handicap relative aux articles d'hygiène. Pour autant, il n'appartient pas au juge administratif de donner acte des réserves relatives à des préjudices futurs éventuels.
En ce qui concerne les frais de contrôle annuel des comptes :
13. Par une ordonnance du 25 octobre 2017, le juge des tutelles du tribunal d'instance de Colmar a confié le contrôle des comptes de Mme B G à une société d'expertise comptable et a arrêté la rémunération due à cette société à 160 euros pour l'année 2016 et à 200 euros pour les années suivantes. Il résulte également de cette ordonnance que cette rémunération doit être assurée par Mme B G. Ces frais de contrôle annuel des comptes ont été imposés en raison du placement sous tutelle de Mme G, qui est lui-même directement imputable aux troubles causés par l'accident du 13 février 1997. Il ne résulte pas de l'instruction que la rente accordée par les premiers juges à compter de la date de consolidation de l'état de santé de Mme G et d'un montant annuel de 200 euros, payable à terme échu et revalorisée par la suite par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale, soit insuffisante. Le CHRU ne contestant pas les modalités de cette rente, il y a lieu de confirmer sa condamnation à verser cette rente annuelle.
En ce qui concerne les frais d'assistance par le docteur J lors de l'expertise :
14. Contrairement aux frais engagés pour la réalisation, par le docteur J, d'une expertise en 2013, les frais pour s'attacher l'assistance de ce même praticien dans le cadre de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif ont été engagés postérieurement à la consolidation du préjudice de Mme B G. Il résulte de l'instruction que cette assistance a été utile en l'espèce et que, par suite, les requérants sont fondés à demander l'indemnisation des frais de 3 000 euros engagés à ce titre.
En ce qui concerne les frais de logement adapté :
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur M, que l'état de santé de Mme B G, qui ne peut se déplacer qu'en fauteuil roulant, exige l'adaptation de son logement. L'installation d'un système de transfert de rails au plafond permettant un déplacement plus aisé de Mme B G, à laquelle il a été procédé avant consolidation, est en lien avec l'accident du 13 février 1997. Les frais liés à la réparation du transfert de rail en 2017 sont, par suite, également en lien avec l'accident subi et les requérants sont fondés à solliciter la condamnation du CHRU de Besançon à verser la somme de 184,42 euros pour ce préjudice.
16. En deuxième lieu, si les requérants sollicitent l'indemnisation de frais de rénovation et de renouvellement du système de rail et de sangles engagés depuis 2014, ils n'apportent aucun élément justifiant de ce que, à la date du présent arrêt, ils auraient effectivement procédé à ces remplacements ou rénovation. Pour le futur, les éventuels renouvellements et rénovations nécessaires à l'adaptation du logement donneront lieu à un remboursement au fur et à mesure qu'ils auront été exposés et sur présentation de justificatifs. Les renouvellements pourront avoir lieu tous les ans concernant les sangles et au plus tôt huit ans après le dernier achat pour le système de transfert de rails au plafond.
17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, les conclusions tendant à ce que soient réservés les droits à indemnisation pour les frais d'acquisition et d'aménagement du logement doivent être rejetées.
