jeudi 4 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-25DA00708 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 13 octobre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.
Par un jugement n° 2311472 du 18 avril 2025, le tribunal administratif de Lille a annulé l'interdiction de retour en France, condamné l'Etat à verser la somme de 1 200 euros à Me Emilie Dewaele au titre des frais de justice et rejeté le surplus de la demande.
Procédure devant la cour :
I - Par une requête enregistrée le 22 avril 2025 sous le numéro 25DA00708, le préfet du Nord demande à la cour d'annuler ce jugement en ce qu'il a annulé l'interdiction de retour en France et condamné l'Etat à verser une somme à Me Dewaele.
Par un mémoire enregistré le 21 mai 2025, M. B, représenté par Me Emilie Dewaele, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 2 000 euros au titre des frais de justice.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 5 juin 2025, l'aide juridictionnelle totale accordée à M. B a été maintenue.
II - Par une requête enregistrée le 20 mai 2025 sous le numéro 25DA00881, M. B, représenté par Me Emilie Dewaele, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en ce qu'il n'a pas accueilli sa demande ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais de justice.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-malienne sur la circulation et le séjour des personnes du 26 septembre 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la circulaire du 26 mars 2002 relative aux conditions d'entrée et de séjour en France des étudiants étrangers et modalités de renouvellement des cartes de séjour " étudiant " ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
2. Il y a lieu de joindre les requêtes susvisées pour y statuer par une seule décision.
Sur l'appel de M. B :
3. Il y a lieu d'écarter par adoption des motifs du jugement les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté et du défaut d'examen de la situation.
4. M. B a déclaré être entré en France sans visa en février 2018. Sa première demande de titre de séjour n'a été déposée au mieux qu'en décembre 2021, comme il l'a déclaré dans la présente instance, ou en avril 2022, comme le tribunal administratif l'a jugé dans une précédente instance en juillet 2023.
5. M. B, né en mai 2002, a vécu la majeure partie de sa vie au Mali où résident sa mère et sa sœur. Il est célibataire sans enfant.
6. M. B a obtenu le CAP " agent polyvalent de restauration " en 2021 et était inscrit en 2ème année de CAP " cuisine " à la date de l'arrêté.
7. Toutefois, pour l'application des articles 4 et 9 de la convention franco-malienne, M. B n'avait pas le visa long séjour exigé par ces stipulations.
8. A supposer même que la dispense de visa long séjour prévue à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " en cas de nécessité liée au déroulement des études " puisse être invoquée par un ressortissant malien, la condition d'entrée régulière en France posée par cette disposition n'était pas remplie.
9. A supposer aussi que l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant le paiement d'un droit de visa de régularisation puisse être invoqué par un ressortissant malien, M. B n'a pas demandé un tel visa.
10. S'agissant de l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, le CAP " agent polyvalent de restauration " n'a été obtenu qu'avec 11,37/20 de moyenne. M. B n'a pas produit son bulletin du 2ème semestre de sa 1ère année de CAP " cuisine ". Il ne ressort ni de l'imprimé cerfa " contrat d'apprentissage " ni d'aucune pièce du dossier que ce contrat ait été transmis à l'opérateur de compétences (OPCO) en vue de sa validation conformément aux articles D. 6224-1 et suivants du code du travail.
11. Dans ces conditions, alors que la circulaire du 26 mars 2002 ne peut utilement être invoquée, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté ses conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi.
Sur l'appel du préfet :
14. A la date de l'arrêté, l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile plafonnait à deux ans la durée d'une interdiction de retour en France.
15. M. B avait obtenu un CAP, ne représentait pas une menace pour l'ordre public et n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.
16. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas fait une exacte application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant une interdiction de retour en France pendant un an.
17. Il résulte de ce qui précède que le préfet n'est pas fondé à se plaindre de ce que le tribunal administratif a annulé l'interdiction de retour en France.
Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :
18. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accueillir la demande présentée par Me Dewaele au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes du préfet du Nord et de M. B sont rejetées.
Article 2 : La demande présentée par Me Emilie Dewaele au titre des frais exposés et non compris dans les dépens est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet du Nord, à M. A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Emilie Dewaele.
Fait à Douai, le 4 septembre 2025.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
N°25DA00708, 25DA00881
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026