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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01002

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01002

mardi 13 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01002
TypeOrdonnance
Recoursrectif. erreur matérielle
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du 25 juin 2019 par lequel le préfet du Nord a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son affection survenue le 13 février 2019.

Par un jugement n° 1908291 du 4 octobre 2021, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 26 novembre 2021, Mme B, représentée par Me Virginie Stienne-Duwez, a demandé à la cour d'annuler ce jugement, d'annuler l'arrêté du 25 juin 2019, d'enjoindre au préfet du Nord de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 13 février 2019 et des soins et frais d'optique afférents, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt, et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 21DA02727 du 7 avril 2022, la présidente de la 3ème chambre de la cour administrative d'appel de Douai a rejeté la requête de Mme B.

Par une requête enregistrée le 2 mai 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 17 août 2022 et 12 septembre 2022, sous le n° 22DA01002, Mme B demande à la cour de procéder à la rectification pour erreur matérielle de l'ordonnance n° 21DA02727 du 7 avril 2022 et d'annuler le jugement n° 1908291 du 4 octobre 2021 du tribunal administratif de Lille et l'arrêté du 25 juin 2019 par lequel le préfet du Nord a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son affection survenue le 13 février 2019.

Elle soutient que :

- l'absence de transmission de son mémoire dans l'instance 21DA02727 constitue une violation de ses droits ;

- elle n'a pas été avertie de la spoliation de ses droits fondamentaux ;

- les faux en écriture dont elle est victime n'ont pas été dénoncés ;

- elle est victime de harcèlement moral ;

- l'ordonnance est mal motivée et le jugement aurait dû être infirmé ;

- elle demande un accusé de réception de sa requête.

La demande d'aide juridictionnelle de Mme B a été rejetée par une ordonnance de la présidente de la cour du 14 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel () peuvent, par ordonnance : / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 811-7 du code de justice administrative : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 774-8, les appels ainsi que les mémoires déposés devant la cour administrative d'appel doivent être présentés, à peine d'irrecevabilité, par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 () ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. / La signature des requêtes et mémoires par l'un de ces mandataires vaut constitution et élection de domicile chez lui ". Il résulte de ces dispositions que devant la cour administrative d'appel, les requêtes et mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être signés par le mandataire.

3. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel () est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée. / () ".

4. La requête de Mme B ne figure pas au nombre de celles qui sont dispensées de ministère d'avocat par une disposition particulière. C'est pourquoi, par un courrier du 16 mai 2022, qu'elle a réceptionné le 18 mai suivant, elle a été informée de la nécessité de présenter ses écritures par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative, sous peine d'irrecevabilité de sa requête. Alors que sa demande d'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 1er septembre 2022, Mme B n'a pas constitué avocat. Sa requête ne peut, par suite, qu'être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, par application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur le caractère abusif du recours en rectification d'erreur matérielle :

5. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

6. La requête de Mme B présente un caractère abusif. Il y a donc lieu de la condamner à payer une amende de 200 euros.

ORDONNE :

Article 1er : La requête en rectification d'erreur matérielle de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B est condamnée à payer une amende pour recours abusif de 200 euros en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au directeur régional des finances publiques - Hauts-de-France et département du Nord.

Fait à Douai le 13 décembre 2022.

La présidente de la cour,

Signé : Nathalie Massias

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière de chambre,

C. Huls-Carlier

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