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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-25NC02158

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-25NC02158

vendredi 14 novembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-25NC02158
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantDEVARENNE ASSOCIES GRAND EST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler, d’une part, l’arrêté du 20 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Bussy-Lettrée a mis fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service, d’autre part, l’arrêté du 20 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Bussy-Lettrée l’a placé en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour une période de trois mois puis à demi-traitement pendant neuf mois et, enfin, la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune Bussy-Lettrée sur son recours du 10 décembre 2022 tendant au retrait de ces arrêtés.

Par un jugement n° 2300771 du 4 mars 2025, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé ces arrêtés du 20 octobre 2022.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 20 août 2025, la commune de Bussy-Lettrée, représentée par Me Devarenne, demande à la cour administrative d’appel de Nancy de prononcer le sursis à exécution de ce jugement du 4 mars 2025 et de mettre à la charge de M. A... le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
les conditions mises au sursis à exécution du jugement attaqué par l’article R. 811-15 du code de justice administrative sont remplies ;
le tribunal administratif a commis une erreur manifeste d’appréciation ;
la guérison de M. A... résulte du certificat médical du 23 septembre 2022, son état étant déclaré consolidé et son taux d’incapacité étant égal à 0 % ;
il est donc en état de reprendre son service au sens de l’article L. 822-22 du code général de la fonction publique et ne peut prétendre conserver l’intégralité de son traitement ;
le conseil médical supérieur a été saisi et le dossier a été examiné une première fois le 9 octobre 2024 ;
ce conseil s’est réuni à nouveau le 11 février 2025 et a émis un avis favorable à un congé de maladie ordinaire puis une mise en disponibilité d’office pour raison de santé à compter du 20 septembre 2023 pour une durée de douze mois ;
le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Marne a fait savoir qu’il y a lieu à congé de maladie ordinaire du 20 septembre 2022 au 19 septembre 2023 et à mise en disponibilité d’office du 20 septembre 2023 au 19 septembre 2024 ;
c’est en contradiction avec cet avis et par suite d’une erreur manifeste d’appréciation que le jugement attaqué a annulé les arrêtés du 20 octobre 2022 ;
dès lors, les moyens invoqués par la commune paraissent sérieux et de nature à justifier l’annulation du jugement et le rejet des conclusions en annulation accueillies par ce jugement ;
la demande de sursis à exécution du jugement est de surcroît également bien fondée par application de l’article R. 811-17 du code de justice administrative ;
les moyens exposés dans la requête paraissent sérieux ;
l’exécution du jugement risque d’entraîner des conséquences difficilement réparables pour la commune, dès lors que la charge du demi-traitement perçu par M. A... entre janvier 2023 et avril 2025 s’établit à la somme de 24 325, 96 euros et qu’en outre la commune doit supporter un surcoût de personnel en raison de l’obligation de procéder à des embauches en raison des tâches non effectuées par M. A..., pour des sommes de 10 500 euros de juin à novembre 2024 et de 1 821, 43 euros par mois à compter d’avril 2025, alors que la commune ne compte que 315 habitants.


Vu :
- la requête n° 25NC00988 enregistrée le 22 avril 2025 par laquelle la commune de Bussy-Lettrée demande à la cour d’annuler le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne n° 2300771 du 4 mars 2025 ;
- les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin de sursis à exécution :

Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel (…) ».

Aux termes de l’article R. 811-15 du même code : « Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ». Aux termes de l’article R. 811-17 du même code : « Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ».

Par le jugement du 4 mars 2025 dont la commune de Bussy-Lettrée demande, sur le fondement des articles R. 811-15 et R. 811-17 du code de justice administrative, qu’en soit ordonné le sursis à l’exécution, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, saisi de la demande présentée par M. A..., a annulé, pour excès de pouvoir, d’une part, l’arrêté du 20 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Bussy-Lettrée a mis fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service, d’autre part, l’arrêté du 20 octobre 2022 par lequel ce maire l’a placé en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour une période de trois mois puis à demi-traitement pendant neuf mois.

Aucun des moyens soulevés par la commune de Bussy-Lettrée ne paraît, en l’état de l’instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l’annulation du jugement attaqué du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 4 mars 2025, le rejet des conclusions à fin d’annulation accueillies par ce jugement. Dès lors, ces moyens ne paraissent pas sérieux en l’état de l’instruction.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de la commune de Bussy-Lettrée tendant à ce que soit ordonné le sursis à l’exécution du jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 4 mars 2025 doivent être rejetées.

Sur les frais de l’instance :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. A..., qui n’a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d’une somme à ce titre.
















DECIDE :


Article 1er : La requête de la commune de Bussy-Lettrée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Bussy-Lettrée et à M. B... A....


Fait à Nancy, le 14 novembre 2025.

Le président de la 5ème chambre,



Signé : A. Durup de Baleine


La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,


A. Betti

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01/06/2026

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