LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-23NC00296

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-23NC00296

mardi 16 décembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-23NC00296
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre - formation à 3
Avocat requérantBUES & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler l’arrêté du 20 mai 2021 par lequel le préfet de la Marne lui a ordonné de se dessaisir des armes de toutes catégories en sa possession dans un délai de trois mois, lui a interdit d’acquérir ou de détenir des armes de toutes catégories, a inscrit cette interdiction au fichier national des interdictions d’acquisition et de détention d’armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.


Par un jugement n° 2102490 du 6 décembre 2022, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé la décision du préfet de la Marne ainsi que celle rejetant le recours gracieux formé par M. B... et a enjoint au préfet de faire procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, à l’effacement de toute mention concernant M. B... portée au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes.




Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 janvier 2023 et 20 août 2025, le préfet de la Marne, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) de rejeter la demande de première instance de M. B....

Il soutient que :
- c’est à tort que les premiers juges ont estimé que le comportement de M. B... n’était pas incompatible avec la détention d’une arme ;
- c’est à tort que le tribunal a écarté les violences volontaires commises en 2016 ;
- les juges de première instance ont dénaturé les pièces du dossier en estimant que M. B... contestait les faits de violence du 25 juin 2016 ;
- l’arrêté est suffisamment motivé ;
- il n’est pas entaché d’une erreur de droit ;
- il n’est pas entaché d’une erreur d’appréciation.


Par un mémoire, enregistré le 7 août 2025, M. B..., représenté par Me Aymard de la Ferté-Sénectère de l’AARPI Buès, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l’Etat sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Barteaux,
- les conclusions de Mme Rousseaux, rapporteure publique,
- les observations de M. C..., pour le préfet de la Marne ;
- et les observations de Me de la Ferté-Sénectère, avocat de M. B....


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 20 mai 2021, le préfet de la Marne a ordonné à M. B... de se dessaisir de l’ensemble des armes en sa possession dans un délai de trois mois, lui a interdit d’acquérir ou de détenir des armes de toutes catégories, l’a inscrit sur le fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser. Le 17 juin 2021, l’intéressé a formé un recours gracieux à l’encontre de cette mesure, qui a été rejeté par une décision implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois. A la demande de M. B..., le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé, par un jugement du 6 décembre 2022, dont le préfet de la Marne relève appel, l’arrêté du 20 mai 2021 et la décision implicite de rejet du recours gracieux.

Sur la régularité du jugement :

Hormis dans le cas où les juges de première instance ont méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s’imposaient à eux et ont ainsi entaché leur jugement d’irrégularité, il appartient au juge d’appel, non d’apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels les juges de première instance se sont prononcés sur les moyens qui leur étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l’effet dévolutif de l’appel. Par suite, le préfet de la Marne ne peut, en tout état de cause, pas utilement se prévaloir de ce que le tribunal administratif aurait commis une erreur d’appréciation, une erreur de droit ou dénaturé les documents soumis à son appréciation.

Sur le bien-fondé du motif d’annulation retenu par le tribunal :

Aux termes de l’article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : « Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l’Etat dans le département peut, pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d’une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s’en dessaisir. (…) Sauf urgence, la procédure est contradictoire. Le représentant de l’Etat dans le département fixe le délai au terme duquel le détenteur doit s’être dessaisi de son arme, de ses munitions et de leurs éléments ». Aux termes de l’article R. 312-67 du même code : « Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l’arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles (…) ou L. 312-11 lorsque : / 3° Il résulte de l’enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d’une arme ; cette enquête peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l’article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 (…) ». Il incombe au juge de l’excès de pouvoir d’exercer un entier contrôle sur les décisions prises par l’autorité préfectorale en application de ces dispositions.

Pour ordonner le dessaisissement des armes de catégories C et D appartenant à M. B..., le préfet de la Marne s’est fondé sur le rapport d’enquête administrative, qui a notamment donné lieu à la consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires et du bulletin n° 2 du casier judiciaire de l’intéressé. Cette consultation a révélé, d’une part, que l’intéressé a été signalé pour des faits de dégradations volontaires commis en 2004, de violences volontaires aggravées commis en 2006 et 2009, de violence en réunion suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours commis en 2016 et de dégradation volontaire d’un bien d’autrui commis en 2019 et, d’autre part, qu’il a commis des infractions routières pour conduite sans permis en 2014, 2017, 2018 et 2019, auxquelles s’ajoute une infraction pour conduite en état d’ivresse en 2019. Toutefois, les infractions commises contre des personnes ou des biens entre 2004 et 2009 sont anciennes et n’ont donné lieu à aucune poursuite. L’intéressé explique, sans être sérieusement contredit, que s’agissant des violences volontaires commises en 2016, il est intervenu pour défendre une boulangère opposée à un client violent. Il est constant que ces derniers faits de violences volontaires et ceux de dégradation d’un bien d’autrui, en l’occurrence un robinet d’arrosage, n’ont donné lieu qu’à un rappel à la loi. Quant aux infractions routières de conduite sans permis, outre l’ancienneté d’une grande partie d’entre elles, elles ne sont pas de nature à établir que le comportement de l’intéressé serait incompatible avec la détention d’une arme. Enfin, les faits de conduite d’un véhicule sous l’empire d’un état alcoolique sont isolés. Dans ces conditions, eu égard au caractère ancien, à la date de l’arrêté contesté, d’une majorité des faits et dès lors que les faits les plus récents ne sont pas de nature à révéler une particulière dangerosité de M. B..., laissant craindre une utilisation dangereuse des armes à feu pour lui ou autrui, le préfet de la Marne a entaché l’arrêté en litige d’une erreur d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de la Marne n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé l’arrêté du 20 mai 2021 et la décision portant rejet du recours gracieux formé par M. B....

Sur les frais de l’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : La requête présentée par le préfet de la Marne est rejetée.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l’intérieur et à M. A... B....

Copie en sera adressée au préfet de la Marne.



Délibéré après l’audience du 25 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Rousselle, présidente,
M. Barteaux, président-assesseur,
M. Lusset, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.


Le rapporteur,

Signé : S. Barteaux
La présidente,

Signé : P. Rousselle

La greffière,

Signé : F. Dupuy



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




F. Dupuy

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions