jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-25NC00234 |
| Type | Décision |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CHEBBALE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme D C A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de lui enjoindre de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation.
Par un jugement n° 2200231 du 22 janvier 2025, le tribunal administratif de Strasbourg a, d'une part, annulé la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la préfète du Bas-Rhin sur la demande présentée le 5 mars 2019 et complétée le 18 mars 2019 par Mme C épouse A et, d'autre part, enjoint au préfet du Bas-Rhin de réexaminer la demande de Mme C épouse A dans un délai d'un mois.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 février 2025, le préfet du Bas-Rhin demande à la cour de surseoir à l'exécution de ce jugement du tribunal administratif de Strasbourg.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier dès lors qu'une décision explicite de rejet s'était, en cours d'instance, substituée à la décision implicite contestée et qu'il appartenait dès lors aux premiers juges de regarder les conclusions à fin d'annulation comme dirigées contre cette décision ;
- les moyens soulevés à l'appui de la demande de Mme A ne sont pas fondés.
Par une lettre du 13 mars 2025, les parties ont, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, été informées que la décision à rendre paraît susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré de ce que, dès lors qu'une décision explicite de rejet s'était substituée en cours d'instance à la décision implicite de rejet contestée, le moyen tiré du défaut de motivation de cette dernière était inopérant et un délai leur a été imparti pour présenter des observations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2025, Mme D C épouse A, représentée par Me B, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de rejeter la requête du préfet du Bas-Rhin comme irrecevable ou, à tout le moins, mal fondée.
Elle soutient que :
- quand bien même le moyen tiré du défaut de motivation retenu par le tribunal était inopérant, il n'y aura pas lieu de faire droit à la demande de sursis à exécution du jugement ;
- l'exécution du jugement du 22 janvier 2025 ne peut plus être demandé.
Par une décision du 13 mars 2025, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté le maintien de plein droit de l'aide juridictionnelle totale au bénéfice de laquelle Mme A a été admise le 14 mars 2022.
Vu :
- la requête n° 25NC00233, enregistrée le 3 février 2025, par laquelle le préfet du Bas-Rhin relève appel du jugement du tribunal administratif de Nancy n° 2200231 du 22 janvier 2025.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Durup de Baleine, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Mme C épouse A ayant en première instance été admise le 14 mars 2022 au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, elle en conserve de plein droit le bénéfice en appel, conformément à l'article 8 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ainsi que l'a constaté la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 mars 2025. Dès lors, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire est sans objet.
Sur les conclusions à fin de sursis à exécution du jugement attaqué :
2. La préfète du Bas-Rhin a implicitement rejeté la demande dont, le 5 mars 2019, Mme C épouse A, ressortissante albanaise née en 1972, l'avait saisie en vue de la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 11 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas d'éloignement d'office à l'issue de ce délai. Le préfet du Bas-Rhin demande qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 22 janvier 2025 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a annulé cette décision implicite de rejet et lui a enjoint de réexaminer la demande de Mme C épouse A.
3. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ".
4. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
5. En application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
6. Le moyen relevé d'office tiré de ce qu'en cours d'instance était intervenue une décision explicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée par Mme C épouse A, laquelle décision explicite s'était substituée à la décision implicite de rejet contestée, de sorte que Mme C épouse A ne pouvait utilement contester la légalité de cette décision implicite de rejet au motif qu'elle n'était pas motivée faute pour l'administration de lui en avoir communiqué les motifs dans le délai d'un mois qui lui était imparti à cet effet, et de ce qu'en conséquence le moyen tiré de l'absence de motivation de cette décision implicite de rejet était inopérant, paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner le sursis à l'exécution du jugement du 22 janvier 2025.
DECIDE :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête formée par le préfet du Bas-Rhin contre le jugement du tribunal administratif de Strasbourg n° 2200231 du 22 janvier 2025, il sera sursis à l'exécution de ce jugement.
Article 2 : Les conclusions de Mme C épouse A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, à Mme D C épouse A et à Mme B.
Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2025.
Le président-rapporteur
Signé : A. DURUP DE BALEINELe greffier
Signé : A. BETTI
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. Betti
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
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