En ce qui concerne les frais de véhicule adapté :
18. Il résulte de l'instruction que les déplacements en voiture de Mme B G ne peuvent être effectués que dans un véhicule de taille suffisante et ayant bénéficié de différentes adaptations pour pouvoir l'accueillir. Les requérants sont donc fondés à solliciter l'indemnisation du surcoût lié à l'achat d'un véhicule d'une taille adaptée et à l'aménagement de celui-ci pour accueillir Mme B G. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les premiers juges auraient insuffisamment évalué ce préjudice en allouant à Mme B G une rente d'un montant de 20 000 euros payable à terme échu tous les sept ans à compter de la date de majorité de la victime, qui ne fait l'objet d'aucune critique spécifique de la part du CHRU de Besançon. Il y a néanmoins lieu d'indexer cette rente conformément aux coefficients de l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
En ce qui concerne l'assistance par tierce personne :
19. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
20. Le rapport d'expertise du docteur M évalue le besoin en tierce assistance de Mme B G à douze heures d'assistance active et douze heures d'assistance passive par jour. Si les premiers juges, après avoir rappelé cette estimation, ont considéré, sans contradiction de motif, qu'ils appréciaient, au contraire, le besoin comme étant uniquement limité à 15 heures d'assistance par jour, il résulte de l'instruction que Mme G n'est pas autonome et a un besoin constant de surveillance tant en journée que la nuit. Il y a donc lieu de retenir que Mme B G a un besoin d'assistance journalier de douze heures d'assistance active et douze d'assistance passive. Cette assistance est apportée, d'une part, par ses proches et particulièrement sa mère et, d'autre part, par les institutions spécialisées qui l'accueillent et pour lesquelles elle n'expose toutefois en principe aucune dépense, sous réserve de ce qui est précisé au point 22. Pour évaluer les frais, dont Mme B G a droit à être indemnisée, il doit ainsi être distingué les périodes passées au domicile de celles passées sous l'assistance des institutions spécialisées.
S'agissant de la période du 13 février 2014 au 31 août 2016 :
21. En premier lieu, il est constant que Mme B G a été, de son dix-huitième anniversaire jusqu'au 31 août 2016, accueillie au sein de l'institut d'éducation motrice (IEM) " Les Grillons " de 8 heures 30 à 16 heures 30 du lundi au jeudi et de 8 heures 30 à 13 heures 30 le vendredi. Il doit, de plus, être pris en compte le fait que Mme B G, qui habite à plus de 55 kilomètres du centre, était transférée pendant, cette période, par une ambulance dont les frais ont été pris en charge par la CPAM. Pendant la durée de ce trajet quotidien, dont il résulte de l'instruction qu'elle est d'une heure et quinze minutes pour l'aller et d'une heure et quinze minutes pour le retour, Mme B G n'est pas placée sous l'assistance de ses proches. Ainsi, si la victime doit être regardée comme étant assistée à hauteur de 24 heures par ses proches les journées où elle ne fréquentait pas l'IEM " Les Grillons ", elle n'était assistée par ses proches qu'à hauteur d'une moyenne de 14,1 heures lors des journées où elle se rendait à cet institut. Or, il résulte de l'instruction qu'entre le 13 février 2014 et le 31 août 2016, Mme B G a passé 323 jours à l'IEM et est restée les autres jours intégralement sous l'assistance de sa famille. Par suite, alors que le préjudice indemnisable doit être en l'espèce déterminé sur la base d'un montant horaire de 15 euros et d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et des jours fériés, ce dernier s'élève à 307 007,16 euros. Il doit cependant encore être retranché à cette somme les prestations de compensation du handicap perçues par Mme B G et visant spécifiquement à dédommager l'aide humaine apportée par sa famille. A ce titre, Mme B G a bénéficié, de 2012 au 29 février 2016, de prestation de compensation de l'aide humaine à hauteur de 1 067,69 euros par mois et a perçu, au total, sur la période du 13 février 2014 au 29 février 2016, une prestation totale qui doit être évaluée à un montant de 26 234, 66 euros. A partir du 1er mars 2016, Mme B G a perçu une prestation d'un montant de 994,87 euros par mois et a ainsi bénéficié, sur la période du 1er mars 2016 au 31 août 2016, d'une prestation totale qui doit être évaluée à un montant de 5 969,22 euros. Pour la période du 13 février 2014 au 31 août 2016, le préjudice d'assistance à indemniser au profit de Mme B G doit donc s'établir à la somme de 274 803,28 euros, l'indemnisation accordée par les premiers juges étant insuffisante.
22. En deuxième lieu, les consorts G sollicitent l'indemnisation de frais d'accueil de Mme B G au sein de l'institut d'éducation motrice " Les Grillons " à hauteur de 24 004,80 euros du 13 février 2016 au 31 août 2016. Il résulte de l'instruction qu'à compter des 20 ans de la victime, soit le 13 février 2016, et jusqu'à son départ de l'institut le 31 août 2016, une double tarification a été imposée par la structure d'accueil en raison de l'âge de la patiente. Il n'est pas contesté par le CHRU de Besançon que des frais de 24 004,80 euros sont restés à la charge des requérants pour cette période, de sorte qu'il y a lieu de mettre à la charge du CHRU l'indemnisation de cette dépense.
