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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-22NC01219

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-22NC01219

vendredi 17 février 2023

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-22NC01219
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL GUITTON & GROSSET BLANDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B et Mme D B, née A, ont demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés par lesquels le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de leur délivrer un titre de séjour et a prolongé pour deux ans les interdictions de retour sur le territoire français dont ils font l'objet.

Par un jugement n° 2200125-2201126 du 14 avril 2022, le tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2022, M. et Mme B, représentés par la SELARL Guitton Grosset Blandin, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 14 avril 2022 ;

2°) d'annuler les arrêtés pris à leur encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de réexaminer leurs situations administratives à compter de la notification de la décision à intervenir et de leur délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de surseoir à statuer dans l'attente des décisions d'aide juridictionnelle ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

S'agissant de la régularité du jugement :

- les premiers juges n'ont pas tenu compte du moyen de ce que les arrêtés contestés , qui ne sont pas datés, sont entachés d'un vice de forme ;

- les premiers juges n'ont pas répondu au moyen tiré de ce que le préfet s'est abstenu d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation par la délivrance d'un titre de séjour valant autorisation de travail au regard des dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail ;

S'agissant des moyens communs aux décisions contestées :

- les décisions contestées ont été signées par une autorité incompétente ;

- elles sont entachées d'un vice de forme dès lors que les arrêtés contestés ne sont pas datés ;

- leur droit à être entendus et l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ont été méconnus ;

S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour :

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet n'a pas examiné les difficultés de recrutement dans la région au sein de laquelle ils bénéficient chacun d'une promesse d'embauche au regard des critères posés par le code du travail, notamment par son article L. 5221-20, et s'est abstenu d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation à cet égard ;

S'agissant des décisions portant prolongation des interdictions de retour sur le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées et le préfet n'a pas fait mention des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de leurs situations personnelles.

Par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy en date du 9 janvier 2023, M. et Mme B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91- 647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné M. Laubriat, président assesseur, pour statuer par ordonnances sur le fondement des alinéas 1° à 5° et 7° de l'article R. 222- 1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B et Mme D B, née A, ressortissants albanais, sont entrés sur le territoire français selon leurs déclarations au cours de l'année 2012 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugiés. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 21 mars 2014, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 avril 2015. Par des arrêtés du 29 juin 2015, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de leur délivrer un titre de séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire français. Par des arrêtés du 1er février 2019, le préfet a de nouveau refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le 6 février 2021, M. et Mme B ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée vie familiale " ou " salarié ". Par des arrêtés non datés reçus par les requérants au plus tard le 15 janvier 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de leur délivrer un titre de séjour et a prolongé les interdictions de retour prises à leur encontre d'une durée d'un an. M. et Mme B font appel du jugement du 14 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

Sur la régularité du jugement :

3. Il ressort des termes du jugement attaqué que les premiers juges ont répondu au moyen tiré du vice de forme au point 5 du jugement contesté. De même, les premiers juges ont répondu au moyen tiré de ce que le préfet se serait abstenu d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation par la délivrance d'un titre de séjour valant autorisation de travail au regard des dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail au point 16 dudit jugement. Si les premiers juges ont fait référence à l'article R. 5221-10 du code précité, ils doivent être regardés comme s'étant référés à l'article R. 5221-20 du même code. Par suite, les moyens tirés de l'omission à statuer ne peuvent qu'être écartés.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

4. Les requérants reprennent en appel, sans les assortir d'éléments nouveaux, les moyens tirés de ce que les décisions contestées ont été signées par une autorité incompétente, de ce qu'elles sont entachées d'un vice de forme dès lors que les arrêtés contestés ne sont pas datés et de ce que leur droit à être entendus et l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ont été méconnus. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par les premiers juges.

En ce qui concerne les décisions portant refus de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre public et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

6. Les requérants se prévalent de l'intégration de leurs enfants mineurs en France, de leur volonté de s'insérer au sein de la société française et de la durée de leur séjour sur le territoire français avec l'ensemble de leur famille. Toutefois, la durée de résidence en France de M. et Mme B, qui n'est pas précisément établie au vu des pièces du dossier, n'est due qu'au fait qu'ils n'ont pas déféré aux deux précédentes mesures d'éloignement prises à leur encontre. En outre, les requérants n'établissent pas qu'ils seraient dans l'impossibilité de reconstituer leur cellule familiale dans leur pays d'origine, où leurs enfants mineurs ont vocation à les suivre et où il n'est pas démontré que ces derniers ne pourraient poursuivre leur scolarité. Les requérants ne font mention d'aucune autre relation en France. Ils n'établissent pas par ailleurs être démunis de toute attache dans leur pays d'origine. De plus, si M. et Mme B, disposent chacun d'une promesse d'embauche, pour un poste de manœuvre au sein de la société SARL S.B.Y pour Monsieur, et pour un poste de manutention conditionnement au sein de la société OLFACTIS pour Madame, et que M. B produit un diplôme de technicien de taille de pierres délivré par la faculté d'ingénierie de la construction de l'université polytechnique de Tirana en Albanie, ils n'établissent pas qu'ils ne pourraient bénéficier de tels emplois dans leurs pays d'origine. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. et Mme B auraient fixé le centre de leurs intérêts privés et familiaux en France. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. et Mme B au respect de leur vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de leurs enfants une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels les décisions contestées ont été prises. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

