vendredi 8 août 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA02284 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DALIL ESSAKALI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler la décision du 19 août 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Par un jugement n°2207052 du 16 octobre 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2024, Mme B, représentée par Me Dalil Essakali, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du préfet du Nord en date du 19 août 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir ou, à défaut et dans le même délai, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer un document provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'ancien article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. En premier lieu, la décision en litige mentionne les circonstances de droit sur lesquelles le préfet s'est fondé, soit l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, ainsi que les circonstances de fait qu'il a pris en compte et relatives à la situation familiale, personnelle et professionnelle de la requérante. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée pour l'application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, l'exigence de motivation instituée par ces dispositions ne s'appliquant qu'à l'énoncé des motifs sur lesquels l'administration entend faire reposer sa décision. Ainsi, la décision attaquée ne saurait être entachée d'un défaut de motivation pour ne pas comporter le rappel d'éléments que Mme B regarde comme lui étant favorables et sur lesquels le préfet ne s'est pas fondé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de l'appelante préalablement à l'édiction de la décision attaquée.
4. En troisième lieu, Mme B, ressortissante marocaine, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en tant que salariée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Nord, après avoir constaté que la requérante ne pouvait utilement invoquer ces dispositions à l'appui de sa demande d'admission au séjour, la délivrance à un ressortissant marocain d'un titre de séjour en raison d'une activité salariée étant régie par les seules stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, a toutefois examiné, au titre du pouvoir discrétionnaire dont il dispose, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation de l'intéressée eu égard à sa situation personnelle. La décision contestée n'a ainsi ni pour objet ni pour effet de refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais reprises à l'article L. 423 - 23 du même code. Par suite, Mme B ne peut utilement en invoquer la méconnaissance.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, Mme B n'est présente sur le territoire français que depuis moins de trois ans. Si la requérante produit des documents d'identité de membres de sa famille résidant en France, la réalité et l'intensité des liens qu'elle entretiendrait avec ceux-ci ne ressortent toutefois pas des pièces du dossier. Les attestations relatives à la réalisation d'actions ponctuelles de bénévolat que l'intéressée produit ne permettent pas, quant à elles, d'établir une insertion au sein de la société française. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne serait pas dépourvue de tout lien au Maroc, y ayant vécu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans. En lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B. Il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs et en l'absence de tout autre élément, il n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'appelante.
6. En cinquième lieu, la décision en litige, qui a pour seul objet de refuser un titre de séjour à Mme B, n'a pas pour conséquence de séparer la requérante de ses enfants, contrairement à qu'elle soutient. Par conséquent, le préfet n'a pas porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants et méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Douai, le 8 août 2025.
Le président de la 2ème chambre
Signé : Benoît Chevaldonnet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
par délégation,
La greffière
N°24DA02284
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026