mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-21DA02937 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel la préfète de la Somme l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Par une ordonnance no 2103715 du 25 novembre 2021, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2021, Mme B A, représentée par Me Tourbier demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance no 2103715 du 25 novembre 2021 du tribunal administratif d'Amiens ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel la préfète de la Somme l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ce dernier renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Mme B A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 22 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de cour administratives d'appel () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7°".
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif eut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision () ".
3.. Par l'ordonnance attaquée du 25 septembre 2021, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif d'Amiens a rejeté comme tardive la demande de Mme B A tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 de la préfète de la Somme l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance que l'arrêté de la préfète de la Somme du 15 octobre 2021 a été adressé à Mme B A chez Coallia au 53 avenue de l'Europe à Amiens où elle avait élu domicile, ainsi qu'en atteste l'adresse mentionnée sur la requête déposée devant la cour par Me Tourbier. Le pli comportant l'arrêté attaqué, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été présenté le 19 octobre 2021 et si elle l'allègue, la requérante n'établit pas qu'il aurait été retiré le 27 octobre 2021. Ainsi, l'arrêté litigieux doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié dès sa date de présentation, soit le 19 octobre 2021. La demande d'annulation de cet arrêté, qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 12 novembre 2021, soit après l'expiration du délai de recours de quinze jours, était ainsi tardive.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande. Dès lors, sa requête doit être rejetée, sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Douai, le 27 décembre 2022.
La présidente de la cour
Signé : N. Massias
La République mande et ordonne à la préfète de la Somme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Bénédicte GOZE
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N°21DA02937