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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA54-25NC02780

Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-25NC02780

jeudi 19 février 2026

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-25NC02780
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantDE CLERCK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler l’arrêté du 3 janvier 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a retiré sa carte de résident, lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas d’éloignement d’office à l’issue de ce délai.

Par un jugement n° 2501061 du 23 octobre 2025, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l’article 3 de l’arrêté du 3 janvier 2025 en tant qu’il désigne la Russie, mis à la charge de l’Etat le versement à M. C... de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus des conclusions présentées par M. C....

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2025, le préfet du Bas-Rhin demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 23 octobre 2025.

Il soutient que :

- il y a lieu de faire droit à sa requête en application de l’article R. 811-15 du code de justice administrative, dès lors que :

- le moyen tiré de ce que la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 juin 2022, intervenue par application de l’article L. 511-8, et non L. 511-7, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, portait dès lors fin de la qualité de réfugié, de sorte qu’il n’appartenait au préfet, pour fixer le pays de destination, de procéder à un examen approfondi de la qualité de réfugié de M. C... prenant particulièrement en compte la circonstance qu’il conserve la qualité de réfugié, est sérieux et de nature à justifier, outre l’annulation du jugement du 23 octobre 2025 en tant que son article 1er annule l’article 3 de l’arrêté du 3 janvier 2025 en tant qu’il désigne la Russie, le rejet des conclusions à fin d’annulation accueillies par cet article 1er ;

- les autres moyens soulevés devant le tribunal administratif de Strasbourg ne sont pas fondés.


Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2026, M. A... C..., représenté par Me De Clerck, demande à la cour :


1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;


2°) de rejeter la requête du préfet du Bas-Rhin ;


3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


M. C... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 19 février 2026.

Vu :
- la requête n° 25NC02781, enregistrée le 7 novembre 2025, par laquelle le préfet du Bas-Rhin relève appel du jugement du tribunal administratif de Strasbourg n° 2501061 du 23 octobre 2025 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Durup de Baleine ;
les observations de Me De Clerck, avocate de M. C... ;
les observations de M. C....


Considérant ce qui suit :

Sur l’aide juridictionnelle :


1. M. C... ayant été admis en cours d’instance au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale, il n’y a pas lieu de l’admettre provisoirement à cette aide.

Sur les conclusions à fin de sursis à exécution :

2. Par l’article 1er du jugement du 23 octobre 2025 dont le préfet du Bas-Rhin demande qu’en soit prononcé le sursis à l’exécution, le tribunal administratif de Strasbourg, saisi de la demande présentée par M. A... C..., a annulé l’article 3 de l’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 3 janvier 2025 retirant sa carte de résident, lui refusant la délivrance d’un titre de séjour, et lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas d’éloignement d’office à l’issue de ce délai, en tant que cet article 3 désigne la Russie.

3. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : « Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ».

4. Aux termes de l’article R. 811-15 du même code : « Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ».

5. Le moyen tiré de ce que la décision du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 juin 2022, prise sur le fondement de l’article L. 511-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, portait dès lors fin de la qualité de réfugié, de sorte que, pour fixer le pays de destination en cas d’éloignement d’office à l’issue du délai de départ volontaire, l’autorité administrative n’avait pas l’obligation de procéder à un examen prenant particulièrement en compte la circonstance que M. C... conserve la qualité de réfugié, paraît, en l’état de l’instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l’annulation de l’article 1er du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d’annulation accueillies par cet article 1er.

6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de faire droit à la requête du préfet du Bas-Rhin en sursoyant à l’exécution des articles 1er et 2 du jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 23 octobre 2025.

Sur les frais de l’instance :

7. Les dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l’Etat, qui n’a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d’une somme à ce titre.







D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu d’admettre provisoirement M. C... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Jusqu’à ce qu’il ait été statué sur la requête n° 25NC02781 présentée par le préfet du Bas-Rhin, il sera sursis à l’exécution des articles 1er et 2 du jugement du tribunal administratif de Strasbourg n° 2501061 du 23 octobre 2025.

Article 3 : Les conclusions de M. C... au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l’intérieur et à M. A... C....

Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.



Le président-rapporteur





Signé : A. Durup de BaleineLa greffière





Signé : M. B...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,



M. B...

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