jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-20NC00036 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CABINET PHILIPPE PETIT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La Société anizienne de construction a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 9 octobre 2017 et de la décharger de l'obligation de payer la somme de 75 965,54 euros correspondant à une redevance pour occupation du domaine public routier.
Par un jugement n° 1702347 du 3 décembre 2019, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a déchargé la société de l'obligation de payer la somme de 3 534,30 euros et rejeté le surplus des conclusions.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 janvier 2020 et le 3 septembre 2020, la Société anizienne de construction, représentée par Me Roussel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 3 décembre 2019 ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 9 octobre 2017 par la commune de Reims et de la décharger de l'obligation de payer la somme de 75 965,54 euros correspondant à une redevance pour occupation du domaine public routier ;
3°) à titre subsidiaire, de décharger la société de l'obligation de payer les factures n° 945 d'un montant de 6 058,80 euros et n° 950 d'un montant de 4 375,80 euros et d'enjoindre la commune de Reims de recalculer la redevance en fonction de l'emprise réellement occupée et de la ramener au maximum à la somme de 61 996,64 euros ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Reims le versement de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le bordereau de titre de recettes doit être signé et comporter les mentions requises par l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- la créance n'est pas fondée dès lors que l'avis ne précise pas le détail des sommes prises en compte et qu'il ne mentionne pas toutes les factures figurant pourtant dans le décompte ;
- le chantier confié par la SCI centre gare SF ayant été résilié dès le 1er février 2017, il n'est pas établi que le domaine public aurait été occupé par la société après cette date ;
- les droits de voiries doivent être acquittés par le maître d'ouvrage qui était en l'espèce la SCI centre gare SF ;
- elle doit également être déchargée de la facture n° 950 d'un montant de 4 375,80 euros correspondant à une palissade de 35 mètres sur la rue de Courcelles du 1er janvier 2017 au 31 juillet 2017 alors qu'une palissade de 112 mètres couvrant déjà toute la rue lui avait été facturée ;
- ce raisonnement doit également être appliqué pour la période antérieure du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2016 et ainsi entraîner la décharge de la facture n° 945 pour un montant de 6 058,80 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 juillet 2020 et le 1er février 2021, la commune de Reims représentée par Me Petit, soutient à titre principal que la société n'est pas recevable à soulever en cause d'appel des moyens de légalité externe qui n'avaient pas été invoqués en première instance et à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Société anizienne de construction sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barrois, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Antoniazzi, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La Société anizienne de construction s'est vue confier par la SCI centre gare SF la réalisation du lot n° 2 gros œuvre dans le cadre de travaux entrepris pour la construction d'un ensemble immobilier sis 28 rue de Courcelles et 65 rue du Mont d'Arène à Reims dit A 2 et a bénéficié à ce titre d'autorisations d'occupation temporaire du domaine public de la ville de Reims pour l'installation des grues et clôtures bordant le chantier sur ces deux rues. Par un titre exécutoire du 9 octobre 2017, la ville de Reims a mis à sa charge la somme de 75 965,54 euros correspondant à la redevance due au titre de cette occupation. La Société anizienne de construction fait appel du jugement du 3 décembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a déchargé la société de l'obligation de payer la somme de 3 534,30 euros, diminué l'avis des sommes à payer émis le 9 octobre 2017 de ce montant et rejeté le surplus des conclusions.
En ce qui concerne la régularité du titre de perception :
2. En première instance la Société anizienne de construction n'a présenté que des moyens de légalité interne contre l'avis de sommes à payer. Par suite, elle n'est pas recevable à soutenir pour la première fois en appel que ce titre serait entaché d'irrégularités dès lors qu'il ne mentionne pas les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, ni les voies et délais de recours contentieux, qu'il n'est pas signé, que l'autorité administrative n'a pas produit le bordereau de titre de recettes comportant la signature de l'émetteur et qu'il omet de viser les factures n° 941, 947, 948 et 950 pourtant prises en compte dans son montant. Par suite, ces moyens reposant sur une cause juridique différente de celle qui fondait ses moyens de première instance, ils doivent être écartés comme irrecevables.
En ce qui concerne le bien-fondé du titre de perception :
3. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique () donne lieu au paiement d'une redevance () ".
4. En premier lieu, la circonstance que la norme AFNOR NFP 03-001 qui régit les relations contractuelles entre le maître d'ouvrage et les constructeurs et auxquelles n'est pas partie la commune de Reims, prévoit que les redevances d'occupation du domaine public sont supportées par le maître d'ouvrage, n'est pas opposable à la personne publique gestionnaire du domaine alors qu'en outre le bénéficiaire de l'autorisation d'occupation du domaine public était la société anizienne de construction.
5. En deuxième lieu, il n'est pas établi que le démontage des installations de chantier ait été effectué au 1er février 2017 alors au demeurant que la société requérante n'a informé la ville de Reims de la résiliation du marché de gros œuvre dont elle était titulaire et qui fondait sa demande d'autorisation d'occupation du domaine public que le 22 juin 2017.
6. En dernier lieu, il résulte de l'instruction et comme l'ont retenu à juste titre les premiers juges pour la période du 1er janvier 2017 au 31 juillet 2017, que les deux factures n° 945 et 940 ont été émises pour des périodes se chevauchant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 et dont il n'est pas contesté qu'elles ont le même objet, à savoir la pose de palissade d'une largeur de 3 mètres et 50 cm rue de Courcelles pour le chantier A 2. Dès lors qu'il n'est pas établi l'existence d'une occupation, résultant de la mise en place d'une seconde palissade, sur la même rue au titre de la même période ni que cette occupation correspondrait à un linéaire de palissade mis en place sur les rues adjacentes à la rue de Courcelle pour des chantiers différents, il y a lieu de prononcer, au profit de la requérante, la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 876,80 euros correspondant à la facture n° 941 en sus de la facture n° 939 dont la décharge a déjà été prononcée par les premiers juges et de rejeter le surplus des conclusions de sa requête.
7. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est seulement fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté ses conclusions aux fins de décharge à hauteur de 1 876, 80 euros.
Sur les conclusions présentées par la commune de Reims sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La Société anizienne de construction est déchargée de l'obligation de payer 1 876,80 euros correspondant à la facture n° 941 en sus de la facture n° 939 dont la décharge a déjà été prononcée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le jugement du tribunal administratif n° 1702347 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne est réformé en ce qu'il a de contraire avec les articles ci-dessus.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Reims présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à la Société anizienne de construction et à la commune de Reims.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de Champagne-Ardenne.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président de chambre,
- M. Goujon-Fischer, président-assesseur,
- Mme Barrois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé : M. BarroisLe président,
Signé : M. B
La greffière,
Signé : S. RobinetLa République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Robinet
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026