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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-24DA01992

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-24DA01992

lundi 28 juillet 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-24DA01992
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du 19 juin 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire national pendant un an.

Par un jugement n° 2309365 du 12 juin 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Dewaele, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet du Nord en date du 19 juin 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jours de retard dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est insuffisamment motivée ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

La demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale déposée par Mme A a été rejetée par une décision du 28 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A, ressortissante rwandaise née le 3 décembre 1978, est entrée en France le 21 septembre 2021 en compagnie de son fils mineur, sous couvert d'un visa de court séjour. Par un arrêté du 19 juin 2023, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant un an. Mme A relève appel du jugement du 12 juin 2024, par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, en l'absence de tout élément nouveau en appel, il y a lieu d'écarter, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal aux points 6, 10, 12, 14, 17 et 25 de son jugement, les moyens tirés de l'absence d'examen particulier par le préfet de la situation de la requérante, de l'inexacte application des dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la méconnaissance des stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ainsi que de la méconnaissance des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par la décision portant interdiction de retour sur le territoire national pendant un an.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les circonstances de fait et de droit sur lesquels le préfet du Nord s'est fondé pour refuser de délivrer à Mme A un titre de séjour. Par suite, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée pour l'application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, l'obligation de quitter le territoire français ayant été prise en conséquence d'un refus de titre de séjour suffisamment motivé et édicté sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte en application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, l'arrêté en litige mentionne les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce, de manière suffisamment circonstanciée, les considérations de fait prises en compte par le préfet du Nord au regard de l'ensemble des critères énoncés à l'article L. 612-10 de ce code pour justifier sa décision portant interdiction de retour sur le territoire français qui est ainsi suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, la décision refusant un titre de séjour à Mme A n'étant pas entachée d'illégalité et par suite annulée, la requérante n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de celle l'obligeant à quitter le territoire français. Il en est de même en ce qui concerne ses demandes d'annulation par voie de conséquence des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination ainsi que celle interdisant son retour sur le territoire français pendant un an en l'absence d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'est présente en France avec son fils mineur que depuis moins de deux ans à la date de la décision portant interdiction de retour contestée, son époux et ses deux autres enfants résidant toujours au Rwanda où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 42 ans. L'intéressée ne fait état d'aucune attache particulière en France, hormis un engagement associatif récent, ni d'aucune insertion professionnelle. Si son fils présent sur le territoire français souffre d'une déficience intellectuelle légère associée à un trouble sévère du langage, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment d'un avis du 20 février 2023 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que l'absence de la prise en charge médicale nécessité par cet état de santé serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que l'état de santé du fils de Mme A lui imposerait de devoir retourner en France à brève échéance. Par suite, en interdisant le retour de la requérante sur le territoire français pendant un an, le préfet du Nord pas porté au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Il n'a pas non plus porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions du dernier alinéa l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Douai, le 28 juillet 2025

Le président de la 2ème chambre,

Signé : Benoît Chevaldonnet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Signé : Bénédicte Gozé

N°24DA0199

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