vendredi 26 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA01613 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DANTIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Rouen d’annuler l’arrêté du 13 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être reconduit et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
Par un jugement no 2400150 du 27 mars 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. B..., représenté par Me Dantier, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du 13 janvier 2024 du préfet de la Seine-Maritime ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder à l’effacement de son signalement au fichier du système d’information Schengen et au fichier des personnes recherchées et, dans le délai d’un mois à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de cent euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l’attente du réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l’Etat.
Il soutient que :
S’agissant de l’obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît le droit d’être entendu, principe général du droit de l’Union européenne et n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
S’agissant du refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :
- il est illégal en raison de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n’a pas été précédé d’un examen particulier de sa situation ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
S’agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
S’agissant de l’interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une décision du 5 juillet 2024, le président de la section administrative du bureau d’aide juridictionnelle a admis M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) Les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
En l’espèce, M. B..., ressortissant algérien né en 1991, a fait l’objet d’un arrêté du 13 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être reconduit et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. M. B... fait appel du jugement no 2400150 du 27 mars 2024 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
Sur l’obligation de quitter le territoire français :
En premier lieu, il ressort du procès-verbal n° 2024/001398, signé par l’intéressé, que M. B... a été entendu par les services de police le 13 janvier 2024, avant la notification de l’obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre, sur son droit au séjour et la perspective de son éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d’être entendu préalablement à une décision défavorable manque en fait et doit être écarté. Il en va ainsi de même, pour les mêmes motifs et compte tenu des termes de l’arrêté contesté, du moyen tiré du défaut d’examen particulier de sa situation.
En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B... est entré en France moins de cinq mois avant la date de l’arrêté en litige, sous couvert d’un visa de court séjour, pour y rejoindre deux cousins. En outre, le requérant est célibataire, sans enfants, n’allègue pas disposer d’autres attaches familiales en France alors que, selon ses déclarations lors de son audition du 13 janvier 2024 par les services de police, résident en Algérie ses parents, sa fratrie et des cousins, avec lesquels il a maintenu des relations. Enfin, M. B... n’exerce aucune activité professionnelle et ne démontre pas être dans l’impossibilité de se réinsérer en Algérie, les allégations selon lesquelles il y ferait l’objet de menaces de la part de la famille de sa compagne ne pouvant être regardées comme établies par les seules attestations, peu circonstanciées, de cousins. Dans ces conditions, compte tenu en particulier du caractère très récent de son séjour en France, le préfet de la Seine-Maritime n’a pas, en l’obligeant à quitter le territoire français, entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.
Sur la décision refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire :
En premier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 3 et 4, que M. B... n’est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, à l’encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
En deuxième lieu, l’arrêté en litige cite les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l’intéressé ne présente aucun document d’identité ou de voyage en cours de validité, ne peut justifier de son entrée régulière sur le territoire français, ne présente aucun document de séjour et est sans domicile fixe, soit les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s’est fondé pour lui refuser l’octroi d’un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
En troisième lieu, pour les motifs énoncés au point 3, le moyen tiré du défaut d’examen particulier de la situation de M. B... doit être écarté.
En dernier lieu, pour les motifs énoncés au point 4, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
En premier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 3 et 4, que M. B... n’est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l’encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
En second lieu, l’arrêté en litige vise les dispositions des articles L. 612-12,
L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne la nationalité de M. B... et fait état de ce que l’intéressé ne démontre pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, soit les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s’est fondé pour édicter sa décision fixant le pays vers lequel M. B... est susceptible d’être éloigné en cas d’exécution d’office de la mesure d’éloignement. Le moyen tiré de l’insuffisante motivation de cette décision doit par suite être écarté.
Sur l’interdiction de retour sur le territoire français :
En premier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 3 et 4, que M. B... n’est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l’encontre de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d’un an.
En deuxième lieu, l’arrêté en litige cite les dispositions de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, vise celles de
l’article L. 612-10 du même code, précise les conditions de séjour et la nature de ses liens avec la France et fait état de ce qu’il n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement et de ce qu’il ne représente pas une menace pour l’ordre public, soit les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s’est fondé pour édicter l’interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de cette décision doit être écartée.
En dernier lieu, pour les motifs énoncés au point 4, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation doivent être écartés.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction et celles relatives aux frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au ministre de l’intérieur et à Me Dantier.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai le 26 septembre 2025.
La première vice-présidente de la cour,
Signé : M.-P. Viard
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026