S'agissant de la période du 1er septembre 2016 au 28 avril 2022 :
23. Il est constant que Mme B G a été, du 1er septembre 2016 jusqu'au 28 avril 2022, date du présent arrêt, accueillie au sein du service accueil de jour (SAJ) de Colmar tous les mardis de 13 heures 30 à 16 heures 30, ainsi que les jeudis de 9 heures 30 à 16 heures 30 et, enfin, les vendredis de 9 heures 30 à 15 heures 30. Les transports entre le domicile et ce service sont assurés sous l'assistance des parents de Mme B G. Ainsi, au cours d'une semaine où Mme B G fréquente le service d'accueil de jour, elle est assistée par ses proches à hauteur de 152 heures. Au contraire, les semaines où elle ne fréquente pas ce service, elle est assistée par ses proches à raison de 168 heures par semaine. Il résulte de l'instruction que, sur la période du 1er septembre 2016 au 28 avril 2022, Mme B G s'est rendue dans ce centre durant 274 semaines, les autres semaines ont été exclusivement passées auprès de ses proches. Par suite, alors que le préjudice indemnisable doit être en l'espèce déterminé sur la base d'un montant horaire de 15 euros et d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et des jours fériés, le préjudice doit être, en l'espèce, évalué à 764 897,75 euros. Il doit cependant encore être retranché à cette somme les prestations de compensation du handicap perçues par Mme B G. A ce titre, Mme B G a bénéficié, du 1er septembre 2016 au 28 février 2021, de prestations d'un montant, de 994,87 euros par mois, soit, sur la période du 1er septembre 2016 au 28 février 2021, une prestation totale d'un montant qui doit être évalué à 53 722,98 euros. A partir du 1er mars 2021, Mme B G a perçu une prestation d'un montant de 1 073,89 euros par mois et a ainsi bénéficié, sur la période du 1er mars 2021 au 28 avril 2022, d'une prestation totale qui doit être évaluée à un montant de 14 962,87 euros. Pour la période du 1er septembre 2016 au 28 avril 2022, le préjudice d'assistance à indemniser au profit de Mme B G s'établit à la somme de 696 211,90 euros.
S'agissant des besoins futurs en assistance par une tierce personne :
24. Si le juge, saisi de conclusions tendant, pour une période à venir, à l'indemnisation de frais futurs d'assistance à domicile par tierce personne, n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la victime sera effectivement logée à domicile, ou hébergée dans une institution spécialisée dans laquelle ces frais ne seront pas exposés, il lui appartient d'accorder une rente couvrant les frais d'assistance par tierce personne à domicile, en précisant le mode de calcul de cette rente, dont le montant doit dépendre du temps passé à domicile.
