mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-23DA01266 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société National Grid Interconnectors Limited (NGIL) et la société National Grid Insurance Company Limited (NGICL) ont demandé au tribunal administratif de Lille de condamner solidairement l'Etat, le groupement solidaire d'entreprises, formé par la société SPIE Batignolles Nord et la société par actions simplifiée Entreprise Prensier Vermeulen, et la société Egis Eau à verser la somme de 23 125 065 euros, assortie des intérêts légaux depuis le 6 mai 2019 et de leur capitalisation, somme à compléter des travaux et dépenses non facturés et de l'excédent dû par la société NGICL au titre de sa police d'assurance, en réparation des préjudices subis du fait de l'accident survenu le 7 mars 2018 à l'occasion des travaux de reconstruction de la digue de Sangatte, au profit, d'une part, de la société NGICL à hauteur de la somme de 18 834 997 euros versée par la société NGICL à la société NGIL au titre de la police d'assurance de cette dernière, d'autre part, de la société NGIL à hauteur de la somme non versée par la société NGICL au titre de sa police d'assurance.
Par un jugement n° 1907407, 2001743, 2003925, 2008646 du 1er juillet 2022, le tribunal administratif de Lille, d'une part, a mis hors de cause la société par actions simplifiée Entreprise Prensier Vermeulen, d'autre part, a condamné solidairement l'Etat, la SAS à associé unique SPIE Batignolles Nord et la SAS Egis Eau à verser à la société National Grid Insurance Company Limited la somme de 13 355 147 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2019, les intérêts sur cette somme échus à la date du 6 mai 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date étant capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts, et, enfin, a condamné l'Etat à garantir les sociétés SPIE Batignolles Nord et Egis Eau des condamnations prononcées à leur encontre et rejeté le surplus des conclusions des parties.
Par une ordonnance n° 1907407, 2001743, 2003925, 2008646 du 11 juillet 2022 le président du tribunal administratif de Lille a rectifié une erreur matérielle comme suit : " aux points 30, 35 et 36 des motifs du jugement, le montant indiqué de 13 355 147 euros est remplacé par 13 455 147 euros " ; " à l'article 2 du dispositif du jugement, le montant indiqué de 13 355 147 euros est remplacé par 13 455 147 euros ".
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires demande à la cour de réformer les articles 2, 3 et 4 de ce jugement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cour administrative d'appel () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Et aux termes de l'article R. 811-2 du même code : " Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite à cette partie dans les conditions prévues aux articles R. 751-3 à R. 751-4-1 () ".
2. Il ressort des pièces du dossier que le jugement attaqué du tribunal administratif de Lille et l'ordonnance du président du tribunal administratif de Lille ont été mis à la disposition du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires dans l'application Télérecours le 13 avril 2023 et que ce dernier en a accusé réception le même jour. Or, la requête n'a été enregistrée au greffe de la cour que le 30 juin 2023, soit après l'expiration du délai d'appel de deux mois prévu à l'article R. 811-2 du code de justice administrative cité ci-dessus. Dans ces conditions, la requête est tardive et entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. Elle doit donc être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement du 4ème alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Fait à Douai le 19 juillet 2023.
La présidente de la cour
Signé : N. Massias
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
Anne-Sophie Villette
N°23DA01266