LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-25DA00393

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-25DA00393

mercredi 14 janvier 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-25DA00393
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e chambre - formation à 3
Avocat requérantMARSEILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lille d’annuler l’arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure.

Par un jugement no 2305419 du 28 novembre 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2025, M. B..., représenté par Me Marseille, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler l’arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure ;

3°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l’État et au bénéfice de son conseil une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- s’agissant de la décision de refus de titre de séjour, le préfet a méconnu les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et entaché sa décision d’erreur manifeste ;
- s’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle a été prise en méconnaissance de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’il réside en France depuis plus de dix ans ;
- s’agissant de la décision fixant le pays de renvoi, elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision d’obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Regnier, première conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant congolais né le 22 juin 1993, relève appel du jugement du 28 novembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu’il avait sollicité le 25 janvier 2021, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure.

Sur le bien-fondé du jugement :

En l’espèce, M. B... déclare être entré en France le 11 février 2010 à l’âge de 16 ans et avoir alors été pris en charge par le service d’aide sociale à l’enfance. L’intéressé a par la suite bénéficié d’un titre de séjour temporaire en qualité d’étudiant valable du 10 mai 2012 au 9 mai 2013, renouvelé jusqu’au 15 octobre 2014. Puis, il a obtenu un titre de séjour en qualité de « salarié-admission exceptionnelle » le 4 février 2015 valable en dernier lieu jusqu’au 7 avril 2017, et enfin d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » valable jusqu’au 25 février 2021. Il a donc séjourné régulièrement en France du 10 mai 2012 au 15 octobre 2014 puis du 4 février 2015 au 25 février 2021. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant, est le père de deux enfants, de nationalité congolaise, nés en France en 2014 et 2016. Si ces enfants ont été confiés au service d’aide sociale à l’enfance à compter du mois de juillet 2019, M. B... dispose d’un droit de visite médiatisé qu’il exerce régulièrement et qui n’a été interrompu que le temps de son hospitalisation pour décompensation psychotique dans le courant de l’année 2021. Il est par ailleurs titulaire de CAP d’installateur sanitaire et de plâtrier obtenus, en France, les 2 juillet 2012 et 28 novembre 2017. Il a régulièrement travaillé dans le domaine du bâtiment et de la construction jusqu’à son hospitalisation, et s’est engagé depuis dans des ateliers d’adaptation à la vie active pour l’aider à se réinsérer professionnellement. Si le préfet fait valoir que M. B... est défavorablement connu des services de police pour des faits de violences sur mineurs, il ressort toutefois des pièces du dossier que la procédure pénale afférente est close et qu’aucune poursuite n’a été engagée. Ainsi, compte tenu de la durée de séjour régulier de M. B... sur le territoire français, de ses liens familiaux et de son parcours scolaire et professionnel en France démontrant une bonne intégration dans la société française, et alors même que l’intéressé n’est pas dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où réside sa mère, la décision de refus de titre de séjour contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit, protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au respect de sa vie privée et familiale. Elle doit ainsi être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du préfet du Nord en date du 16 mars 2023.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent arrêt, qui annule pour méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l’arrêté du 16 mars 2023 rejetant la demande de délivrance d’un titre de séjour de M. B..., lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, implique nécessairement que le préfet du Nord délivre au requérant une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale ». Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet du Nord de délivrer ce titre de séjour, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt. En revanche, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

M. B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que Me Marseille, avocate de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, de mettre à la charge de l’État le versement à Me Marseille de la somme de 1 500 euros.



DÉCIDE :



Article 1er : L’arrêté du 16 mars 2023 du préfet du Nord et le jugement n° 2305419 du 28 novembre 2024 du tribunal administratif de Lille sont annulés.


Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à M. B... un titre de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.


Article 3 : L’État versera à Me Marseille une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Marseille renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.


Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B..., au préfet du Nord, au ministre de l’intérieur et à Me Marseille.


Délibéré après l’audience publique du 9 décembre 2025 à laquelle siégeaient :

- M. Benoît Chevaldonnet, président de chambre,
- M. Laurent Delahaye, président-assesseur,
- Mme Caroline Regnier, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2026.


La rapporteure,

Signé : C. Regnier
Le président de chambre

Signé : B. Chevaldonnet

La greffière,

Signé : A-S. Villette



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent arrêt.



Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
par délégation,
La greffière




Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions