jeudi 31 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA01553 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SABALY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit, d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir en le munissant, dans l'attente de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2400040 du 18 mars 2024, le magistrat désigné par le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa requête.
Procédure devant la cour :
Par une requête et une pièce, enregistrées les 30 juillet 2024 et 19 décembre 2024, M. C représenté par Me Sabaly, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 18 mars 2024 du tribunal administratif d'Amiens ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 3 janvier 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;
3°) d'enjoindre à titre principal au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation, et dans tous les cas d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai un récépissé l'autorisant à travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que :
- la décision d'éloignement méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa contribution à l'entretien et l'éducation des enfants ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles 3-1 et 9 de la convention des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2025, le préfet de la Somme conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. C.
Il soutient qu'un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français " valable du 27 mai 2025 au 26 mai 2026 a été accordé à M. C.
Un mémoire présenté pour M. C, a été enregistré le 8 juillet 2025, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction, intervenue trois jours francs avant la date de l'audience conformément à l'article R. 613-2 du code de justice administrative, et n'a pas été communiqué.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 2 avril 1997 à Tataouine (Tunisie), est entré irrégulièrement en France le 13 décembre 2021 selon ses déclarations, après avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il a exécutée. Le 17 mars 2022, l'intéressé a présenté une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfants français. Par un arrêté du 12 janvier 2023, l'autorité préfectorale lui a refusé le droit au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par l'arrêté en litige du 3 janvier 2024, le préfet de la Somme a fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai. Par le jugement attaqué du 18 mars 2024, le magistrat désigné par le tribunal administratif d'Amiens a rejeté ses demandes tendant notamment à l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier et en particulier de l'attestation de remise datée du 4 juin 2025, postérieure à l'introduction de la requête, qu'un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français " valable du 27 mai 2025 au 26 mai 2026 a été accordé à l'appelant par le préfet de la Somme. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. C dirigées contre le jugement par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2024 sont devenues sans objet.
Sur les frais liés à l'instance :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil de M. C de la somme de 2 000 euros demandée au titre des frais de l'instance.
DECIDE:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation du jugement du tribunal administratif d'Amiens et de l'arrêté du 3 janvier 2024 du préfet de la Somme.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au ministre de l'intérieur et à Me Hamadou Sabaly.
Copie pour information sera adressée au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 9 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Ghislaine Borot, présidente de chambre,
- M. Vincent Thulard, premier conseiller,
- M. Damien Vérisson, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2025.
Le rapporteur,
Signé : D. BLa présidente de la 1ère chambre,
Signé : G. Borot
La greffière,
Signé : N. Roméro
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Nathalie Roméro
N°24DA01553
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026