25. Pour l'avenir, dès lors qu'il n'est pas possible de déterminer si Mme B G sera hébergée dans une institution spécialisée ou à son domicile avec l'assistance de sa famille, il y a lieu de lui accorder une rente couvrant les frais d'assistance par tierce personne à domicile, en précisant le mode de calcul de cette rente, dont le montant doit dépendre du temps passé à domicile. A ce titre, lorsque Mme G, qui a un besoin d'assistance à raison de 12 heures d'assistance active et 12 heures d'assistance passive par jour, n'est pas prise en charge par une institution spécialisée et est donc exclusivement assistée par ses proches et, tout particulièrement, par sa mère, il doit lui être accordé une somme de 450 euros pour les vingt-quatre heures d'assistance, intégrant la majoration liée à un calcul effectué sur la base d'une année de 412 jours afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, le montant retenu par les premiers juges s'avérant insuffisant. Ce montant sera revalorisé annuellement par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale. Au contraire, lorsque Mme B G est prise en charge partiellement par une institution spécialisé dans laquelle les frais d'assistance ne seront pas exposés, il y a alors lieu de déterminer un coefficient entre les heures passées sous l'assistance de ses proches et le nombre total d'heure sur une journée puis d'appliquer ce coefficient au montant de 450 euros pour obtenir la somme qui devra être versée au titre de l'assistance par tierce personne pour cette journée. Au regard de cette méthode et des informations communiquées par les consorts G et autres quant aux horaires où Mme B G a été prise en charge par une institution spécialisée, ce qui doit être inclure les temps de transports s'ils ne sont pas assurés sous l'assistance des consorts G, il doit être arrêté la rente à verser pour le trimestre échu. Le montant de la prestation de compensation du handicap, mais aussi, ainsi que le souligne d'ailleurs le CHRU de Besançon, le montant de toute éventuelle autre prestation versée, qui aurait également pour objet d'indemniser l'assistance par tierce personne et dont aucune disposition particulière ne permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune, doivent être soustraites du montant à verser à Mme B G, étant précisé que l'allocation aux adultes handicapés ne saurait donner lieu à déduction au titre de ce chef de préjudice dès lors qu'elle n'a pas pour objet d'indemniser ce besoin d'assistance. La rente pourrait, en cas de prise en charge intégrale de Mme B G par une institution spécialisée, être suspendue. La réduction ou la suspension de la rente sera exécutée sous le contrôle du juge de l'exécution de la décision fixant l'indemnisation. Au jour du présent arrêt, Mme B G étant actuellement accueillie au sein du SAJ de Colmar tous les mardis de 13 heures 30 à 16 heures 30, ainsi que les jeudis de 9 heures 30 à 16 heures 30 et, enfin, les vendredis de 9 heures 30 à 15 heures 30, elle a ainsi le droit à une rente journalière de 318,75 euros pour les jeudis où elle est prise en charge au SAJ de Colmar, à une somme de 337,50 euros pour les vendredis et à une somme de 393,75 euros pour les mardis. Pour les jours où Mme B G ne fréquente pas le SAJ, elle bénéficie donc d'une rente de 450 euros. La rente trimestrielle doit ainsi, dans les conditions actuelles d'accueil de Mme G au sein du SAJ de Colmar, être évaluée à un montant de 37 050 euros. Il doit cependant encore être retranché de cette somme les prestations de compensation du handicap perçues par Mme B G sur cette même période, seule prestation ayant pour objet d'indemniser l'assistance par tierce personne actuellement perçue par Mme B G. Mme B G bénéficiant de prestation d'un montant de 1 073,89 euros par mois, la somme à retrancher trimestriellement donc être évaluée à 3 221,67 euros, de sorte que la rente trimestrielle devant être versée à la victime est de 33 828,33 euros.
26. La méthode de détermination de la rente à verser à Mme B G pour le futur permet ainsi d'adapter son montant aux éventuelles modifications de sa prise en charge, ainsi qu'aux possibles évolutions des différentes prestations perçues, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à demander à ce qu'il soit réservé les droits à indemnisation de l'assistance à tierce personne en cas d'évolution des modalités de prise en charge de Mme B G ou de modification du montant des prestations perçues.
En ce qui concerne les frais de transport jusqu'au service de jour de Colmar :
27. En premier lieu, si les requérants sollicitent l'indemnisation des frais engagés pour assurer le transport de Mme B G entre son domicile et le SAJ de Colmar par une société privée, ils se bornent à verser un devis d'une société spécialisée, mais n'apportent aucun élément pour justifier de la réalité de la prise en charge de ces transports par une société tierce. Par suite, ainsi que l'ont retenu les premiers juges, les requérants ne sont pas fondés à demander l'indemnisation de ce préjudice.
28. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, les conclusions à fin que soient réservés les droits relatifs au frais de transport, dans l'hypothèse où le lieu de prise en charge de Mme G évoluerait, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les pertes de gains professionnels :
29. Lorsque la victime se trouve, du fait d'un accident corporel survenu dans son jeune âge, privée de toute possibilité d'exercer un jour une activité professionnelle, la seule circonstance qu'il soit impossible de déterminer le parcours professionnel qu'elle aurait suivi ne fait pas obstacle à ce que soit réparé le préjudice, qui doit être regardé comme présentant un caractère certain, résultant pour elle de la perte des revenus qu'une activité professionnelle lui aurait procurés et de la pension de retraite consécutive. Il y a lieu de réparer ce préjudice par l'octroi à la victime, à compter de sa majorité et sa vie durant, d'une rente fixée sur la base du salaire médian net mensuel de l'année de sa majorité et revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale. Doivent être déduites de cette rente les sommes éventuellement perçues par la victime au titre de l'allocation aux adultes handicapé.
30. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, qui ont refusé d'indemniser ce poste de préjudice et ont accordé une somme au titre de l'incidence professionnelle, alors que les requérants n'avaient pas sollicité l'indemnisation d'un tel chef de préjudice devant le tribunal administratif, ni d'ailleurs devant la présente juridiction, ils doivent être indemnisés de la perte de gains professionnels de Mme G. A ce titre, le salaire médian pour l'année 2014, année de majorité de Mme B G, s'élevait selon une étude de l'INSEE à 1783 euros net par mois, soit 5 349 euros par trimestre. Il y a ainsi lieu d'allouer à Mme B G pour l'avenir, en réparation de sa perte de revenus professionnels et de la perte consécutive de ses droits à pension, préjudice incluant la part patrimoniale de son préjudice scolaire, une rente dont le montant sera calculé sur la base du salaire médian net de 2014, soit 5 349 euros par trimestre, actualisé en fonction des coefficients annuels de revalorisation fixés en application de l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale depuis l'année 2014 et revalorisé annuellement à l'avenir par application des coefficients qui seront légalement fixés. Les sommes perçues par l'intéressée au titre de l'allocation aux adultes handicapés viendront, le cas échéant, en déduction de cette rente.
Sur les préjudices extrapatrimoniaux permanents de Mme B G :
31. En premier lieu, il ressort du rapport d'expertise du docteur M, que Mme B G conserve, depuis la consolidation de son état de santé, un déficit fonctionnel permanent de 85 %. Compte tenu de l'âge de B à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste évaluation de ce chef de préjudice en portant la somme de 400 000 euros qui lui a été allouée par les premiers juges à 450 000 euros.
32. En deuxième lieu, le préjudice esthétique de Mme B G ayant été estimé par l'expert à 5 sur une échelle de 7, il a été fait une juste appréciation de ce chef de préjudice par les premiers juges en lui allouant une somme de 14 000 euros.
33. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la somme allouée par le tribunal pour indemniser le préjudice d'agrément de Mme B G serait insuffisante. Les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont condamné le CHRU de Besançon à verser une somme de 80 000 euros en réparation de ce préjudice.
34. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'accident médical a engendré pour la victime un préjudice sexuel, compte tenu notamment de son impact sur ses capacités physiques, mais a également, au vu du très jeune âge de la victime lors de l'accident du 13 février 1997, généré un important préjudice d'établissement. Pour autant, il ne résulte pas de l'instruction que la somme de 30 000 euros allouée par les premiers juges pour indemniser ces préjudices seraient insuffisante. Les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont condamné le CHRU de Besançon à verser une somme de 30 000 euros en réparation de ces préjudices.
35. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander que la somme que le CHRU est condamné à verser à Mme B G soit portée à 1 612 012,45 euros, outre les rentes mentionnées aux points 13, 18, 25 et 30 du présent arrêt. Il y a lieu toutefois de déduire de cette somme les rentes trimestrielles que le CHRU a continué à verser après la majorité de la victime.
Sur les préjudices de Mme H G et de M. F G :
36. En premier lieu, ainsi que l'ont souligné les premiers juges, par un arrêt n° 04NC00846 du 30 mars 2006, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Nancy a confirmé le jugement n° 001255 du 24 juin 2004 du tribunal administratif de Besançon, qui a condamné le CHRU de Besançon à verser à Mme H G et à M. F G, parents de Mme B G, la somme globale de 20 000 euros en réparation de leurs préjudices patrimoniaux, ainsi que des différents troubles dans leurs conditions d'existence causés par l'accident du 13 février 1997. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'indemnisation des frais de transports exposés par Mme H G et M. F G afin d'accompagner leur fille aux différents rendez-vous médicaux entre la date de l'intervention et ses 18 ans. Pour les mêmes motifs, les préjudices moraux de Mme H G et M. F G ne peuvent pas non plus être indemnisés.
