vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-23NC02353 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. F D et Mme A E, née C ont demandé au tribunal administratif de Nancy, de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et d'annuler les arrêtés du 24 février 2023 par lesquels la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin les a assignés à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, après avoir ordonné la communication du dossier sur la base duquel cet arrêté a été pris.
Par un jugement nos 2300658, 2300659 du 10 mars 2023 la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy, après les avoir admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, a annulé ces arrêtés en tant qu'ils leur faisaient obligation de se présenter avec leurs enfants mineurs au commissariat de police de Mont-Saint-Martin et a rejeté le surplus de leurs conclusions.
Procédure devant la Cour :
I - Par une requête enregistrée le 18 juillet 2023 sous le n° 23NC02353, M. F D, représenté par Me Kipffer, demande à la cour :
1°) de rectifier le jugement du 10 mars 2023 en tant qu'il mentionne dans son dispositif, en page 6, " article 4 " au lieu d'" article 5 " ;
2°) d'annuler l'article 4 du jugement du 10 mars 2023 en ce qui le concerne ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 pris à son encontre ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a lieu de rectifier le dispositif du jugement, la magistrate désignée ayant commis une erreur matérielle en indiquant à tort " article 4 " au lieu d'" article 5 " ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'administration ne peut prononcer une deuxième assignation à résidence lorsqu'une première assignation a épuisé ses effets.
II - Par une requête enregistrée le 19 juillet 2023 sous le n° 23NC02367, Mme E, représentée par Me Kipffer, demande à la cour :
1°) de rectifier le jugement du 10 mars 2023 en tant qu'il mentionne à tort le n° " 2600659 " au lieu de " 2300659 " en page 1 et " article 4 " au lieu d'" article 5 " dans son dispositif en page 6 ;
2°) d'annuler l'article 4 de ce jugement du 10 mars 2023 en ce qui la concerne ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 pris à son encontre ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il y a lieu de rectifier le jugement, la magistrate désignée ayant commis deux erreurs matérielles en indiquant à tort le numéro " 2600659 " au lieu de " 2300659 " et " article 4 " au lieu d'" article 5 " dans le dispositif ;
- l'arrêté du 24 février 2023 devait être annulé dans son intégralité dès lors que les modalités d'exécution d'un arrêté portant assignation à résidence n'en sont pas divisibles.
M. D et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 15 juin 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D et Mme E, ressortissants russes, sont entrés sur le territoire français le 10 septembre 2022, afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. La consultation du fichier " VIS " a révélé qu'ils étaient en possession de visas délivrés par les autorités espagnoles en cours de validité au moment du dépôt de leurs demandes d'asile en France. Saisies d'une demande de prise en charge, ces autorités ont explicitement donné leur accord le 23 septembre 2022. Par des arrêtés du 4 octobre 2022, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de M. D et de Mme E aux autorités espagnoles responsables de l'examen de leurs demandes d'asile. Par des arrêtés du 14 octobre 2022, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin les a assignés à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. Par des arrêtés du 24 février 2023, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin les a une nouvelle fois assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, M. D et Mme E font appel du jugement du 10 mars 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy n'a annulé que partiellement ces arrêtés, en tant qu'ils leur faisaient obligation de se présenter avec leurs enfants mineurs au commissariat de police de Mont-Saint-Martin et a rejeté le surplus de leurs conclusions.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur les conclusions à fin de rectification des erreurs matérielles :
3. Aux termes de l'article R. 741-11 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif, de la cour administrative d'appel ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux constate que la minute d'une décision est entachée d'une erreur ou d'une omission matérielle non susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, il peut y apporter, par ordonnance rendue dans le délai d'un mois à compter de la notification aux parties, les corrections que la raison commande. / La notification de l'ordonnance rectificative rouvre, le cas échéant, le délai d'appel ou de recours en cassation contre la décision ainsi corrigée. / () ".
4. M. D et Mme E demandent à la cour de rectifier le jugement du 10 mars 2023 en ce qu'il mentionne le numéro " 2600659 " au lieu du " 2300659 " et " article 4 " au lieu d'" article 5 " dans le dispositif. Toutefois les dispositions précitées de l'article R. 741-11 du code de justice administrative, relatives à la rectification, dans le délai d'un mois, par le président de la juridiction qui a rendu une décision entachée d'une erreur matérielle insusceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, ne permettent pas à la cour de procéder à la rectification du jugement de première instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. () L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée () ". Aux termes de l'article L. 751-4 du même code : " En cas d'assignation à résidence en application de l'article L. 751-2, les dispositions des articles L. 572-7, L. 732-1, L. 732-3, L. 732-7, L. 733-1 à L. 733-4 et L. 733-8 à L. 733-12 sont applicables. Toutefois, pour l'application du second alinéa de l'article L. 732-3, l'assignation à résidence est renouvelable trois fois. () ".
6. M. D soutient que la préfète a commis une erreur de droit en renouvelant une assignation à résidence qui avait épuisé ses effets. La décision attaquée constitue le premier renouvellement de l'assignation à résidence de M. D et, contrairement à ce qu'il soutient, il ne ressort pas des dispositions citées au point précédent que l'administration devrait nécessairement faire se succéder sans interruption des périodes de quarante-cinq jours d'assignation à résidence, le maintien de l'assignation à résidence étant en revanche conditionné à l'existence d'une perspective raisonnable d'exécution de la décision de transfert. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ".
8. Si une décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même. Par suite, une illégalité entachant les seules modalités de contrôle n'est pas de nature à justifier l'annulation de la décision d'assignation à résidence dans sa totalité. Mme E n'est donc pas fondée à soutenir que l'illégalité de l'article 3 de l'arrêté du 24 février 2023 en tant que cet article lui faisait obligation de venir satisfaire à son obligation de pointage accompagnée de ses enfants mineurs aurait dû entrainer l'annulation de la décision d'assignation à résidence dans son intégralité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel présentées par M. D et Mme E sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, dès lors de les rejeter, en toutes leurs conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. D et Mme E sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F D, à Mme A E née C, et à Me Kipffer.
Copie en sera adressée à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin.
Fait à Nancy, le 8 décembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé : J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, SC
La greffière,
M. B
Nos 23NC02353, 23NC02367
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026