7. En second lieu, aux termes de l'article R. 5221-20 du code de travail : " L'autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : 1° S'agissant de l'emploi proposé : a) Soit cet emploi relève de la liste des métiers en tension prévue à l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et établie par un arrêté conjoint du ministre chargé du travail et du ministre chargé de l'immigration ; b) Soit l'offre pour cet emploi a été préalablement publiée pendant un délai de trois semaines auprès des organismes concourant au service public de l'emploi et n'a pu être satisfaite par aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé ; 2° S'agissant de l'employeur mentionné au II de l'article R. 5221-1 du présent code : a) Il respecte les obligations déclaratives sociales liées à son statut ou son activité ; b) Il n'a pas fait l'objet de condamnation pénale pour le motif de travail illégal tel que défini par l'article L. 8211-1 ou pour avoir méconnu des règles générales de santé et de sécurité en vertu de l'article L. 4741-1 et l'administration n'a pas constaté de manquement grave de sa part en ces matières ; c) Il n'a pas fait l'objet de sanction administrative prononcée en application des articles L. 1264-3, et L. 8272-2 à L. 8272-4 ; 3° L'employeur, l'utilisateur ou l'entreprise d'accueil et le salarié satisfont aux conditions réglementaires d'exercice de l'activité considérée, quand de telles conditions sont exigées ; 4° La rémunération proposée est conforme aux dispositions du présent code sur le salaire minimum de croissance ou à la rémunération minimale prévue par la convention collective applicable à l'employeur ou l'entreprise d'accueil ; 5° Lorsque l'étranger est titulaire d'une carte de séjour portant les mentions "étudiant" ou "étudiant-programme de mobilité" prévue à l'article L. 422-1, L. 422-2, L. 422-5, L. 422-26 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il a achevé son cursus en France ou lorsqu'il est titulaire de la carte de séjour portant la mention "recherche d'emploi ou création d'entreprise" prévue à l'article L. 422-14 du même code, l'emploi proposé est en adéquation avec les diplômes et l'expérience acquise en France ou à l'étranger. ".

8. En l'espèce, les décisions contestées ont pour seul objet de refuser un titre de séjour à M. et Mme B et non une autorisation de travail. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'a pas examiné les difficultés de recrutement dans la région dans laquelle ils bénéficient chacun d'une promesse d'embauche au regard des critères posés par le code du travail, notamment par son article L. 5221-20, et s'est abstenu d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation ne peut qu'être écarté comme étant inopérant. En tout état de cause, il ressort des termes de la demande de titre de séjour transmise au préfet par les requérants qu'ils ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée vie familiale ". Ils n'établissent pas qu'ils auraient sollicité en outre la délivrance d'une autorisation provisoire de travail. Enfin, il ressort des termes des arrêtés contestés que le préfet ayant relevé que M. et Mme B avaient présenté à l'appui de leurs demandes de titre de séjour des copies de promesses d'embauche, il a examiné la possibilité de leur délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne les décisions portant prolongation des interdictions de retour sur le territoire français :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; (). ". L'article L. 612-10 du même code dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

10. En application des dispositions des articles L. 612-11 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut, dans le respect des principes constitutionnels et conventionnels et des principes généraux du droit, prolonger une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans, en se fondant pour en justifier tant le principe que la durée, sur la durée de la présence de l'intéressé en France, sur la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, sur la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et sur la menace à l'ordre public que représenterait sa présence en France.

11. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision de prolonger une interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

12. Il ressort des termes des décisions contestées que pour décider de prolonger les interdictions de retour sur le territoire français prises à l'encontre de M. et Mme B, le préfet de Meurthe-et-Moselle, après avoir cité les dispositions de l'article L. 612-11 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué qu'ils ont fait l'objet de mesures d'éloignement auxquelles ils se sont soustraits, qu'ils se maintiennent irrégulièrement sur le territoire français et qu'ils n'établissent pas avoir tissé en France des liens personnels ou familiaux d'une intensité, ancienneté et stabilité dignes de protection au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, le préfet a précisé qu'il ressortait de l'examen de leurs situations effectué notamment au regard de l'article L. 612-10 que M. et Mme B ne justifiaient d'aucune évolution de leurs situations personnelles et familiales telle qu'elles puissent remettre en cause l'appréciation qui en avait été faite le 1er février 2019, date du prononcé des interdictions de retour initiales. Les décisions contestées comportent ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen particulier des situations personnelles et M. et Mme B et de ce que le préfet n'a pas fait mention des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 de la présente ordonnance, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant prolongation des interdictions de retour sur le territoire français seraient entachées d'une erreur d'appréciation dans leur principe ou dans leur durée.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête présentée par M. et Mme B sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent dès lors qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également leurs conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Mme D B, née A et à la SELARL Guitton Grosset Blandin.

Copie en sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 17 février 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : A. Laubriat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

A. Bailly

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