37. En deuxième lieu, si Mme G soutient que la réparation qui lui a été allouée par les premiers juges au titre de son préjudice professionnel ne couvre pas l'intégralité de son préjudice économique, il ne résulte pas de l'instruction que la somme de 20 000 euros retenue par les premiers juges et non contestée par le CHRU de Besançon soit insuffisante, alors que par l'arrêt n° 04NC00846 du 30 mars 2006, la cour administrative d'appel de Nancy lui avait déjà accordé une indemnité au titre de son préjudice économique.
38. En troisième lieu, s'il résulte de l'instruction que le handicap de Mme B G rendait nécessaire l'adaptation du logement parental, les requérants n'apportent aucune précision, ni aucun élément témoignant de ce que les travaux, dont ils demandent l'indemnisation, sont en lien avec le handicap de leur fille. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à demander l'indemnisation de ce chef de préjudice.
39. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires relatives aux préjudices de Mme H G et M. F G ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les préjudices de Mme C G et de M. I G :
40. M. I G et Mme C G, qui sont respectivement le frère jumeau et la sœur de Mme B G et qui ont grandi avec la victime, sont, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, fondés à solliciter l'indemnisation de leurs préjudices moraux notamment causés par la vue de la douleur et de l'état de leur sœur. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de condamner le CHRU de Besançon à verser la somme de 10 000 euros chacun à M. I G et à Mme C G.
Sur les préjudices de Mme L E et de M. D E :
41. M. et Mme E, grands-parents de Mme B G sont, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, fondés à solliciter l'indemnisation de leurs préjudices moraux. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de condamner le CHRU de Besançon à leur verser la somme de 2 500 euros chacun.
Sur les frais d'expertise :
42. Il n'y a pas lieu de modifier la charge des dépens telle qu'elle a été décidée par les premiers juges, étant précisé que la présente instance d'appel n'a, pour sa part, pas donné lieu à des frais susceptibles d'être qualifiés de dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de procédure administrative.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
43. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Besançon la somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par les consorts G et autres et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La somme que le CHRU de Besançon a été condamné à verser à Mme B G est portée à 1 612 012,45 euros, sous réserve de la déduction des rentes trimestrielles de 15 000 euros qu'il a continué à verser à Mme B G après sa majorité.
Article 2 : Le CHRU de Besançon remboursera à Mme B G, au fur et à mesure et sur présentation de justificatifs, les dépenses futures, demeurées à sa charge, relatives à l'assurance, l'entretien annuel et la réparation des fauteuils, à l'adaptation du logement, au renouvellement et au remplacement des éléments d'appareillage dans les conditions exposées aux points 10 et 16 du présent arrêt.
Article 3 : Le CHRU de Besançon versera à Mme B G les rentes définies aux points 13, 18, 25 et 30 du présent arrêt.
Article 4 : Le CHRU de Besançon versera à M. I G et Mme C G la somme de 10 000 euros chacun.
Article 5 : Le CHRU de Besançon versera à Mme L E et M. D E la somme de 2 500 euros chacun.
Article 6 : Le jugement du tribunal administratif de Besançon du 2 juillet 2019 est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.
Article 7 : Le CHRU de Besançon versera aux consorts G et autres la somme globale de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 9 : Le présent arrêt sera notifié à Mme H G en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, au centre hospitalier régional universitaire de Besançon et à la caisse primaire d'assurance maladie du Haut-Rhin.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Samson-Dye, présidente,
- M. Meisse, premier conseiller,
- M. Marchal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2022.
Le rapporteur,
Signé : S. MARCHAL
La présidente,
Signé : A. SAMSON-DYELe greffier,
Signé : F. LORRAIN La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
F. LORRAIN
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026