mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01169 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Lille :
1°) d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Lille a rejeté le recours qu'elle avait formé à l'encontre de l'arrêté du 24 septembre 2019 portant prolongation de son congé de longue maladie du 25 août 2019 au 24 février 2020 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Lille de lui attribuer un congé de longue maladie imputable au service du 25 août 2019 au 24 février 2020 avec les conséquences de droit ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance no 2002385 du 5 avril 2022, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Lille a donné acte du désistement d'office de la requête de Mme A.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2022, Mme A, représentée par Me Osseyran demande à la cour d'annuler l'ordonnance du tribunal administratif de Lille du 5 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " ()/Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une de ces dispositions. ".
2. Aux termes de l'article R. 612-5-1 du même code : " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions. ".
3. A l'occasion de la contestation en appel de l'ordonnance prenant acte du désistement d'un requérant en l'absence de réponse à l'expiration du délai qui lui a été fixé, il incombe au juge d'appel, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'intéressé a reçu la demande mentionnée par les dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, que cette demande fixait un délai d'au moins un mois au requérant pour répondre et l'informait des conséquences d'un défaut de réponse dans ce délai et que le requérant s'est abstenu de répondre en temps utile et d'apprécier si le premier juge, dans les circonstances de l'affaire, a fait une juste application des dispositions de l'article R. 612-5-1.
4. Mme A a saisi le 18 mars 2020 le tribunal administratif de Lille d'une demande d'annulation de la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Lille a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre de l'arrêté du 24 septembre 2019 portant prolongation de son congé de longue maladie du 25 août 2019 au 24 février 2020. Un mémoire en défense a été produit par la rectrice de l'académie de Lille le 9 avril 2021 et communiqué le même jour au conseil de Mme A, un délai d'un mois lui étant imparti pour y répondre. Aucune réponse n'ayant été apportée par Me Osseyran, le président de la huitième chambre du tribunal administratif de Lille, faisant application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, a invité, par courrier du 2 mars 2022, le conseil de Mme A à indiquer à la juridiction, dans le délai d'un mois, si l'intéressée maintenait ses conclusions et l'a informé qu'à défaut de réponse dans ce délai, elle serait réputée s'être désistée. Ce courrier a été transmis par le tribunal administratif au conseil de la requérante au moyen de l'application Télérecours et est donc réputé avoir été reçu par le conseil de la requérante deux jours après, conformément aux dispositions de l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative. Faute de réponse dans le délai d'un mois imparti à la requérante pour maintenir sa requête, il a été donné acte, par l'ordonnance attaquée, de son désistement. Si Me Osseyran soutient en appel que la demande de maintien de la requête a été adressée à une adresse erronée et que son assistante était absente, il avait lui-même défini son adresse dans l'application Télérecours et a d'ailleurs pris connaissance, par cette application, de la demande de maintien de requête, qu'il n'a lue que le 6 avril 2022, l'absence alléguée de son assistante n'étant, par ailleurs, pas de nature à le soustraire aux dispositions citées au point 2. Par suite, en l'absence de maintien des conclusions de la requête de Mme A dans le délai d'un mois imparti, le premier juge était fondé à lui donner acte de son désistement d'office.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le premier juge a, conformément aux dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, donné acte du désistement de sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Douai, le 16 novembre 202La présidente de la cour,
Signé :
N. Massias
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Bénédicte GOZE
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N°22DA01169